PORTRAIT DE PADRE MIGUEL
# Note 1, page 2.
La corvette {a Favorite a été construite à Toulon, d'après les plans de M. Campaignac, sous-ingénieur de la marine, sous la direction de M. Pironneau , officier du génie maritime du même grade.
* Mise en chantier dans le mois de novembre 1827, elle a été lancée à l'eau le 11 juin 1829.
Ses dimensions principales sont les suivantes :
Longueur à la flottaison. . ....... sure 38mitr. oocent. Largeur au maître couple. .....:-..::. 9 10 Creux sur quille. .......... RS «ee | lux Us. SOEUR h 80 Tirant d'eau 4 à l'avant. ........... 0 : OR RO Nr Par Hauteur des batteries au milieu....... 1 76 Poids de la coque........... SE TT Poids du chargement. ........ sde A0 , + dE ME EE rod HET 00 Son artillerie consiste en 20 caronades de 30. 4 canons de 18.
Mure 24 bouches à feu.
Elle est partie avec des munitions de guerre pour six IMGis, des rechanges et des objets d'approvisionnement au complet du règlement de campagne, pour un an.
Son équipage était en tout de cent soixante-einq hommes, et
elle avait à bord des salaisons pour six mois, des autres vivres pour sept mois, du vin pour huit mois et de l'eau douce pour quatre mois.
Ce bâtiment, d'abord chargé pour une courte campagne dans la Méditerranée, avait été jugé de la manière la plus favorable; et pendant le long voyage qu'il a fait ensuite, il a complétement justifié l'excellente opinion qu'on en avait conçue.
Note 2, page 7.
L'ile de Ténérifle fut longtemps le premier méridien pour tous les navigateurs de l'Europe; elle devait cet avantage aux Espagnols et aux Portugais, qui les premiers reconnurent les îles Canaries et en firent un point de repos d’où leurs bâtiments de découvertes s'élançaient pour ainsi dire vers des mondes nouveaux. Cette route tracée fut longtemps suivie; ce n'est même qu’à la fin du siècle dernier ou au commencement de celui-ci que les Anglais ont abandonné Ténérifle pour Madère, qui est maintenant le principal point de relâche de leurs bâtiments allant dans les mers de l’autre côté de l'équateur.
Madère n'offre pas plus de bonnes rades que Ténérifle : dans l'une comme dans l’autre île des coups de vent terribles forcent fréquemment les navires d’appareiller subitement ou de se jeter à la côte. Toutes deux produisent une grande quantité de vins trèsprisés par legpeuples du nord del Europe; enfin elles fournissent également aux marins des provisions très-bonnes, mais à des prix exorbitants.
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jé L L:2 Le) Fr : * FE per ” i presque toujours complètent dans ces relâches leurs chargements et font des provisions de vivres pour de nombreux passagers; mais que sont pour les bâtiments de guerre de semblables considérations, auprès de la stricte réclusion à laquelle la crainte des mauvais temps, l'éloignement du rivage, les maladies si communes à terre, condamnent leurs nombreux équipages, dont le bien-être était trop souvent autrefois sacrifié à des intérêts particu-
NOTES. 475 liers ? Les partisans des plus absurdes usages, fermant les yeux sur les changements heureux arrivés dans.le personnel de la marine militaire française , ou.ñe lés connaissant pas, mettent constamment en avant l’ancie des coutumes ou l'exemple de nos rivaux. Une sage expérience a prouvé que le premier de ces arguments devait céder à des améliorations, non subites, mais successives, et que lorsque chaque jour les sciences et l'industrie font des progrès, la marine doit marcher avec elles. D'un autre côté, l'esprit d'innovation peut avoir de grands inconvénients, surtout quand c'est sur le personnel que portent ses eflets. Qu'en 1815 nos bâtiments de guerre, reparaissant sur les mers après avoir été longtemps renfermés dans les rades, allassent chercher chez les Anglais de nombreux et bons modèles pour l'installation intérieure et même pour la tenue des équipages , rien ne pouvait être plus honorable, et l'on cite avec considération dans la marine militaire les jeunes officiers qui, arrivés maintenant aux premiers grades, offrirent alors un aussi noble exemple à imiter. C'est à l'impulsion donnée par eux que notre marine doit la prospérité où elle est maintenant, et qui ne le cède en rien à celle de nos rivaux. Mais chercher à copier ces derniers dans leur discipline et leurs usages à l'égard des matelots, c'est méconnaitre la différence énorme qui existe entre le caractère des deux nations, et qui est plus sensible peut-être encore entre les marins anglais et français. Ceux-ci recrutés maintenant en grande partie dans cette classe de la population qui fournit à l'armée nos braves soldats, donnent l'exemple de la conduite et d'une bonne tenue, au lieu de l'indiscipline et du libertinage qui avilissaient autrefois nos matelots, et dan Din: doi dc Le he à} PAS + : 1 L sances maritimes. Pourquoi les anciennes coutumes ne seraientelles pas changées , puisque les équipages pour lesquels elles furent établies ne sont plus les mêmes ? Pourquoi n'abandonneraiton pas tout à fait ce système de réclusion perpétuelle sur les rades étrangères et dans les relâches ? IL décourage, mécontente les hommes, fait naître les projets de désertion, et livre les matelots à l'ennui, source de presque toutes les maladies à bord des bâti-
ments. Si le gouvernement, marchant avec le siècle, a ouvert aux matelots de sa marine militaire la porte qui peut les conduire aux plus hauts grades de notre corps à èvera, dans sa sollicitude vraiment paternelle, de les faire j joi Fr de tous les avantages que leur position permet de leur accorder. Qu'une discipline juste et très-sévère réprime les mauvais sujets ; mais qu'en même temps le matelot tranquille, dévoué et obéissant puisse, comme les officiers qu'il est appelé à suivre sous le feu de l'ennemi, aller chercher quelquefois à terre des distractions et un délassement agréable des fatigues du bord. I SE donc nes si __ veut atteindre ce
but, que les bâti t ints de relâche
dans des lieux où, sans a inquiétude la conservation des bâti-
ments, rides hé RE PS | pit ina ’
puissent laisser aller leurs ruipasés se promener à terre et jouir, autant que le service le permet, de l'exercice et de la liberté, toujours nécessaires après de longues traversées. Ces petites courses, en satisfaisant la curiosité si naturelle à des hommes qui courent le monde, entretiennent parmi un équipage la gaieté, la santé qui en est la suite, et surtout la bonne volonté. Sous tous ces rapports réunis, comme sous celui de l'économie pour l’état, je pense que la relâche de Gorée est bien préférable à celle de Ténérifle, où j'ai déjà dit que l'eau et les rafraichissements sont fort chers , et où les mauvais temps et les difficultés des relations avec la côte forcent de tenir les équipages consignés à bord. Dans notre établissement de la côte d’Afrique, au contraire, les provisions sont à très-bas prix et en abondance; l'eau, facile à faire, ne coûte presque rien; et pendant la plus grande partie de l'année les hommes peuvent aller courir à terre sans aucun inconvénient et en rapporter une énorme quantité d'excellents poissons. Pendant les premières années après la paix de 1814, la nécessité de trouver un point dont la longitude parfaitement déterminée pût servir à régler la marche des chronomètres, forçait nos bâtiments destinés aux expéditions lointaines de relâcher à Ténérifle ; mais depuis qu'en 1817 l'amiral Roussin, dans sa savante campagne hydrographique sur les côtes d'Afrique, a fixé
d'une manière certaine, par tous les moyens astronomiques, la position de Gorée , la longitude de cette île peut servir aussi bien que celle du chef-lieu des Canaries à régler la marche des montres marines; et notre établissement trouvera dans ces visites, fréquemment renouvelées, une preuve de la bienveillance du gouvernement, à laquelle lui donne tant de droits sa situation malheureuse.
Note 3, page 10.
On appelle, en langage marin, station, le point de réunion dans les colonies et les pays étrangers, de plusieurs bâtiments de | guerre sous les ordres d’un officier général ou supérieur de la marine, qui les envoie alternativement sur les côtes et dans les principaux ports environnants, pour veiller aux intérêts de notre commerce et protéger contre les forbans les navires marchands de toutes les nations.
Sous ces différents rapports, la station du Sénégal n'offrait que fort peu d'intérêt en 1817; aussi n'était-elle composée que de quelques bâtiments légers, au nombre desquels était la goëlette que je commandais comme enseigne de vaisseau, et qui se remplaçaient successivement à Moilonis (Sémigi}s et à Gorée. à ce fut à partir de cette époque q à la traite des noirs, commerce défendu par le éonernementise avec une juste sévérité, ayant considérablement augmenté, il fallut déployer des forces navales plus considérables et exercer une répression plus étendue. Maintenant Gorée voit fréquemment sur sa rade une frégate et plusieurs corvettes, exerçant une surveillance trèsactive sur toute la côte d'Afrique, jusque de l'autre côté de l'équateur, et en général sur tous les points fréquentés auparavant par les négriers, qui n'y font plus que de très-rares apparitions.
Note 4, page 24.
Quinze années écoulées et les événements ont fait oublier la Société coloniale philanthropique qui voulut, en 1817, coloniser la
presqu'ile du Cap-Vert. Je n'ai donc nullement l'intention de re. tracer dans tous ses détails l'histoire des désastres qu'elle éprouva, ni celle de ses fautes intéressées, et, je suis forcé de le dire, des nombreuses friponneries que commirent la plupart de ses princis paux agents. Une courte notice en donnera une idée au lecteur, et nous laisserons retomber dans l'oubli une funeste nt qui
causa la mort et la ruine see tant de SA RPRRE ES 5 #4 dates de ME pro] en 181,
et malheureusement spornesée, ssntagle même tacitement par le gouvernement, qui plus tard repoussa les demandes extrava-
.gantes qu'elle faisait d'une charte, d'un prêt énorme, et enfin
de plusieurs bâtiments de l'état qu'on aurait mis à la disposition des deux obscurs directeurs, appelés bientôt après devant les tribunaux. L'expédition partie de Rochefort pour aller prendre possession de l'île de Gorée et de Saint- Louis (Sénégal), porta à la côte d'Afrique vingthuit explorateurs philanthropes qui devaient être en outre entretenus aux frais de l’état. Mais l’effroyable naufrage de la Méduse termina la destinée de la plupart de ces
iers chercheurs de fortune. Cependant ni cet affreux événement ni les rapports défavorables de ceux qui avaient survécu ne purent arrêter la marche d'une affaire dont les résultats à venir étaient les moins intéressants pour les principaux meneurs. Aussi des prospectus ornés de gravures représentant la presqu'ile du Cap-Vert comme un nouvel Éden , avec des rivières , des ruisseaux; des forêts d'arbres fruitiers, dans un lieu où l'on ne trouve ni arbres, ni fruits, ni même d'eau courante, furent répandus avec profusion par toute la France. Les promesses les plus séduisantes et les plus fallacieuses en même temps engagèrent un grand nombre de malheureux abusés à vendre leurs petites propriétés pour payer les terrains, les esclaves, la fortune enfin qui devaient leur être concédés sur le sol africain. D’autres individus, tirés la plupart de cette classe avide de changements , que la paresse et la débauche tiennent toujours dans le besoin , vinrent compléter au Havre le nombre des futurs colons du cap Bel-Air. Ce fut alors que le gouvernement, éclairé, mais trop