‹ Voyage autour du monde [microforme]Chapitre 23 sur 48 · RER SE · texte numérisé non relu

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Francisco, et à user de son crédit auprès du gouverneur pour obtenir leur passage à la première occasion. Au moyen de la connaissance qu’il avait conservé de notre langue, quoiqw’il ñ’eût pas eu l’occasion de la parler depuistrente ans qu'il résidait en Amérique, cet homme vénérable, animé du véritable esprit de Dieu, avait porté des paroles de tendresse et de consolation à ces pauvres gens, et leur avait administré les sacremens de son ministère. Je lui remis une lettreque j'avais écrite au gouverneur, pour le remercier des dispositions que son humanité lui inspirait en faveur de nos malades, et pour le prier de leur continuer sa protection en leur facilitant les moyens de se rapprocher de l'Europe. À son départ, j'accompagnai le P. Saria jusques à la chaloupe qui devait le transporter à Santa-Clara; notre séparation fut marquée de sa part par les témoignages d’une bienveillance qu’il m'avait déjà si bien prouvée, et de la mienne par ceux de la reconnaissance et de la vénération les plus sincères: je ne trouvai pour les lui rendre que des expressions bien inférieures au sentiment dont j'étais ému.

La chaloupe de la mission, que nous atten-

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dions depuis la veille, vint nous apporter le dernier envoi de grains et de suif, complétant quarante tonneaux environ du premier de ces articles et dix du second. Nous en avions aussi obtenu , outre diverses provisions, soixante peaux de loutre, portant à cent soixante-six le nombre de ces fourrures recueillies dans nos trois relâches. La même chaloupe ramena de la mission l’armurier qui y avait été occupé, depuïs les premiers jours de la relâche, à divers ouvrages de forge et de ferblanterie.

Le P. Ramon vint nous faire ses adieux, je le priai d'accepter pour son église une vielle organisée , qui avait été embarquée pour récréer l'équipage.

Le 17. — Je me rendis de bonne heure à la mission pour régler nos comptes, prendre congé du supérieur, et voir encore une fois nos malades; je les encourageai en leur rappelant les dispositions favorables du gouverneur et des missionnaires, qui leur assurait les secours de l'hospitalité pendant leur séjour dans ce pays, et les moyens de se rapprocher de la France dès que leur santé et les circonstances le permettraient. Je les exhortai à répondre par leur

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