‹ Voyage autour du Monde par les Mers de l'Inde et de la Chine, executé sur la Corvette de l'État la Favorite, pendant les Années 1830-32. Accompagnée dun Atlas hydrographique et d'un Album historique du VoyageChapitre 3 sur 28 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Aussitôt que le traité de paix de 1 8 1 lx fut signé, le gouvernement français conçut le projet d'envoyer des bâtiments de guerre dans les mers de l'Inde et de la Chine , afin d'y renouer des relations rompues depuis plus de vingt ans et de signaler à notre commerce des routes qu'il avait perdu l'habitude de parcourir; mais les événements qui survinrent dans la première, moitié de Tannée 181 5 forcèrent d'ajourner l'exécution de toute entreprisé de ce genre, et ce ne fut qu'en 1817 que la flûte le Golo et la frégate la Cybèle partirent l'une de l'île d'Âix le a février, et l'autre de Brest le 1 6 mars.

Le Golo, commandé par M. Damblart de Lansmastre , capitaine de frégate, ne fit dans l'Inde qu'une courte apparition, et fut de retour à Brest le 1 9 février 1818.

La Cybèle, dont le commandement était confié à M. de Kergariou, capitaine de vaisseau, avait une mission plus étendue : elle devait montrer le pavillon français dans les mers de la Chine et de la Cochinchine ; y faire des recherches nautiques , s'assurer des facilités que notre commerce pourrait y trouver pour le succès de ses spéculations , et offrir aux navires français la protection dont ils pourraient avoir besoin, au moment surtout où ils commençaient à se montrer dans des parages qu'ils ne fréquentaient plus depuis longtemps.

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M. de Kergariou fit un assez long séjour à Tourane , principal port de la Cochiochine ; il y trouva deux anciens officiers de la marine française , MM. Chaigneau et Vanier, qui depuis près de trente ans séjournaient en ce pays où ils avaient reconduit le fils de l'empereur Gya-Long dont l'éducation s'était faite en France. Ils étaient l'un et l'autre pourvus de la dignité de mandarin et ils jouissaient à la cour cochinchinoise d'une assez grande considération; cependant ils n'eurent pas un crédit suffisant pour obtenir que M. de Kergariou se rendit dans la ville capitale afin d'y être présenté à l'empereur : les démarches qu'ils firent à ce sujet furent rendues vaines par les intrigues des mandarins du pays. On leur opposa comme un obstacle insurmontable que le commandant de la Cybèle n'était point porteur d'une lettre du roi de France pour le souverain de la Cochinchine.

La Cybèle rentra à Brest le 1 9 octobre 1818.

Peu de temps après, le \w janvier 1819, M. Philibert, capitaine de vaisseau, partit sur la corvette de charge le Rhône, accompagnée de la gabare la Darance, pour se rendre à Java. Le but de sa mission était d'enrôler des cultivateurs chinois pour les conduire à Cayenne , où l'on comptait leur faire exécuter des défrichements jusqu'alors tentés inutilement par d'autres moyens.

Cette expédition n'eut aucun des résultats qu'on en attendait.

En 18 51 1, le 8 juillet, la frégate la Cléopâtre, commandée par M. de Courson , quitta Brest pour aller aussi

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eipiorer les mers orientales. Ce capitaine de vaisseau visita plusieurs ports de la Chine et de la Cochinchine ; il ne réussit point' à voir la cour de Hué, et vint remplir sur les cotes de Madagascar une mission qui lui avait été donnée par le gouverneur de Bourbon.

Il fut de retour à Brest le 8 mai 1 8a3.

Le 07 avril de la même année, la frégate ÏArmide avait été expédiée de Lorient , sous le commandement de M. le capitaine de vaisseau Villaret de Joyeuse, pour aller annoncer au Brésil , à 111e de Bourbon , et dans nos établissements de l'Inde , que la guerre venait d'éclater entre la France et l'Espagne. L'Armide, après avoir rempli cette mission , toucha à l'Ile-de-France et au cap de Bonne-Espérance ; puis elle revint à Brest , où elle mouilla le 2 juin 182a.

Trois mois auparavant, M. le baron de Bougainville, capitaine de vaisseau , fils du célèbre navigateur de ce nom, était parti, sur la frégate la Thitis, qu'il commandait, pour faire un voyage de circumnavigation qui devait commencer par les mers de l'Inde et de la Chine. Sorti de Brest le 2 mars 18a 4, il se rendit à llle de Bourbon , où il fut rejoint par la corvette l'Espérance, dont le commandement avait été donné à M. de Nourquer du Camper, capitaine de (régate (aujourd'hui capitaine de vaisseau), qui avait fait la campagne précédente de la Cléopâtre, en qualité de second capitaine.

La Thétis et l'Espérance visitèrent successivement Pondichéry, Malaca, Stncapour, Cavité (dans la baie de Manille), Macao, Tourane, Sourabaya, Botany-Bay,

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où M. de Bougainville fit élever un monument à la mémoire de Lapérouse , à l'endroit le plus voisin du dernier mouillage connu de cet infortuné navigateur; les deux bâtiments se portèrent de là & Valparaiso; puis en doublant le cap Horn , ils vinrent à RioJaneiro , et rentrèrent à Brest le a 3 juin 1826.

Les fruits de ce voyage ont été des documents fort importants pour l'hydrographie et pour l'histoire naturelle.

En 1827, la gabare la Chevrette fut envoyée dans llnde , sous le commandement de M. Fabré, lieutenant de vaisseau, précédemment embarqué sur l'Espérance. La Chevrette fut absente de France du 2 g mai 1827 au 12 décembre 1828; mais diverses circonstances la retinrent dans l'Inde ; elle ne pénétra point dans les mers de Chine, et son voyage , dont la mort de M. Fabré a retardé la publication , fut très -fécond en documents scientifiques, mais ne s'étendit point au delà du golfe du Bengale.

Dans l'intervalle de temps que nous venons de parcourir, de 1 8 1 6 à 1 82 8, avaient eu lieu les trois voyages dç découvertes de MM. les capitaines de Freycinet, Duperrey et Dumont-Durville , sur les corvettes VUranie, la Coquille et ï Astrolabe; mais il suffit d'en faire ici une simple mention , puisque des relations étendues en sont publiées par ordre du gouvernement , et maintenant fort avancées.

Pendant que l'Astrolabe parcourait les archipels situés à TE. de la Nouvelle-Galles du sud , afin d'y chercher des traces du naufrage de Lapérouse, M. de

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Legoarant de Tromelin , commandant de la corvette la Bayonnaue, partait de la cote du Pérou pour aller visiter l'île Mallicolo (nommée depuis Vanikoro), où les relations du capitaine anglais Dillon avaient annoncé que se trouvaient les débris des deux bâtiments que commandait le célèbre et malheureux navigateur français. M. Legoarant partit de Callao le 7 février 1 8 a 8, arriva le a 1 mars à File Whahou de l'archipel des Sandwich , appareilla de nouveau le 17 avril, mouilla le a 6 mai devant 111e de Rottumahou ou Rotumah, qu'il quitta le a 9 pour toucher le a juin à Tucopia, et le 3 à Vanikoro, où il reconnut, après le capitaine Dillon et M. Dumont-Durville, les restes de la grande catastrophe qu'il avait ordre de constater.

La Bayonnaise reprit la mer le a 8 juin. Après avoir visité Santa-Cruz et les îles Swallow, elle se dirigea sur Guam, franchit ensuite le passage de Gilolo, relâcha dans la baie de Cayeli de Bouron, traversa les détroits d'Ombay et de Wetter, et arriva à Coupang (île Timor) le a 5 août. Elle en partit le 1 1 septembre, arriva à l'île de Bourbon le 1 3 octobre, et de là, après avoir rempli une mission à Madagascar, elle toucha successivement à Sainte-Hélène et à l'Ascension , puis mouilla à Marseille le 19 mars 1839.

L'intention du ministre de la marine , en destinant la corvette la Favorite à une campagne de circumnavigation , ne fut pas de recommencer ce qui avait été si bien exécuté par les habiles capitaines de bâtiments que je viens de citer : il voulait que le pavillon protecteur du commerce français se montrât de nouveau dans des

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traversée. De l'île de Bourbon, vous irez à Pondichéry; de là, passant par le détroit de Malac, vous entrerez dans la mer de Chine, où vous aurez à explorer successivement l'archipel des Ânambas, celui des Natunas, les côtes de la Gochinchine, celles de l'île d'Haynan; après quoi vous vous porterez sur Macao et Manille.

Vous trouverez dans ce dernier port toutes les ressources nécessaires pour ravitailler la Favorite et réparer les avaries qu'elle pourrait avoir essuyées; votre équipage y prendra un repos devenu indispensable après une longue navigation, et vous y réglerez de nouveau vos chronomètres.

En quittant Manille, vous reviendrez sur les Natunas, d'où vous vous porterez dans la mer de Java par l'un des détroits qui se trouvent entre Sumatra et Bornéo; puis vous ferez une nouvelle relâche soit à Samarang, soit à Sourabaya. Vous jugerez alors, par l'époque où vous serez arrivé et par l'état de votre armement, si vous pouvez parcourir les détroits et les terres qui séparent Java de Timor, et vous rendre dans cette dernière île.

Ce sera là que vous prendrez la résolution , ou de revenir en France par le cap de Bonne-Espérance, ou d'achever le tour du globe, en vous portant par l'O. et le S. de la Nouvelle-Hollande, d'abord à Hobart-Town, à la terre de Van- Diémen , puis à Port Jackson , d'où , après une relâche suffisante pour remettre la Favorite en état de continuer sa campagne, vous traverserez le grand Océan méridional pour vous diriger sur Valparaiso , où se trouve le principal rendez-vous des bâtiments qui composent notre station dans la mer Pacifique ; vous doublerez ensuite le cap de Horn pour revenir à Toulon, après une courte relâche à Rio- Janeiro.

Vous trouverez ci-joint un mémoire rédigé au Dépôt des cartes et plans de la marine , et dans lequel la route que

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je viens de vous indiquer est tracée avec tous les détails nécessaires pour que vous n'ayez jamais aucune incertitude sur les déterminations que vous aurez à prendre.

Le même mémoire contient l'indication des services que vous êtes appelé à rendre à la navigation, en ajoutant de nouveaux documents à ceux qui ont déjà été publiés sur les routes à suivre dans les mers où vous allez vous porter.

Cependant, Monsieur, les travaux hydrographiques ne devront pas être le but unique de votre campagne, et je vais vous indiquer d'autres objets qui mériteront de votre part une attention au moins égale.

Le commerce attend de la marine royale une protection que les bâtiments de Sa Majesté ne manquent jamais de lui offrir partout où ils ont occasion de se rendre.

Arrivé à Pondichéry, vous aurez avec M. le capitaine de vaisseau de Mélay, gouverneur des établissements français dans llnde, des conférences dans lesquelles vous devrez examiner de concert s'il ne serait pas utile que la Favorite se fit voir dans quelques-uns des ports du golfe du Bengale , et vous pourrez consacrer quelque temps à cette exploration, si elle est jugée de nature à produire de bons résultats pour nos intérêts commerciaux.

Si le retard que vous occasionnera un séjour prolongé dans le golfe du Bengale vous faisait arriver dans la mer de Chine vers la fin de la mousson de S. O., vous vous porteriez d'abord directement sur Manille, d'où vous prendriez votre point de départ pour Macao, File d'Haynan, la Gochinchine et les Ânambas : je vous laisse à cet égard la plus grande latitude , et vous serez entièrement maître de modifier votre itinéraire lorsque les circonstances relatives à la direction et à la durée des vents périodiques vous en feront reconnaître la convenance.

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Dans tous les lieux où vous vous présenterez, vous aurez soin de prendre des Informations sur ce qui peut intéresser le commerce français , et vous aideriez ; au besoin , ceux de nos navires marchands dont les capitaines seraient dans le cas de recourir à votre protection.

À Tourane , vous aurez à intervenir d'une manière toute spéciale dans nos relations politiques et commerciales; voici comment :

Pendant plus de trente ans 9 deux anciens officiers de la marine royale ( MM. Ghaigneau et Vanier) ont séjourné à la cour de Cochinchine, en qualité de mandarins; ils y jouissaient de la confiance de l'empereur Gya-Long, et ils y étaient encore à l'époque où M. le capitaine de vaisseau Kergariou , commandant la frégate la Cybèle, relâcha à Tourane ; mais après la mort du souverain qui les protégeait, ils ne trouvèrent pas dans son successeur le même appui; les intrigues jalouses des mandarins cochinchinois leur firent perdre une faveur sans laquelle ils ne pouvaient se main* tenil* dans le pays, et ils prirent le parti de revenir en France.

Sur les indications données par M» Ghaigneau , le ministère des affaires étrangères s'était déterminé à envoyer en Gochinchine le neveu de oet ancien mandarin avec le titre de vice -consul; mais n'ayant pu se faire accréditer en cette qualité, M. E. Ghaigneau se retira d'abord àPondichéry, et il s'embarqua ensuite à Calcutta avec le capitaine Dillon sur le navire de la compagnie des Indes la Rechercha, pour aller explorer à l'île Vanikoro le lieu où les bâtiments de Lapérouse ont Eût naufrage.

Revenu depuis en France, il doit partir incessamment sur le Saint-Michel, navire de Bordeaux, pour retourner en Cochinchine. Des renseignements reçus de ce pays font pré-

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sumer que M. E. Ghaigneau y sera admis cette fois avec le titre de vice-consul du Roi , qui vient de lui être conféré de nouveau par ordonnance de Sa Majesté.

Vous n'arriverez probablement à Tourane qu'après le Saint-Michel, et vous y apprendrez quel aura été l'accueil que le gouvernement cochinchinois aura fait à M. E. Chaigneau* S'il a été autorisé à séjourner dans le pays pour y exercer les fonctions consulaires, vous lui rendrez des honneurs qui serviront à confirmer sa mission aux yeux des hommes méfiants parmi lesquels il devra demeurer.

Biais dans le cas où M. £• Ghaigneau n'aurait pas été admis à s'établir à Tourane avec un caractère public, vous vous appliquerez à en rechercher les motife.

Au surplus, attachez -voua là, comme partout ou vous ferez quelque séjour, à montrer ce que sont les Français et à donner de la marine royale l'opinion qu'elle s'est acquise jusqu'à présent dans tous les lieux où ses bâtiments ont eu l'occasion de se présenter. Occupez-vous aussi, autant que les circonstances vous le permettront, à recueillir les renseignements, qui vous sembleront devoir être utiles au cornmeroe; tek sont, par exemple, les règlements locaux sur les douanes et le pilotage; les conditions de toute espèce mises à l'admission des navires et des marchandises provenant de France ou des autres parties de l'Europe; la désignation de celles de ces marchandises qu'il peut être plus facile et plus profitable d'introduire dans chaque lieu; celles qu'on peut en emporter en retour; les époques de l'année où il y a le plus d'avantage à faire ces échanges, etc. etc.

Pendant vos nombreuses relâches, MM. les officiers de santé embarqués sur la Favorite pourront se livrer à des, recherches d'histoire naturelle: vous leur donnerez à cet égard toutes les facilités qui dépendront de vous, en ne

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perdant pas de vue, toutefois, que ce genre d'exploration doit être tout à fait secondaire dans l'exécution de votre mission.

Je ne vous prescris, Monsieur, aucune disposition particulière pour la tenue du bâtiment confié à vos soins; l'ordonnance du Roi en date du 3i octobre 1827, sur le service à la mer, a tout prévu à cet égard, et je me borne à vous recommander de vous y conformer avec la plus grande exactitude dans toutes les circonstances de votre navigation.

Vous voudrez bien saisir toutes les occasions qui s'offriront à vous de m'adresser des lettres, afin de me mettre en mesure de suivre la marche de la Favorite et pour me faire connaître l'état dans lequel ce bâtiment se trouvera dans le cours de sa longue campagne. A votre retour à Toulon, vous me rendrez, dans un rapport détaillé, un compte général de vos opérations.

Partout où des vivres et des objets de rechange vous seront nécessaires, vous trouverez sans doute des négociants français, ou même étrangers, qui seront empressés à vous les procurer, et vous assurerez le remboursement de leurs avances en leur remettant sur le ministère de la marine des traites à deux ou trois mois de vue, dont le payement aura lieu exactement à Paris. Je vous ai fait remettre , en piastres, une somme de i5,ooo francs, afin de vous donner les moyens de pourvoir à des dépenses urgentes pour lesquelles vous ne trouveriez pas à user du crédit qui vous est ouvert sur le Trésor royal. Vous aurez soin , dans tous les cas, de suivre pour vos achats les formes réglées par les ordonnances et d'y faire intervenir le commis aux revues de la corvette, ainsi que votre premier lieutenant, l'un et l'autre étant plus spécialement chargés de ce qui concerne la comptabilité.

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Vous allez partir» Monsieur» muni de tout ce qui peut contribuer au succès d'une expédition du genre de celle dont je viens de vous tracer le plan Â. Votre état major est presque entièrement de votre choix ; la composition en est excellente; celle de votre équipage parait être également bonne; des instruments variés sont mis à votre disposition, ainsi que de nombreux documents hydrographiques : je dois donc compter sur des résultats complètement satisfaisants, et. ma confiance sous ce rapport est d'autant plus grande qu'on m'a fait connaître vos précédents services et les éloges qu'ils vous ont fait obtenir : j'y trouve des gages assurés de ceux dont vous ne manquerez pas de vous rendre digne pendant la campagne que vous allez entreprendre.

Bien ne fait craindre, en ce moment, que la paix de l'Europe soit troublée pendant votre absence; mais si, contre toute attente , il survenait une guerre dans laquelle la France fût engagée, il vous en parviendrait sans doute des indices soit dans les ports neutres où vous relâcherez , soit dans vos communications avec les navires de commerce que vous rencontrerez en mer : au moindre bruit de ce genre qui vous paraîtrait avoir quelque fondement, vous devriez vous tenir constamment sur vos gardes et manœu-

l Parmi les moyens d'exécution mis à la disposition du capitaine de la, Favorite se trouvait une assez grande quantité d'objets destinés à être employés en présents pour reconnaître les bons offices rendus à la corvette dans ses diverses relâches, ou à servir de moyens d'échange avec les peuplades sauvages qu'elle pourrait visiter. Ces objets consistaient principalement en armes de luxe, en ouvrages d'horlogerie et de bijouterie, porcelaines, cristaux et autres produits des manufactures françaises qu'il était intéressant de faire connaître dans les pays éloignés où le bâtiment devait relâcher.

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vrer autant que possible de manière à éviter d'être rencontré par un ennemi supérieur en forces ; mais si, malgré votre vigilance, vous vous trouviez dans la nécessité de soutenir l'honneur du pavillon remis à votre garde, je sais, Monsieur, ce qu'on doit attendre de votre dévouement, et j'ai la conviction que la Favorite serait vaillamment défendue par vous, ainsi que par les officiers et marins appelés à vous seconder.

Recevez l'assurance de ma considération distinguée.

Le ministre secrétaire d'état au département de la marine et des colonies,

Signé Baron d'Haussbz.

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