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conduite aux bontés dont ils étaient l’objet , et à la considération dont jouissait, parmi leurs bienfaiteurs, la nation à laquelle ils avaient l'honneur d’appartenir. Je remis à chacun un certificat qui déposait de leur moralité et de la satisfaction que j'éprouvais de leurs services. Ce témoignage était surtout dû au maître d’équipage Renier, homme solide et probe.
L'équipage comptait encore vingt-huit hommes, dont deux convalescens et un vénérien exempt de service.
Je .réglai aussi avec don Luis son compte particulier et celui des druits exigés, tant pour les objets embarqués comme cargaison, que pour les marchandises introduites en paiement. Ces dernières furent taxées à sept et demi pour cent du prix de vente, le blé à trois réaux la fanègue ou quinze pour cent, et le suif à deux réaux l’arobe ou seize pour cent de la valeur. Le produit total des ventes dans les trois relâches était de 6226 p., celui des achats, provisions et droits compris de 6356 p., donnant un excédant de 130 p. qui fut payé en espèces.
Tous les préparatifs de départ étaient faits,
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et nous aurions appareillé le soir, s'il n’avait fallu installer un faux pont sur le grenier du blé; cette perte de temps, causée par l’expédition tardive du dernier envoi de la mission, donna lieu à la désertion de Paris, novice, qui, quoique robuste et doué d’une excellente santé, redoutait les fatigues d’une campagne d’hiver à la côte Nord - Ouest ; il s'évada à la nage la nuit. Il avait été précédé de quelques jours par le maître d'hôtel , né Espagnol.
Le 18. — Nous reçûmes encore quelques provisions de campagne, entr’autres un bœuf en quartiers qu’on prit à bord. J’allai prendre congé du commandant Arguello et de son lieutenant , qui vinrent partager le dernier diner que nous devions faire dans leur pays.
À trois heures, le jusan commençant à se faire, le grand canot fut lever l'ancre à jet qu’on avait mouillée au flot en remplacement de celle d’affourche. À quatre heures trois quarts, nos amis nous firent leurs adieux, accompagnés de part et d'autre de témoignages affectueux et de vœux sincères. On mit à bord aussitôt aprés le grand canot etla petite baleinière montée au Callao, seules embarcations qui nous
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restaient depuis la perte de la pirogue, car ayant reconn"1 que la grande baleinière achetée aux Marquises n’était plus propre au service du bord, jen avais fait don au commandant Arguello.
À cinq heures un quart on vira. La force du courant fit dériver le navire sur son ancre; on le tint en travers, le cap sur la côte Nord, en manœuvrant le grand foc et la brigantine, le vent étant lors joli frais de l'O.-S.-O. A six heures, l'ancre au bossoir, on établit au plus près tribord, sous la misaine, les huniers et les auriques. Peu aprèsle navire doubla les pointes extérieures, et à sept heures celle du Sud- Ouest au troisième bord. À sept heures un quart cette pointe, dite de Almégas, restait à une lieue à l'Est demi-Nord.
Le 19.— La nuit fut brumeuse ainsi que la plupart de la matinée. La brise ayant régné de VO. au N.-O. trés-faible vers le matin, le jour nous trouva encore en dedans des Farellones. À buit heures, le plus Sud restait à sept milles dans le Nord. À midi, ce rocher fut relevé au Nord 40 deg. Est, à dix milles de distance estimée à l'œil, et la pointe de los Reyes au Nord
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26 deg. Est. La terre, dont les sommets étaient embrumés, s’'étendait jusques à l'Est demi-Nord. Nous primes là notre point de départ par 37 deg. 32 min. de latitude Nord, et 125 deg. 28 minutes de longitude Ouest, d’après les relèvemens. En les faisant cadrer avec la latitude sur la carte de Vancouver, nous nous serions trouvés à quinze milles du Farellone, c’est-à-dire plus rapprochés de cinq milles que nous nous en estimions à la vue.
Le cap Engano nous restait à quatre cent vingt-huit lieues dans le Nord, 24 deg. Ouest. La brise ayant continué très-faible et contraire, les hautes terres, au Nord du port San-Francisco, étaient encore à vue à six heures du soir,
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