‹ Voyage autour du monde [microforme]Chapitre 8 sur 48 · AAA AAA AAA A ARARARAARAN ARR ARAARPARAAAS CHAPITRE X · texte numérisé non relu

AAA AAA AAA A ARARARAARAN ARR ARAARPARAAAS CHAPITRE X

Reconnaissance du cap Tchirikoff. — Christian-Sound. — Frederick-Sound. — Détroit de Chatham. -—- Combat entre deux pirogues. — Description géographique de la baie appelée par les Indiens Koutikikakoa. — Détails sur la côte de Kekh et sur les mouillages et ports qui l’environnent.

Le 6 juillet. — Nous appareillâmes à une heure du matin avec la fraicheur de l'Est et fimes route pour sortir parla passe du Nord-Ouest; le grand canot prit la touline, la brise étant trèsfaible. Elle passa au Nord avant que nous fussions en position d’arriver, et nous obligea à ranger à demi-longueur de navire le premier ilot intérieur à la bande Sud, sur lequel on voit un blockhouse ; aussitôt doublé nous arrivames en dépendant jusqu’au Sud-Sud-Ouest. Bientôt après, la brise fraichit del’Ouest-Nord-Ouest. Le pilote nous quitta en dehors des dangers. Je fis servir sous les trois corps de voile. Après diverses manœuvres pour profiter des variétés, à onze heures nous doublämes la pointe Woodhouse. On dirigea au Sud-Est demi Sud. À midi

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le cap Engano restait au Nord 54 deg. Ouest du compas.

Je fis route à doubler le cap Tchirikoff, en longeant, à quatre et cinq milles, la côte Ouest de l'île du Roi-Georges. Je me proposais de visiter les détroits à l'Est de cette île, où les fourrures sont abondantes, après m'être abouché avec le capitaine Young , du brick de la compagnic la Finlandia, convoyeur d’une expédition partie depuis peu, de qui j'espérais avoir des renseignemens utiles.

En ralliant le cap Tchirikoff, je vins sur babord pour le doubler ; mais, à neuf heures, la brise étant molle, je tins le vent tribord, me méfiant des courans, souvent très-forts dans ces débouquemens. La nuit se passa à manœuvrer dans le but de ne pas accoster le cap pendant ce demi-calme. Le 7 au matin, la brise prit un peu de force, je dirigeai sur Christian- Sound, où j'entrai à huit heures. Je rangeai à deux milles l’îilot Wooden, qui forme son extrémité Sud-Ouest, ensuite je côtoyai à trois milles la bande Ouest, sous laquelle nous restâmes en calme à moins d’une lieue de terre.

On n’eut pas le fond à soixante brasses. La brise du Sud-Est s'étant levée toujours faible,

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nous continuâmes à remonter vers Frédérick- Sound , en tenant la côte dé l'Ouest à quatre ou cinq milles. Elle me parut saine comme l’indique Vancouver; celle de l'Est, au contraire, a beaucoup d’ilots et de rochers détachés dont nous vimes plusieurs. Nos progrès étaient tréslents à cause de la faiblesse de la brise.

Le 8.— Au jour, la partie Sud-Ouest de l’île de lAmirauté, et l'entrée de Frédérick-Sound étaient en vue dans le Nord, mais très-confusément , à cause de la brumie. La partie Nord de la côte orientale de Christian-Sound étant dégagée, je l'avais ralliée pour merendre les courans plus favorables; car dans ce détroit et dans celui de Chatham, dont il n’est que le prolongement, le flot porte Nord et a plus de force à la bande Est, et le jusan court aa Sud et a plus de force à la bande Ouest. |

À neuf heures dû matin, à l’'embranchement du détroit de Chathamet de Frédérick-Sound, on vit plusieursbaidarques dansle Nord, sous la pointe Gardner de l’ile del'Amirauté : quelques: unes nous accostérent. Îes Kodiaques nous apprirent quele gros de l'armement dont ils faisaient partie était dans Frédérick-Sound, et qne

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la Finlandia et une goëlette d’escorte étaient au port Cambden. Je pris à bord un Kodiaque qui connaissait leur mouillage, et, désirant voir le capitaine Young, je donnai dansle Sound en passant entre la pointe Gardner et l'ilot qui est à deux ou trois milles dans le Sud. J’eus connaissance du brick la Finlandia sous voile dans l'Est-Nord-Est. La faiblesse de la brise du Sud- Est ne permettant aux deux navires de se rallier que lentement, je partis dans la grande baleinière pour aller à bord du brick, que je joignis devant le port Cambden. Je n’eus du capitaine Young que des renseignemens vagues sur la traite dans cette partie; il me désigna Houtsnau, dans le détroit deChatham, comme un entrepôt. Le capitaine Young n’avait pas été heureux dans sa chasse ; ses soixante-dix baidarques n’avaient pris que quatre cents loutres. L’armement sous son convoi n'avait pasété inquiété par lesIndiens. Ceux de Kekh se montrèrent une seule fois au nombre de trente-sept dans deux grandes pirogues; mais, quoiqu’éloignés de leur escorte, les Kodiaques, aguerris par un long séjour dans ce pays, avaient fait bonne contenance et

en avaient imposé aux Indiens, qui, intimidés

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en voyant les baidarques former cercle autour d’eux, s'étaient contentés de proposer qu’on se donnât mutuellement des otages. Les Kodiaques ayant référé la décision de cette affaire au chef de l’expédition, les Indiens se retirèrent sans commettre d’hostilités.

A cinq heures du soir, je retournai à bord avec le capitaine Young, et les trois bâtimgns firent route pour sortir du Sound. À sept heures, je dirigeai pour le détroit-de Chatham. En passant à terre de l’ilot, nous eùmes connaissance du bivouac que les Kodiaques que nous avions rencontrés le matin y avaientétabli. Ayant rallié la côte de l’île du Roi-Georges, j'arrivai dans le détroit que je descendis avec petit frais de la partie du Sud. Bit

Le 9.—Au jour, on tira un coup de canon et Von hissa , au grand mât, le pavillon américain, le plus connu des sauvages de ces parages. A six heures, nous eûmes connaissance d’une pirogue venant de la bande de l'Ouest; on mit en panne pour l’attendreet elle nous accosta. Après quelqu’hésitation, un des Indiens qu’elle portait monta à bord, où il passa une demi-heure,

examinant tout avec la plus grande attention,

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et avec toutes les marques de la méfiance ordinaire à ces peuples. Il n’avait rien à traiter et paraissait n'être venu que pour nous reconnaître. Jusqu'à la rencontre de cette pirogue, nous w’avions rien aperçu, sur trente lieues de côte de l’une et l’autre bande des détroits, qui annonçät que ce ps." eût des habitans. Je ralliai la çôte Est, sur laquelle je savais qu'était situé le village de Houtsnau. À une heure du soir, nous étions à trois ou quatre milles au vent de Hoodbay, derrière la pointe Samuel, au Nord de laquelle il se trouve. À mi-canal, nous eûmes la visite de deux pirogues; dont une fut reconnue pour celle de notre espion du matin. Il avait une assez belle peau de loutre que nous lui payàmes en poudre.

À cinq heures, nous virämes sur la côte Est; les Indiens nous quittérent peu après. À sept heures, nous fûmes accostés par une embarcation venant du côté de Houtsnau. Un Indien, d’une physionomie féroce, mais dont la mise avait une sorte de pompe, monta à bord : il se dit étre un chef (smoket) d'Houtsnau, et avoir fait plusieurs courses sur la côte avec les Amé-

ricains. Ïl me parut intelligent, et posséder

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| AUTOUR DU MONDE. 71 | et 1818. à Juillet 18:18. ÿ prdi- É des connaissances sur la traite et la navigation | er et 1 des détroits. Pensant qu’il nous serait utile , je | con- lui accordai la permission qu'il sollicitait, de | que , rester à bord. Il renvoya aussitôt son embars de fi cation, et me fit présent d’une peau de loutre | qui et d’une autre de castor, pour lesquelles je lui | lliai donnai , aussi à titre de présent, de la poudre situé et une épée qui avait fixé son attention. soir, Nous eùmes pendant la nuit des petites vait de k riétés et des calmes avec de la pluie, et fûmes Nord | obligés de beaucoup manœuvrer pour nous démes tacher de la bande Est, sur laquelle le courant nue nous porta jusqu’à minuit. Nous nous main- Î vait k tinmes au vent d’Houtsnau, et le 10, au jour, lui nous étions à portée de recevoir les embarcaüons des naturels. Il en parut plusieurs, mais il Est; n’en aborda qu’une seule, encore elle n’apporept ; tait que du poisson. Comme cet éloignement ca= confirmait l’assertion de notre traitant Youtchjen, kitau, qui n'avait annoncé qu'il n’y aurait pas hise de traite à moins que le navire ne vint au mouil- ] se lage, M. Foucault fut expédié dans une baleioir niére armée pour reconnaître celui d'Hoodbay, né- qu'indiquait l’Indien, qui l’accompagna. La ba-

leinière revint à midi sans avoir trouvé de mouil-

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lage, le pilote l'ayant conduite dans l’anse devant le village de Houtsnau, où l’on n'avait eu que des sondes trop fortes.

La brise étant faible et la mer unie, il vint jusqu’à onze pirogues, dont une montée par treize hommes, une autre par sept, le reste par un moindre nombre; la plupart étaient armés de fusils. Cette vue réveilla les craintes de nos trembleurs, que la présence de plusieurs femmes et de quelques enfans aurait dû rassurer, si la peur pouvait raisonner : d’ailleurs le filet d’abordage avait été hissé, et toutes les mesures défensives prises avant que le nombre des canots devint considérable. Quelques Indiens furent admis à bord, entr'autres un des principaux chefs de cette partie, nommé Katahanack , et son fils. La plupart des pirogues avaient apporté des fourrures, mais la méfiance naturelle à ces peuples s'étant accrue de celle qu'ils remarquèrent à nos gens, ils ne les produisirent pas pour la traite.

Dans le courant de l'après-midi, nous avions manœuvré pour nous maintenir à proximité du village. Je conservai ma position au vent d'Hout-

snau pendant la nuit, ne voulant pas sacrifier

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aux lerreurs paniques de l'équipage les avan-

tages que j'y trouvais pour la traite.

Le 11.— Les pirogues vinrent à bord dès dix heures, mais en petit nombre et avec peu

de peaux. Les Indiens réitérérent leurs instances pour faire venir le navire au mouillage, prétendant qu’au large la moindre mer incommodait leurs pirogues le long du bord, ce qui était d’une vérité évidente. À six heures du soir, M. Foucault alla chercher un mouillage dans Hoodbay, où il en trouva un passabl:.

Le 12.— Au matin, après avoir pris toutes les dispositions, nous arrivâmes sur la baïe, où nous mouillâmes à dix heures et demie avec une ancre à jet par trente brasses, fond de sable vasard. Le navire fut bientôt entouré d’un grand nombre d’embarcations ; la traite se ft rondemenñt , et ne fut trouhlée jar aucune tentative de la part des Indiens, dont l: conduite ne donna pas de grave: sujeis de piainte. Il n’y cut d’admis à bord que ceux qui avaient des fourrures à traiter, et quelques chefs qui Ginérent avec nous. Je fus satisfait de notre homme de confiance Youichkitau, qui dans plusieurs

circonstances nous prévint des mesizes qu'il ÿ

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avait à prendre. À trois heures la brise du Sud- Sud-Ouest fit chasser l'ancre ; le fond de la baie n'étant pas sain, nous appareillâmes apres avoir fait retirer les Indiens. Ayant mis le navire à une distance suffisante de terre , on masqua le grand hunier pour la commodité des embarcations qui nous suivaient , afin de continuer les échanges. Pendant cette panne le navire dériva dans l’anse devant le village d’Houtsnau , où nous restâmes en calme, mêlé de petites variétés, pendant une heure, dans une position fâcheuse, à petite distance de deux rochers qui en occupent le milieu. A sept heures la brise du Sud- Ouest nous mit à même de nous tirer de ce mauvais pas et de prendre le large. Pendant que nous étions par le travers de leur village , ces Indiens arborérent un pavillon blanc et le pavillon russe marchand, à une grande palissade qui paraissait être un ouvrage défensif. Nous répondimes à cette prévenance en hissant nos couleurs. Je voulais les assurer, mais Youtchkitau me fit entendre qu’un coup de canon répandrait l'alarme.

La nuit nous manœuvrûmes pour conserver notre position au vent. La brise fraîchit assez

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