‹ Voyage autour du monde [microforme]Chapitre 10 sur 48 · D À PES · texte numérisé non relu

D À PES

AUTOUR DU MONDE. 79 Juillet 1818,

un îlot dans le Nord-Ouest , une passe qui devait conduire au mouillage. Un fort grain qui survint dans ce moment m'empêcha d’arriver dessus aussitôt. En attendant des circonstances plus favorables , nous louvoyâmes entre l’île et la côte Ouest, dans un espace de moins d’une licue. À quatre heures, le temps se découvrit et le vent devint plus maniable. Avant d’aller cherche: le mouillage, je consultai de nouveau notre Indien sur la passe qu'ilavait indiquée. Il avoua franchement la méprise dans laquelle la brume l'avait fait tomber, et me fit entendre que cette passe n’avait pas assez d’eau (elle assécha dans le moment), et indiqua comme la véritable un chenal sous le vent duquel nous étions tombés avant que d’avoir tenu le plus près. Il fallut continuer à louvoyer pour gagner ce passage; mais nos efforts furent sans succés, étant contrariés par le flot qui se fit sentir à cinq heures portant dans le Nord. À midi, le navire était entre la pointe Nord-Ouest de Kitghaka et la côte Ouest du canal. Quoiqu'a une demi-lieue au plus des côtes, nous ne pümes pas avoir de relévement, Fépaisseur de la brume ne permettant pas de les distinguer à cette distance.

Juillet 18:18.

Après midi, la brise varia du Sud-Sud-Est à l'Est - Sud - Est, et ces variétés nous étant contraires, nous ne fimes que très-peu de progrès, quoique la marée eût reversé et portât au

Sud ; mais par le gisement desterres, le jusan avait beaucoup moins de force que le flot, dans l'espèce de cul-de-sac où nous étions. Après le diner de l’équipage, j'expédiai la baleinière sous les ordres de M. Briole, pour aller avec Youtchkitau reconnaître le mouillage tant désiré. Elle revint à sept heures. M. Briole n'avait trouvé qu'un mauvais mouillage trop rapproché de la côte Ouest de l’île située au Sud - Est de Kitghaka. Ne voulant pas rester plus long - temps dans le canal étroit où nous avions louvoyé inutilement toute la journée, et où la nécessité de virer toutes les demi-heures harassait l'équipage, aussitôt la baleinière embarquée, nous arrivames sous le vent des îles, où, ayant tout le canal libre, on peut courir des bordées de plusieurs lieues. À huit heures, nous doublâmes à trois encâblures le rocher extrémité Nord - Ouest de ce petit groupe.

Le temps s’éclaircit et la brise se modéra variant du $.-E. à l'E. En accostant la bande

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AUTOUR DU MONDE. 8t Juillet 18184

orientale, on sonda à plusieurs reprises, mais on n’eut fond qu'à un demi-mille de terre par cinquante-huit brasses. On prit aussitôt babord amures. À neuf heures tout l'équipage, quiavait été sur le pont depuis quatre heures du matin, put enfin prendre un peu de repos. La nuit se passa à manœuvrer pour tenir le navire à distance des îlots à l'Est de Kitghaka, sur lesquels il était porté avec fo: par le jusan, dont je ne pouvais me permettre de profiter par le défaut de connaissance des localités. Je n'avais, sur cette partie, d’autres données que celles que fournit Vancouver, qui la représente comme un labyrinthe.

Le 16. — Lorsque le jour se fit, la marée était étale et ne tarda pas à reverser. À cinq heures on tira un coup de canon pour nous annoncer aux Indiens du voisinage. Le vent fraîchit dans l’aprés-midi en variant au S.-E., et fut encore accompagné du temps brameux et pluvieux qui durait depuis trois jours. A deux heures, une pirogue , qui venait du Sud, portait deux hommes et une femme’, nous aborda. Un instant après, le navire étant sous la bande de l'Ouest, on envoya vent devant. En

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