‹ Voyage autour du monde [microforme]Chapitre 30 sur 48 · LS ANS RS · texte numérisé non relu

LS ANS RS

Novembre 1818,

fait éprouver quelques avaries. On affourcha avec l’ancre de détroit par onze brasses et demie dans le Nord-Est de la grosse, eelle-ci par dixsept, fond de vase.

Nous recümes un canot que le capitaine de port voulut bien nous prêter, pour le service du bord, Je n’arrangeai avec lé boulanger de l'établissement pour avoir le pain nécessaire à la consommation , en lui fournissant la farine. Je fis faire aussi de la bière. Je fus obligé de prendre du rhum pour l’éqüipage et du geniévre pour la chambre, notre vin ét notre eaude-vie étant épuisés. On se procura aussi des pommes de terre, seul aliment végétal de ce pays, de maniére à pouvoir en donner de temps en temps.

Les premiers jours. dé cette relâche ‘furent perdus pour le débarquetnent des grains, à cause de la pluie et de la neige qui paraissaient se partager le temps; il ne put être mis à profit que pour des ouvrages de réparation et d’entre: tien auxquels-les ouvriers et l'équipage furent respectivement employés.

Le 12. —— On travailla à démôter le beaupré que s68 avañies mettaient hors d'état de soutenir

Novembre 1818, la navigation qui nous restait à faire. L'état de

la poulaine, entiérement déliée, cxigea aussi qu’elle fût remplacée. Je me résolus d'autant plus facilement à ces travaux, qu’on pouvait les faire sans perte de temps, et à moins de frais que partout ailleurs.

Un sloop arriva de Kodiack après huit jours de traversée.

Le 14. — Il venta grand frais de l'E.-N.- E. par fortes raffales avec pluie continuelle et une grosse mer. Les vents dans cette partie prolongeant la côte sur une étendue de plusieurs milles, on mouilla l'ancre de veille, et on fila quarante brasses du grand câble pour la faire travailler.

Le 15. — La nuit il venta tourmente; mais après minuit la brise se modéra.

Le 16.—Le temps permit enfin de continuer le déchargement : il fut suspendu dés le lendemain, le vent ayantrepris grand frais dans l'Est avec une grosse pluie. | 0

Le 17.—Ta force des vents d'E. , qui shanentt dans cette saison, rendant ce mouillage dangereux et d’ailleurs incommode pour les communications, je me décidai à prendreun meilleurabri,

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Novembre 1818,

prévoyant que les retarde presque journaliers que lintempérie du climat portait à tous nos travaux, nécessiteraient un séjour plus long que je ne comptais d’abord.

L’après-midi , le navire fut conduit dans le port par le pilote. La passe qui communique avec la rade de l'Est est très-étroite et obstruée par une roche coulée. Les bâtimens de la compagnie occupant les meilleurs ports, nous mouillâmes par quinze brasses, sable vasard.

Onaffourchaavec l’ancre de détroit dansl’'Ouest, près de l’île du Japon, par cinq brasses et demie. Le navire, évité à l'Ouest, relevait la pointe Sud-Est de cette île au 63 deg. Ouest , le grand éboulement au Nord 27 deg. Ouest, et la pointe de l'établissement au Nord 78 deg. Est du compas.

Quoique le navire füt beaucoup mieux abrité, surtout pour la mer, nous chassämes plusieurs fois dans les gros temps qui se succédérent pendant notre séjour. Nous primes no-

tre mouillage dans une position ouverte aux

vents d’E. et sur un fond de tenue médiocre.

On descendit à l'établissement les fourrures de

la Californie et quelques-unes de celles de la T. Il. | 19

PRE de

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côte, également mal soignées , pour les faire apprêter par les Kodiaques. Celles de San-Francisco surtout avaient grand besoin de cette opération.

Les charpentiers démontèrent la poulaine en coupant les chevilles : cette pièce , d’une masse disproportionnée pour le navire, fut remplacée par une simple courbe.

Le 25. — On acheva de mettre à terre le chargement de Californie, et on commença à rembarquer le sandal déposé dans les magasins au mois d'avril. Malgré la neige qui tombait sans discontinuer, on mit en place la courbe d’étrave remplaçant la poulaine, et l’on mâta le beaupré neuf. On rétablit aussi les fargues qui avaient été emportées dans le coup de vent du à novembre.

Le °° décembre. — On commença à faire de l’eau et du bois, à tenir les grès, et à disposer le navire à prendre la mer. Les travaux étaient très-retardés par l’intempérie de la saison , et par la gelée même, qui desséchait presque les ruisseaux.

Le. — Le Kutusoff partit pour retourner en Europe par lc cap de Bonne - Espérance.

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