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Une ligne est attachée d’un bout au harpon, et tient de l’autre à une vessie qui signale la direction que suit l'animal en fuyant sous l’eau, aprésavoir élé frappé. Quand il reparaît pour respirer, après un laps de temps qui n’excède jamais une demi - heure, il est de nouveau assailli par les pirogues, qui ne cessent de le poursuivre jusqu’à ce qu’il succombe en perdant son sang; on le remorque alors vers une partie convenable de la côte, où il est échoué, et coupé en morceaux dont le chef lui-même fait la distribution. Il donne ensuite un festin auquel tous ses vassaux n’ont qu’à se présenter pour être admis.
La -pêche de la baleine est la plusimportante de toutes, la capture d’une seule fournissant, pour quelque temps, à tout un village, nonseulement une nourriture abondante, mais encore une boisson délicieuse à leur palais, car pour tous les Indiens de la côte Nord-Ouest, cette huile est un véritable nectar.
L’audace et l'adresse, qui peuvent seules promettre le succès de ces expéditions dangereuses, assurent, à ceux qui #’y distinguent, un haut degré de considération auprès de leurs
compatriotes. Le surnom de Tchochosép , que portait Macouina lors de notre passage, exprime son habileté dans la pêche de la baleine. .
Si nous avons bien compris les habitans de Noutka, c’est pour leurs chefs une prérogative etun devoir de la diriger. Ils s’y préparent par le jeûne, la prière, l’abstinence des plaisirs et diverses cérémonies pour obtenir la protection de la divinité, à qui ils offrent des actions de graces après le succès. Le festin qui s'ensuit est aussi accompagné de certaines formes. J'ai cru reconnaître dans tout cela, ainsi que je l’ai dit, quelque ressemblance avec ce que les Madécasses pratiquent en pareil cas : je dois ajouter que le judicieux auteur du Voyage au détroit de Succa, ne parle pas de ces préparatifs et du cérémonial dont ils sont l’objet.
Les naturels de Youcouast ou de Noutka sont généralement d’une stature moyenne, ét inférieure à celle de la plupart des autres h Litans de la côte Nord-Ouest. Comme les autres, il sont peu chargés d’embonpoint. Les chefs sont d’une taille et d’une corpulence plus forte: l'extérieur peu avantageux de cette tribu , n’annonce ni la force des peuples cultivateurs, ni
l'agilité des chasseurs. Passant une grande partie de leur temps dans leurs embarcations étroites, ils ont une démarche gauche, et comme ils s'y tiennent accroupis ainsi que dans leurs habitations, cette position habituelle déforme leurs membres ainsi que la partie inférieure de leur corps. Le ventre comprimé vers le milieu se projette de chaque côté, où il paraît former une tumeur, ce qu'on remarque surtout parmi
les femmes. Le gras de jambe éprouve le même déplacement, il est pour ainsi dire coupé en
deux. Les chevilles sont trés - saillantes et les pieds tournés en dedans. Ces défauts sont communs à la plupart des naturels de la côte, accoutumés au même genre de vie. Mais ceux de Noutka se distinguent de leurs voisins, par la forme pyramidale de leur tête, qu’ils obtiennent en comprimant celles des enfans par des ligatures qui descendent à peu prés jusqu'aux yeux. Cette coutume altère les traits en relevant les cils et en changeant la position horizontale des yeux. Il ne paraît pas que cette violence faite à la nature ait aucune influence sur leurs facultés intellectuelles. L'expression
de leur physionomie annonce l'intelligence dont ils sont doués ; on en voit cependant dont le regard est abattu‘; mais trés-peu ont lapparence de la stupidité. Leurs cheveux sont longs et forts, le noir est chez eux la couleur dominante ; mais on y voit aussi des châtains et des blonds. La barbe pousse aux jeunes gens au même âge que chez nous ; les hommes d’un certain âge la laissent croître : nous en avons vu quelques-uns chez qui elle était trés-épaisse , mais en général elle est clair-semée. Les jeunes gens Sarrachent les poils si exactement avec
des pinces faites de petites coquilles, qu'on les
prendrait pour imberbes.
‘Ces peuples sont de couleur cuivrée d’une nuance légère ; quelques enfans et un plus petit nombre de femmes sont blancs. Au reste, il est rare qu’on puisse juger de la couleur! de la peau de ces sauvages, étant présque toujours couverte d’un mélange d'huile et de peinture dont ils se barbouillent, ce qui, joint. à leur saleté habituelle, empêche de RE HR leur véritable couleur.
Ils se font dans leur enfance trois au quatre
trous au lobe, et quelquefois au rebord de l'oreille, et un ou deux à la cloison du nez. Ils ÿ placent des ornemens divers dont le genre a. varié depuis leur communication avec les peuples civilisés. Autrefois c'était principalement. des morceaux de cuivre, de nacre, ou des coquilles blanches émaillées, formant un tuyau de quinze à dix-huit lignes de long sur une de diamètre. Ils ont aussi des colliers de coquillage, derassade, etc., et mélent à ces parures. des boutons, des pièces de monnaie, de la nacre , etc. : cette dernière substance était rare et singulièrement recherchée autrefois, mais elle a perdu beaucoup de sa valeur:en devenant cominune. Les Américains ayant répandu dans toutes les parties de la côte une quantitéénorme d'oreilles de mer de la Californie, ow de icoquilkes de Montercy, ils font usage: de bracelets. Ils aiment à avoir beaucoup. de cheveux. etont diverses maniëres de les porter ; la plus . part les coupent en vergette derrière: comme devant. Quelques-uns les portent en queue; d’autres les attachent au sommet: de la tête, tous les'ont très-sales et pleins de vermine, dont ils s'embarrassent si peu qu'on peut croire qu'ils
ne chercheraient pas à en diminuer le nombre si le chasseur n’en faisait son profit. Ils connaissent à peine l'usage du peigne, et n’en ont que de grossiers qu’ils ornent de sujets aussi grotesques qu’indécens. Ici, la malpropreté la plus dégoüûtante n'exclut pas le goût de la parure ; cet étrange amalgame se remarque plus chezles hommes que chez les femmes. Plusieurs, apparemment les agréables du pays, ne nous faisaient leur premiére visite que dans le costume leplusrecherché.Quelques-uns nousont rendus spectateurs de leur toilette, qu’ils faisaient dans leurs piragues le long du bord. On les voyait ouvrir une boîte contenant un miroir, du duvet d’oiseau , du blanc, du noir, de l'ocre, et une esy èce de mica qu'on prendrait pour dela mine de plomb. Toutes ces couleurs étaient disposées avec art sur le visage, le col. et quelquefois la bouche, à l'aide du miroir qui était souvent consulté. Les ornemens étaient ensuite placés; et le duvet. mis.en guise de poudre dans les cheveux, pommadés avec la graisse de baleine,
.complétait la toilette du personnage, qui montai à bord d’un air satisfait. Au reste, le duvet
est.en usage parmi les chefs dans les: cérémo-
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nies. La graisse est employée par les naturels de toutes les classes et presque de tous les âges, pour se frotter le corps. Sur cette première couche, ils en mettent fréquemment une seconde avec un enduit composé de graisse de baleine et d’ocre rouge, de sorte que cette couleur se confond avec celle qui leur est naturelle.
Outre ce genre de travestissement habituel, ces sauvages font usage de masques représentant des têtes monstrueuses d’hommes ou d'animaux. Les chefs, qui tiennent toujours une ligne de démarcation entre eux et le peuple, ont le privilége d'employer plusieurs couleurs dans leurs déguisemens et de les orner de figures variées. Le costume des hommes est aussi simple que possible : c'est généralement un manteau de péau de bêtes, ou d’un tissu fait de la partie
filandreuse de l’écorce du cyprès; ce vêtement
est rarement assez ample pour pouvoir croisér par devant, et ils s’en embarrassent peu étant sous ce rapport d’une indécence absolue, au point de mettre bas, à toute occasion, ce vêtement unique, et de se montrer alors absolumené. âus. Tantôt il leur couvre les deux
épaules, tantôt une seule, laissant l’autre bras
libre. Il tient au moyen d’une courroie ou d’une épine.
Nousavons vu à quelques chefs detrès-beaux manteaux composés de deux peaux de loutres parfaitement cousues dans leur longueur, et d’autres de grandes peaux d'ours noirs. Il y en a aussi de peaux de bêtes fauves bien corroyées. Celles d’élans en quatre doubles servent de cottes d'armes. Ceux de laine, bien moins communs dans cette partie de la côte que dans le Nord, ne sont ordinairement qu’une couverture blanche.
Les femmes, d’une modestie qui contraste avec le cynisme de l’autre sexe, portent aussi le manteau, qu'elles tiennent soigneusement fermé, et dessous une ceinture de peaux qui les couvre jusqu'aux genoux et qui est presque toujours accompagnée d’une écharpe composée de fils d’écorce, attachés seulement à une courroie ou à une petite corde. Quand le temps est humide, elles portent une pélerine tissue de ce même fil, ornée d’une bordure de fourrures. Ce vêtement est aussi à l'usage des hommes, mais moins fréquemment.
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Pour se couvrir la tête, nous ne leur avons
vu que des chapeaux en forme de cône obtus,
dont une calotte placée dans l’intérieur fait le fond; ils les attachent sous le menton, et emploient pour les faire diverses espèces d’herbes ou de paille. Ceux des chefs se distinguent des autres, non-seulement par la qualité, mais surtout par les desseins dont ils sont chargés, qui représententtoujours quelque scène de la pêche de la baleine.
Leurs armes, avant l’arrivée des Européens, étarent l’arc et la flèche, l’un ét l’autre d'assez mauvaise qualité, avec la lance, de douze à quinze pouces de long, armée d’une pointe de cuivre , de pierre ou de coquille, de six pouces de long; à present ils garnissent en fer leurs flèches et leurs lances, dont nous n'avons vu qu'un très-petit nombre, car ils préférent le fusil à toutes leurs armes, et s’en servent fort adroitement.
Pour faire leurs habitations, ils élèvent aux angles et sur les côtés d’un carré long des poteaux auxquels ils attachent solidement des planches, dont chæcune déborde celle qui est
des est
au-dessous. De grandes colonnes formées de troncs d'arbres résineux , placées au milieu des petits côtés, soutiennent un arbre énorme dépouillé de ses branches et de son écorce, qui sert de faîtage au toit, qui est d’ailleurs supporté de distance en distance par d’autres poutres moins fortes. Il est aussi composé de planches, dont une partie sont mobiles afin de donner du jour ou de faire évacuer la fumée.
Ces habitations ont environ six pieds d’élévation, trois aux grands côtés. Le toit fait un angle très-obtus. La pièce qui composait le faitage de la case de Macouina à Mama-ho avait soixante-seize pieds de long sur trente-neuf de diamètre au gros bout. Les colonnes qui soutiennent ces faitages sont sculptées et peintes ; elles représentent toujours une figure humaine, moins monstrueuse encore par l’énormité de ses dimensions que par la difformité de ses traits. Les Indiens n’attachent aucune idée superstitieuse à ces statues monstrueuses. Si on ne Îles voyait donner des formes hideuses presque à tout ce qu'ils font en ce genre en sculpture et en peinture, on pourrait croire qu’elles font
allusion aux efforts extraordinaires que leur
coûte l'érection des poutres énormes qui supportent ces colonnes. |,
Leurs ustensiles de cuisine et de ménage sont en bois, et le nombre n’en est pas considérable ; ils font bouillir au moyen de cailloux brülans que les femmes mettent dans les vases et remplacent continuellement avec beaucoup d’adresse ; ils mangent aussi leurs alimens grillés et souvent crus ou fumés : comme ils n’ont pas de sel ,ilsne connaissent que cettedernière maniére de conserver leurs provisions d’hiver. Ils éprouvent quelquefois de grandes pénuries, soit qu’ils négligent de se pourvoir du poisson convenable, soit plutôt que les poissons de passage viennent à manquer. Au reste, tout leur est bon, et ils mangent indifféremment la chair d’ours ou celle du daim, du phoque ou du saumon; le seul assaisonnement est l’huile, surtout celle de baleine, dont ils sont très-friands. On sert une grande variété de mets aux repas que se donnent les tahis ; ils mangent avec les doigts, d’une manière aussi sale que gloutonne, sans se laver ni avant ni après le repas. Ils s’accommodent très-bien de notre cuisine. Ma-
couina , fidèle à ses anciennes coutumes envers
les étrangers, mangeait journellement avec
nous ; il aimait beaucoup notre manière d’ac-
commoder le poisson en friture, et savait ap- » + . ,»
précier le vin et le café.
On a les plus fortes raisons de croire que les Indiens de Noutka ont été anthropophages, et je serais tenté de croire que cet usage abominable existe encore chez plusieurs d’entr’eux, quoiqu'ils ne lavouent pas. Ils offrirent aux gens du capitaine Cook , aux Espagnols du San-Carlos et de plusieurs autres bâtimens, diverses parties du corps humain , dont plusieurs morceaux étaient cuits. Ne connaissant pas l'horreur des peuples civilisés pour de pareilles atrocités, ils avouëérent aux Espagnols de l'établissement, lors de leurs premières relations avec eux, que quelques-uns de leurs chefs, et leurs guerriers les plus exaltés se livraient encore à ce goût exécrable, lorsqu'ils se disposaient à marcher à l'ennemi. D’après les rapports de deux chefs marquans, dont s'appuie Meares, Macouina, à cette époque, immolait tous les mois un de ses esclaves à sa gloutonnerie. Le destin choisissait la victime par la main du chef qui la cherchait
1818, les yeux bandés au milieu d’eux ; celui qui
avait lemalheur d’être saisi était aussitôt égorgé, dépecé, et servait à régaler les chefs que leur goût appelait à cet abominable repas, pendant que ses compagnons célébraient leur délivrance par des cris joyeux et des divertissemens dignes de ces peuples. Avec nous, ils ont toujours feint de ne pas comprendre les questions qu'on leur faisait sur ce sujet. Il me répugne cependant de croire que Macouina , dont la conduite a généralement été digne d’éloges , ait conservé jusqu’à présent les mêmes inclinations aprés ses fréquentes communications avec les Européens.
Chez un peuple dont la civilisation est si peu avancée, les hommes ont peu -de besoins factices, et comme chacun éprouve au même degré ceux que la nature a imposés, chacun aussi sait y pourvoir; de là il suit que le nombre des arts cultivés dans ces sociétés est toujours trèsborné, et qu’ils sont exercés par tous. À Noutka, et dans toute cette partie de l'Amérique, les hommes sont charpentiers, pécheurs et chasseurs. Les occupations des femmes, outre les soins du ménage , sont principalement de filer et de
Le
AUTOUR DU MONDE. 199 1838, tisser. Chaque individu de l’un et l’autre sexe
cherche à exceller dans les arts pratiqués dans le pays. Ils s’appliquent surtout à la construction des embarcations , objet de la première importance chez un peuple qui tire de la haute mer une grande partie de sa subsistance et de ses vêtemens ; ils donnent à leurs pirogues des formes alongées et très-agréables ; et quoique fort légères, elles sont d’une solidité suffisante ; cependant il faut dire que les habitans de Noutka sont surpassés dans cet art par les tribus du Nord. Maintenant ils ont substitué nos outils de fer à ceux de pierre auxquels ils étaient réduits avant de communiquer avec nous ; mais ils ne se servent d’instrumens tranchans dans la construction que pour achever les pirogues qui sont toujours creuséesau moyen du feu. Hommes et femmes sont adroits à les manœuvrer avec les pagayes ( celle de l'arrière leug sert de gouvernail), dont l'usage, ainsi que celui des’ rames agissant sur un point fixe, est inconnu sur toute la côte et de tous les peuples sauvages que je connaisse dans l’un ou l’autre hémisphére, Il en est de même des voiles, que ces pirogues ne peuvent pas porter
200 VOYAGE 1818, à cause de leur peu de largeur, et auxquelles
les Indiens ne savent pas suppléer par le balancicr, comme les insulaires du grand Océan. Nous
avons vu dans le Nord quelques pirogues à la voile : celles de Masset et de la côte Nord desîles de la Reine Charlotte sont les plus propres à
naviguer de cette manière, et, en général, les mieux construites de ces parages.
À Noutka, 1l y a une différence remarquable entre les pagayes dont se servent les hommes, et celles des femmes. Toutes ont la pelle trèslongue, mais ces dernières ont l'extrémité arrondie ; les autres au contraire sont si pointues que dans l’occasion elles peuvent servir d'armes. Elles sont très-légères, commodes et travaillées avec soin. Les grandes pirogues sont peintes de diverses couleurs et ornées de dents de loutres et d’autres phoques, qu’on a pris quelquefois pour des dents humaines. Les naturels décorent de la même manière les coffres dans lesquels ils renferment leurs richesses et ce qu'ils ont de plus précieux.
Les femmes , auxquelles les arts sédentaires sont dévolus , n’emploient pas la quenouille pour filer; elles réunissent , en les tordant
sur leur cuisse ou sur une planche, avec la
main, les filamens extraits de branches de cyprès et les brins de plantes à tige filandreuse, La chaine est portée par une baguette assujétie horizontalement à une hauteur convenable.
L’ouvrière passe la trame avec ses doigts seule-
ment, sans le secours de la navette et de l’appareil indispensable à nos tisserands ; elle supplée à tout par l'adresse de ses doigts que l’habitude a doués d’une précision et d’une vivacité singulières. 11 faut avouer après tout que ce travail est peu expéditif et ne donne que des tissus grossiers.
Le gouvernement est, sous beaucoup de rapports » patriarcal, le chef (tahis) exerçant nonseulement les fonctions de prince et de pontife, mais aussi en quelque sorte celle de père de famille dans sa résidence. Il préside ou ordonne la répartition des produits des grandes pêches, qui, comme je l'ai dit, se font en commun, et dans les villages ce partage se fait en son nom par les chefs auxquels il a confié partie de son autorité. Il n’y a pas à Noutka de classe intermédiaireentreles patriciens,tahis-kalati (frères du tahis), et les esclaves( mistchimis), parmi :
202 VOYAGE lesquels comptent tous ceux qui ne sont pas
fréres du chef ou ses proches jusqu’au troisième degré. Dans cette classe, sont aussi les prisonniers de guerre et leurs descendans. Nous n’avois pas eu connaissance qu'il existät de ces esclaves à Noutka, la paix y ayant régné pendant trés-long-temps. Chez tous Les sauvages, l'esclavage est bien moins dur dans ces paysque parmi ceux qui sont plus civilisés. Ici surtout, il est tempéré par les liens du sang, qui, dans cette opinion, unissent tous les membres de la nation, depuis le dernier mistchimis jusqu'au tahis, et par la persuasion qu'a celui-ci que même avec la protection du ciel il ne peut se soutenir que par le dévouement de son peuple
et l’assiduité qu’il porte aux travaux de la pêche
et de la chasse.
Ils adorent et exaltent un dieu bienfaisant, créateur et conservateur universel, mais en même
temps ils reconnaissent et ont en horreur une divinité malfaisante, auteur de la guerre, de la mort, etc, Pour obtenir les grâces du premier, le tahis se soumet à de longs jeùnes et garde la plus stricte chasteté depuis la nouvelle lune jusqu’à son plein. Il chante en chœur avec sa
nt pas isième DrisON—
sn’a-
de ces penvages, ysque rtout, |, dans s de la squ'au 1 que
eut se ’euple
pêche
isant , même r une de la mier, garde
lune
ec sa
famille des hymnes à la louange du protecteur
(kouautzl), brüle de l'huile de baleine, et livre des plumes au vent en actions de grâces. Ils prétendent qu’en voulant propager les-
pèce humaine, Dieu créa d’abord une femme
qu’il déposa dans les bosquets fleuris de You-
couast, où il avait déjà mis des chiens sans queue, des cerfs sans bois , et des oiseaux sans ailes. Au milieu de cette compagnie, elle se trouvait seule et ne faisait que pleurer nuit et jour. Kouautzl étant enfin touché de ses larmes, elle aperçut un jour une pirogue du cuivre le plus éclatant, pleine de jeunes gens qui ramaient avec des pagayes de même métal. Au milieu de la stupéfaction que causait à la solitaire ce spectacle singulier , un des beaux étrangers descend à terre et lui annonce que c’était le Tout-Puissant lui-même qui avait la bonté de visiter sa retraite et de lui procurer la société pour laquelle elle soupirait. À ces mots, les pleurs de la femme ne firent que redoubler, et il coula de son nez une humeur dont, en éternuant, quelques gouttes tombèrent sur le sable. Kouautzl lui ayant commandé de regarder de ce côté, elle
aperçut , à son grand étonnement, un petit en-