SEMENCES. RÉCOLTES
Blé, ...... 2,987 fanègues. | Blé. ...... 52,001 fanègues Maïs... .... 115 dito Maïs... . ... 22,354 dito
Légumes div. . 1,033 dito | Légumesdiv.. 18,895 dito
Toraz. . . 4,135 fanègues. Torar. . 93,250 fanëègues.
À San-Francisco, dont le terrain est des moins fertiles de la province , 406 fanègues de semence de toute espèce en avaient donné 4820.
La vigne est cultivée dans les missions du Sud ; le vin de Santa-Barbara, le meilleur, est rouge, liquoreux , un peu capiteux , et ressemble assez au vin de qualité moyenne du cap de Bonne-Espérance. Les légumes et les fruits d'Europe prospèrent dans les jardins des Missions. Celui de San-Francisco, quoique mal tenu, rend des produits abondans, mais peu variés, qui sont une ressource précieuse pour les bâtimens en relâche.
La même mission possédait 5530 têtes de gros bétail, 9600 moutons, 770 chevaux et 30 mules. Le nombre des bestiaux diminue depuis que les troubles du Mexique ont suspendu lenvoi annuel de l’herbe de la Puebla (hyerba de
la Puebla), poison subtil, qui détruisait un
grand nombre de loups.
Quant à l’industrie, on peut dire qu’elle n’est encore qu'ébauchée dans toutes ses branches.
Les ouvriers des missions sont les plus mauvais qu'on puisse voir, tant pour la solidité et le fini du travail, que pour l'expédition. Ce sont les naturels qui exercent les différens métiers de forgeron et de maçon, et qui sont occupés de l’agriculture et de la fabrication des étoffes. Le peu de meubles passables que l’on voit au Présidio de San-Francisco sont l'ouvrage de quelques charpentiers étrangers, aussi bien que quatre chaloupes appartenant au Présidio ou aux missions qui avoisinent le port. Ces embarcations, lourdes et mal manœuvrées par les soldats et les Indiens, ont été construites en 1812 ct depuis, et sont les premiers et jusqu’à présent les seuls bâtimens de mer qu’aient eus les Espagnols dans ce pays. Les habitations des Indiens convertis sont aujourd’hui des cabanes assez spacieuses, solides et couvertes en tuiles, mais dénuées des meubles les plus communs.
Les extractions de denrées faites en 1817 et 1818 par divers navires du Pérou, par le Ku-
tusoff et par nous-mêmes, me portent à croire que la Haute-Californie peut fournir dès à présent à l'exportation 2000 tonneaux de grains ou légumes, 7 à 800 de suif, et 150 ou 200 de viandes sèches ou salées. La consommation énorme de peaux de bœuf qu’on emploie à une infinité d’usages n’enlaisse de disponible qu’une faible quantité.
Ainsi que les produits de l’agriculture; les exportations sont susceptibles d’un accroissement immense ; on peut y joindre le sel, qu’on trouve en grande abondance sur divers points de la côte. Nos salaisons, dans lesquelles celui du pays a été employé presque exclusivement, se sont assez bien conservées, surtout vu les imperfections que le défaut d'usage et d'expérience avait dù introduire dans nos procédés.
Outre les richesses du terroir, la Californie en possède encore d’importantes sur ses côtes. Les loutres et les loups marins s’y trouvent en plus grande quantité que sur celles des parties plus septentrionales de l'Amérique, où, à la vérité, les fourrures sont plus belles. Suivant leur coutume, les Espagnols profitent peu de ces avantages, ne sachant se procurer les dé-
pouilles précieuses de ces animaux qu’en les
tuant à coups de fusil lorsqu'ils les surprennent sur les roches. Les Indiens en prennent un petit nombre au filet. Le défaut de préparation augmente l’infériorité de ces pelleteries, comparées à celles de la côte Nord-Ouest.
Les forces militaires de la Haute-Californie se composent de quatre compagnies de cavalerie, formant au complet un total de trois cent cinquante hommes, dont chacune est attachée à un des Présidios, et d’une compagnie d’artillerie de quatre-vingt- cinq hommes, répartie dans les divers postes. Les soldats des deux armes sont très-subordonnés, sobres, et bons üreurs. Les premiers sont en outre très-bons cavaliers, bien endurcisà la fatigue, et fort adroits a jeter le lacet, ce qui se fait ainsi : chaque soldat est pourvu d’une forte ligne en crin, ou d’une courroie de cuir avec un nœud coulant.
L'adresse consiste à la jeter sur une des cornes du bœuf qu’il veut prendre. A la selle de son cheval , chaque cavalier a un pommeau élevé, autour duquel il fixe la ligne, et empêche ainsi le bœuf de blesser ni l’homme ni le cheval. On le conduit de la sorte, et tandis qu'il s’agite de
la tête et des pieds, on lui passe très -adroite-
ment une corde aux jambes de derrière pour le faire tomber, et on lui coupe la gorge. Leurs armes offensives sont la lance, le sabre droit et la carabine. Un bouclier de cuir et un corselet de peau très -souple leur laissent peu à redouter les flèches des Indiens. Sur sa paie de 16 piastres par mois, chaque cavalier est tenu de se fournir huit chevaux qui, ainsi que ceux des missions, doivent trouver leur nourriture dans la campagne. Ces animaux sont de taille moyenne, ils sont dociles, infatigables, et ils ont le pied très-sûr. La cavalerie fait un service actif et souvent pénible, lorsque les détachemens vont dans l’intérieur à la recherche des Indiens désertés des missions. Outre ces troupes réglées, il existe un corps de milice composé des habitans des Puéblos. Nous n’avons remarqué parmi les militaires aucun vestige de l’activité et de l’industrie du soldat français qui apprit aux Grecs de Corfou le secret de la richesse de leur île. Les soldats du Présidio, une fois leur service fini, croupissent dans la fainéantise; à l'exception de leur chaussure, ils ne s'occupent d'aucun ouvrage qu’ils ne peuvent
* 7 à Ne, , s 5 Ne