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AUTOUR DU MONDE. 75 Juillet 1818.
pour faire prendre un ris; mais elle molit le matin. À cinq heures et demie nous arrivämes sur Houtsnau.
Le 13.— A sept heures nous primes le plus près sous petite voile, et nous nous tinmes jusqu’à la nuit à la distance de deux à cinq milles du village. La mer étant unie et toutes les circonstances favorables , il vint beaucoup d'embarcations avec lesquelles la traite se fit avec vivacité et d’une manière paisible.
Ces deux journées nous avaient valu quarantecinq peaux de loutre, sans compter les autres fourrures de moindre valeur. La plupart de ces objets s'étaient payés en poudre, à raison de douze livres pour une peau de loutre. Ici comme à Noutka, les Indiens trouvaient nos lainages très-mauvais : quant aux fusils, il s’en rencontrait parmi ceux de nos manufactures quelques-uns qui leur convenaient ; mais ils ne voulaient à aucun prix des fusils espagnols.
Au taux de ce marché , la poudre qui nous restait ne pouvait suffire qu’à traiter pour deux cents peaux de loutre environ. Youtchkitau mayant assuré que dans Cross-Sound et dans
le canal de Lynn je trouverais des fourrures à
Juillet 1818.
moitié prix qu'à Houtsnau, je me décidai, d’après son conseil, à faire une tournée dans cette partie. À huit heures du soir nous dirigeñmes vers le Nord avec une faible brise variable du Nord-Ouest au Sud-Sud-Ouest.
Le 14.— Au jour, nous étions encore à vue d'Houtsnau. Une pirogue, appartenant à des Indiens auxquels on avait permis de s’amarrer, nous quitta et fit roule vers un groupe d’ilots au Sud de la pointe Augusta où iis étaient cantonnés. À onze heures il venta joli frais de l'E. ; le temps prit une mauvaise apparence et la
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brume Gevint si épaisse qu'à midi nous ne pümes prendre qu'un relèvement très-incertain. La brise fraichit encore du Sud-Est, et le temps sembruma tellement que parfois on n’apercevait ni l’une ni l’autre côte, quoique celle de l'Ouest füt à moins de deux lieues, et celle de l'Est au tiers de cette distance.
À trois heures du soir nous entràmes dans Cross-Sound. La brise continuait à fraichir et l'apparence du temps devenait de plus en plus menaçante. Dins de pareilles circonstances, il ine parut également hasardeux d’aller mouiller à Tchiks sous la pointe Gonverden, comme j'en
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étais convenu avec le pratique, ou de m'engager de nuit dans l'entrée resserrée du canalde Lynn. L’Indien m'ayant indiqué une pointe basse sur la côte Nord - Est de l’île du Roi- Georges, en dedans de laquelle il prétendait connaître un mouillage, je gouvernai dessus, sous la misaine et les huniers babord amure. Mais en approchant la pointe, Youtchkitau montra de l'incertitude, et me parla de rochers dont cette partie était bordée. La recherche d’un pareil refuge me paraissant le dernier parti à prendre, je me décidai à faire route pour le canal de Lynn, dont les côtes sont saines et accores, avantage qui compense en quelque sorte le défaut d'espace. À quatre heures, nous arrivämes vent-arrière le cap au Nord-Ouest du compas sous la même voile, mon intention étant de ne pas faire avant le jour l'ile Kitghaka, sous laquelle Youtchkitau m’annonçait un mouillage.
À six heures, la pointe Couverden était par le travers, nous donnâmes dans le canal.
La nuit, le vent fut de Y'E.-S.-E. variable, bon frais très-inégal; mais, à l'exception de quelques rafales, plus modérées que je ne lattendais : le temps fut constamment pris de
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toutes parts et pluvieux, avec une brume qui
permettait rarement de voir la côte, partout très-élevée, à plus d’un quart de lieue et généralement à plus de deux encâblures. A huit heures, le courant portait sensiblement en dedans. Après avoir dépassé les îlots Nord-Est de la pointe Couverden , nous louvoyâmes sous la misaine et les huniers, un ris pris. Le peu de largeur du canal dans cette partie (où il n’a que deux lieues) obligeait de faire les bordées très- courtes , quoiqu'on les prolongeàt sous l’une et l’autre côte à vue, c’est-à-dire à quelques encäblures.
Le 15.— À une heure du meta, le courant reversa et porta au vent; on prit le vent de l'arrière en embardant sur chaque bord. Le temps et la brise s'étant modérés, on largua les ris, mais cette embellie fut de courte durée ; peu après en doublant la pointe Retraite, le vent reprit une nouvelle force par grains, avec beaucoup de pluie. À deux heures, nous eûmes connaissance de divers îlots s'étendant du Nord- Nord-Ouest au Nord-Est quart-Nord du compas. À trois heures, Youtchkitau me montra sous le vent, entre une île qu’il dit être Kitghaka et