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CHAPITRE XVII

Départ de Sitka. — Relâche à l’île d'Owehie. — Mouillage à Taïroa. — Détails historiques sur Taméaméa, souverain des iles Sandwich. — Recounaissance des îles Taourowa, Mowie, Ranay et Morokay. — Séjour à Woawo.— Départ pour la Chine. — Détails sur les îles Sandwich.

Les 14-31.—11 venta grand frais de l'E. les

deux jours qui suivirent notre sortie de Sitka.

Les nuages chassèrent aveç une rapidité extraordinaire; la grosseur et l’irrégulatité de la mer incommodèrent la plus grande partie de l’équipage ; plusieurs hommes furent même hors d'état de faire le service. Cet effet singulier de l’agitation des vagues, sur des marins aussi endurcis aux fatigues, fut sans doute déterminé par des dispositions personnelles. À la suite de ce gros temps, nous fûmes contrariés par des vents de S.-E. et de S. trés-inégaux. Ceux du N.-0. au N.-E. constamment frais, qui commencèrent à se faire sentir par 5o deg., nous firent gagner deux cents lieues au Sud les quatre jours suivans. Le

Jenvior 181g,

19, les compas éprouvérent des oscillations extraordinaires , et affalérent de quatre quarts dans la soirée, sans qu’on püt découvrir aucune cause apparente. Les vents repassérent au S. le 23, et à de courtes variétés près, furent toujours contraires entre le quarantième et le trentième parallèles, espace que nous employämes dix jours à traverser. Une houle du N.-0O., d’un développement immense, mais par cela même peu fatigante, régna sur un trajet d'environ soixante lieues, vers 35 deg. Nord, et 144 deg. Ouest. Le navire, qu’elle élevait sans roulis, tombait ensuite dans le creux des lames de manière à nous cacher la vue de l'horizon , et cette ondulation extraordinaire, dans une direction diamétralement opposée à celle du vent régnant , me parut devoir être le résultat d’une forte tempête passée depuis peu.

Le 3 janvier. — Nous enträmes dans les vents alisés par 31 deg. de latitude Nc. <t 149 deg. de longitude Ouest: ils variérent du N.-E. al E.-S.-E., et furent constamment frais. Le lendemain, un albatros se montra parmi les pailleen-queue.

Le 6.—AÀ midi, ous coupâmes le Tro- T. Il.

Janvier 1819.

pique du Cancer par 154 deg. 32 min. Ouest.

Le 8.—A six heures du matin, étant en latitude de la pointe Nord d’Owehie, je dirigeai sur cette île le cap à l'Ouest : on en eut connaissance dans la partie du Sud à sept heures et demie. Les nuages dont elle était chargée ne permirent del’apercevoir que très-confusément.

À midi, la hauteur du soleil donna 20 deg. 17.

min. , les extrémités apparentes d'Owehie restaient à l'Ouest et au Sud quart-Sud-Est, les plus proches terres dansle Sud-Ouest quart-Sud. Le vent, qui avait varié du N. à O., enapprochant la terre, étant entiérement tombé, nous restâmes en calme, pendant lequel le navire fut fatigué par une grosse mer très-clapoteuse. La fraicheur se leva du N.-E. à deux heures, et prit rapidement de la force. Nous en profitâmes pour courir sur le canal entre Owehie et Mowie.

Nous demeuràmes dans ce passage avec grand frais et une mer trés-battue et brisant de toutes parts, en rangeant à deux ou trois milles la côte d'Owehie , sur laquelle on distinguait plusieurs feux, malgré la brume qui cachait les montagnes. Après avoir doublé la pointe Nord-Ouest de l’île, nous longeâmes la côte occidentale à bonne distance, jusque par le travers de la

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