SOMMATIONS ET RÉPONSES
Copie de la sommation faite par S. Exc. le capitaine général à M. le commodore commandant la frégate de S. M. britannique l'Iphigénie et la batterie de l'ile de la Passe devant le port Impérial de l'Ile-de- France.
À bord de la frégate de S. M. I. et R. la Minerve, le 17 août 1810.
« MoxstŒuRr , ;
« Par la suite de votre entreprise du 23 de ce mois avec votre escadre, contre les frégates de S. M. l'empereur des Français, roi d'Italie, etc., la Bellone et la Minerve, mouillées dans ce port, vous êtes réduit à la position la plus critique ; vous ne devez pas espérer d'amélioration, puisque, d’un côté, j'ai donné ordre à des. forces supérieures de vous tenir étroitement bloqué, et que de l’autre, vous ne devez pas attendre de délivrance, parce que d'ici à plusieurs mois il ne pourra pas paraître de vaisseaux de S.M. B. en assez grand nombre pour balancer les forces supé-
NOTES. 503 rieures que j'ai en ce moment à ma disposition. Cetie affreuse position dans laquelle vous vous trouvez avec un grand nombre de vos compatriotes, par l'eflet de l'incendie que vous avez été forcé de mettre à deux de vos frégates , n'ayant plus pour refuge que l'Iphigénie que vous ne pouvez réparer, et un rocher stérile où vous n'avez point d'asile pour le grand nombre de vos blessés, où enfin dans très-peu de jours vous serez sans moyens d'existence : de si grandes calamités, dont vous souffrez déjà beaucoup, doivent, Monsieur le commodore, vous pénétrer que toute idée de résistance serait illusoire et inhumaine.
« En conséquence , je vous somme, au nom de S. M. l'empereur mon maître, de vous rendre prisonnier de guerre avec vos équipages, ainsi que la garnison de l’île de la Passe ; de restituer à S. M. L., et absolument intacts, les batteries, bâtiments, armes, munitions, enfin tout ce qui est établi pour la défense de ce poste ; de remettre également à ma disposition la frégate de S. M. B. l'Iphigénie, sans aucune destruction quelconque que celle qu’elle a eue dans l’action où elle a pris part.
«Si, contre mon attente, vous diflérez seulement d’une heure à vous rendre aux conditions que je vous prescris, vous ne devez compter sur aucune clémence de ma part; ou vous et vos équipages périrez de faim et de misère, ou, si j'entreprends de vous réduire, ce qui sera promptement exécuté, tout sera passé au fil de l'épée.
« Je n'ai plus, Monsieur le commodore, qu'à vous exhorter à ne pas m'obliger d'exécuter envers vous et ceux que vous commandez, l'un ou l'autre des actes extrêmes dont je viens de vous menacer.
«Le capitaine général , signé DECAEN.»
Copie de la réponse adressée par M. le commodore Lambert à S. Exc. le capitaine général.
À bord de la frégate de S$, M. B. l'Iphigénie, de 22 août 1810. « EXCELLENCE, « J'ai l'honneur d’accuser la réception de votre lettre sur le
sujet pénible pour mon cœur d’une capitulation. Je vous transmets ci-joint copie de la correspondance qui a eu lieu entre M. le capitaine Hamelin et moi, relativement à celle à laquelle j'avais accédé avant d'avoir reçu votre lettre; et j'ai une trop haute opinion de l'honneur de V. E. pour supposer que vous y ferez aucun changement, excepté ceux qui pourraient résulter de ce que je n'entends pas bien la langue française.
«Signé Tu. LAMBERT. »
Gopie de la sommation faite par M. le capitaine de vaisseau Hamelin, commandant une division des forces navales de S. M. L. et R., à M. le commandant pour S. M. B. du fort de l'ile de la Passe et de la frégate l'phigénie.
À bord de la Vénus, le a août 1810.
« Moxsreur,
« Pour ne pas augmenter la perte en hommes que vous avez faite , sans espoir de succès pour le service du roi votre maître, je vous engage à vous rendre à discrétion; sinon, avec les quatre bâtiments qui sont sous mes ordres, je vais m'embosser, et vous réduire indubitablement.
| « Signé HAMELIN. »
Copie de la réponse de M. le commodore Lambert à la sommation de M. le capitaine Hamelin.
A l'ile de la Passe, 27 août 1820.
« Moxsteur,
«Le sort de la guerre est toujours douteux : nous ne pouvons rendre à discrétion une île et une frégate aussi bien disposées sous tous les rapports; mais, comme vous m'exprimez le-désir d'arrêter l'effusion du sang, nous offrons de capituler aux conditions suivantes, savoir :
«Que l'île sera rendue darts son état actuel; que la frégate l'Iphigénie aura la faculté de partir avec loute la garnison pour tel port que vous désignerez, appartenant au gouvernement britannique.
«Tu. LamBerr. »
NOTES. 505 Copie d'une seconde sommation faite par M. le capitaine Hamelin à M. le commandant Lambert.
À bord de la Vénus , le 27 août 1810.
« Moxsreur, en «Si toute résistance à mes forces n'était pas vaine, je vous estime trop pour vous proposer de n’en pas faire ; mais pour vos blessés, craignez le feu de quatre frégates : rendez à discrétion l'Iphigénie et le fort de l'ile de la Passe, que le pavillon français y soit hissé au soleil levant : vous serez tous prisonniers de guerre, mais 1ous renvoyés de suite sur parole, ou échangés dans un des ports de S. M. B.
«Signé E. HAMELIN. »
Copie de la réponse de M. le commodore Lambert à M. le capitaine Hamelin.
À bord du vaisseau de S, M. B. l'iphigénie, devant l'ile de la Passe ,
le 18 août 1810. :
« Moxsreur, ; 4 «J'espérais et j'avais la confiance que l'honorable proposition que je fis hier au soir aurait été acceptée ; mais d’après les circonstances actuelles, le vaisseau de S. M. B. l'Iphigénie et le fort de l'île de la Passe vous seront remis demain matin à dix heures. Le gouvernement français Pourvoira à ce que des bâtiments sûrs et convenables soient fournis pour transporter les hommes de l'Iphigénie et la garnison de l'ile de la Passe au cap de Bonne- Espérance, ou dans tel port d'Angleterre que vous désignerez, l'espace d'un mois, à dater de la présente, ou plus tôt, s’il est
possible.
«Signé Tu. LAMBERT. »
Copie de la lettre de S. Exc. le capitaine général à M. le commodore Lambert, commandant la frégate de S. M. B. l'Iphigénie et la batterie de l'île de la Passe.
À bord de la frégate de S. M. I. et R. la Minerve, le 28 août 1810. « Mowsreur , «J'ai l'honneur de vous accuser réception de la réponse que
vous venez de faire à mes lettres, ainsi que de la communication que vous y avez jointe de votre correspondance, et vos propositions à M. le capitaine de vaisseau Hamelin. Il m'est impossible, Monsieur, d'accéder entièrement à l’article de faveur que vous désirez, d'être renvoyé dans un des ports de S. M. B., avec les hommes de l'Iphigénie et la garnison de l'ile de la Passe ; mais pour vous donner une nouvelle preuve de la loyauté et de la générosité française, je consens à vous faire renvoyer dans un mois sur des bâtiments sûrs, soit au cap de Bonne-Espérance, soit en Angleterre, aux conditions que vous ne pourrez servir contre l'empereur mon maitre et ses alliés, que vous n'ayez été régulièrement échangés : vous me donnerez deux otages que j'indiquerai pour l'assurance de l'exécution des conditions de ce dernier article de la capitulation que je vous accorde.
«Si, comme je me plais à.le croire, vous êtes prêt à souscrire aux conditions ci-dessus , ‘je vous invite, Monsieur le commodore , d'ouvrir la facile communication entre moi et M. Hamilton, afin de pouvoir faire mettre à exécution, le plus promptement possible, les conditions qui seront souscrites ; à quoi j'autorise M. le capitaine de vaisseau Hamelin par des dépêches que je lui adresse.
« Le capitaine général, signé DEGAEN. »
NOUVELLES OFFICIELLES | DE L'ILE-DE-FRANCE. me