‹ Voyage aux États-UnisChapitre 15 sur 26 · LE MALHEUR · texte numérisé non relu

LE MALHEUR

L'un des scnlinients lUli^ erscls que le rlii islianisrne a profondciiunt. enracines dans le cœur humain est celui de Vcgnlilé iiatuielle des Imiimies . . . . Nous lui devons un sj)ecLaclc cjuc je crois particulier arepotjue chrétienne , cehii d^nne classe venant en aide à une autre, des iicurenx travaillant en laveur des iiialheurcux, de riionune libre revendiquant les droits de J'opprime. Parmi tous les nobles exemples d'afl'cction désinleressec et de patriotisme que nous piesente l'histoire ancienne, je ne me rap|.e'.lc rien (jui apjirochc de cette coinimision en t^ros, de cette action gene'rale d'une classe de la socii-té sur une autre, de ce système lYagiUitinn hteiifiiisanle en faveur de la faiblesse et de la souH'rance oujjliees, qui caracle'riscnt l'histoire des temps modernes.

( Recherches religieuses et ralionncllcs .)

Un philanthrope médisait un jour : « quoi qu'on puisse dire des Américains, il est certain que, dans le traitement des classes les moins heureuses de la société, ils sont arrivés à des principes de justice et d'humanité qui peuvent nous servir de leçon utile; vous devriez aller voir cela par vous-même. » Je le fis. Ainsi me vint la première idée de mon voyage en Amérique; les résultats de mes investigations n'ont pas été réservés pour ce court chapitre, ils sont disséminés dans lout mon ouvrage. Les principes démocratiques fondamentaux qui servent de base à l'organisation de la société américaine sont les (( principes de justice et d'humaniîé, » par lesquels le coupable, l'ignorant, l'indigent et l'inlirme sont sauvés et bénis. La charité d'une société démocratique est un spectacle qui réjouit le cœur ;

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car on est assuré que, tandis que ia charité relève une centaine d'individus dans une direction, nulle oppression générale n'en abaisse un million dans une autre. Pour de certains hommes, il n'existe de malheur que celui qu'ils en voient; si la société n'est pas encore parvenue au point où devront arriver un jour toutes les sociétés, c'est à dire, à comprendre que le crime est une infirmité, et à prévenir le châtiment, l'ignorance et le besoin, les Américains sont plus heureux que d'autres peuples en ce sens qu'ils ont beaucoup moins de malheurs créés que les autres sociétés, et qu'ils emploient des méthodes plus sages pour en allégeV successivement le poids. Dans un pays où l'égalité sociale est le grand principe universel, et où, par conséquent, la règle fondamentale est applicable à tous les rapports de l'homme à l'homme, la négligence du malheur est prescpie autant hors de question que l'oppression qui en est, en grande partie, la source.

Dans le traitement des coupables, l'Amérique marche en avant du reste du monde. J'ai reçu les coniidences d'un grand nombre de prisonniers dans le pénitencier de Philadelphie, où l'on a adopté pour principe de châtiment l'isolement absolu. Chacun de ces prisonniers , ignorant qu'il en existât d'autres, me disait qu'il était reconnaissant, envers ceux à qui sa garde était conliée, de ce qu'ils le traitaient avec respect. Je fus frappée de voir que c'était là l'expression dont tousse servaient. Quelques uns faisaient ressortir devant moi le contraste entre ce mode de punition et 1 emprisonnemeiit dans les anciennes geôles sur le modèle de celles de 1 Europe, où les criminels sont confondus indistinctement, et sont loin d'être traités en hommes et en citoyens. D'autres disaient que, bien qu'ils fussent coupables et que leur détention fût juste, nul autre châtiment

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additionnel ne devait leur être infligé, et que le pire des châtiments c'était de ne pas être traité avec le res])ect dû à rhomme. Dans une société où les criminels sentent et parient ainsi, le respect des droits de riioninie doit se manifester dans l'infliction du châtiment comme dans tout le reste.

Sans doute il reste encore heaucoup à faire; mais dans une société où la condamnation à des souflrances humaines, comme la peine de l'emprisonnement, est encore pratiquée, la prison solitaire est presque une œuvre d'humanité. Des méthodes plus douces et plus justes pour le traitement des infirmités morales seront employées quand les hommes auront appris à en prévenir la plus grande partie possible. En attendant, j'ai la conviction que c'est le meilleur mode de châtiment qui ait jamais été essayé, quoicjué plusieurs prisonniers se soient plaints d'une solitude dont lennui n'est charmé que par leur travail et les visites fortuites des surveillants olliciels; toutefois ils préfèrent cette solitude à la communauté de la prison. Les motifs de cette préférence sont, d'abord la possihiHt é qu'ils ont do conserver le respect d'eux-mêmes; ensuite, l'avenir qui les attend dans la société à l'époque de leur libération, lis quittent la prison, emportant le produit de leur travail additionnel, et sans craindre de tomber dans les pièges d'anciens compagnons de crimes ou poursuivis d'emploi en emploi par ceux qui ont intérêt à les priver des moyens de reconquérir l'estime publique. Jusqu'à présent, rien ne prouve que l'emprisonnement solitaire, avec travail , soit plus funeste à la santé que toute autre condition accompagnée d'auxiélés intellectuelles. Les prisonniers de Philadelphie m'ont paru mieux portants que ceux d'x^uiuu'u ou de toute autre prison que j aie visitée.

Il existe encore une lacune dans l'administration religieuse de ces prisons. 11 suffira, je pense, de faire

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connaître ce fait pour qu'il y soit porté romùde. Paniii les ccck'siasli({ues de toutes les communions qui sont à Philadelphie, il en est assurément un grand nonihre qui oilriraient volontiers leurs services s'ils savaient comhien ils sont nécessaires. Je ne sais point d'acte de charité plus utile que de visiter le prisonnier dans sa solitude. Toutefois, je ne pense ])as qu'il soit désirahle que les visites aux prisonniers n'aient que lareiigion pour ol)jet, sans aucun autre hut d'instruction et de commisération. Le grand ohjet qu'il faut se pioposer est d'occuper 1 esprit du prisonnier des choses qui l'intéressent le plus, de nourrir ses sympathies et ses afl'ections humaines, et, suitout, de donner à son esprit l'activité et le contentement. Sa situation est telle, il est si exclusivement réduit à ses propres ressop.rces, (pi'on pourrait craindre (pi'il n'acceptât la religion conniie un soulagement temporaire, ne la séparât en idée de la vie active , et n.e recherchât que ce qu'elle a de plus exalté; en sorte que, lorsqu'il rentrera dans le monde, il la rejettera comme une chosç utile dans son existence de prisonnier, mais qui ne lui est plus nécessaire. Si, ayant ceci en vue, un petit nomhre d'hommes et de femmes estimahles de rhiladel{)hie allaient, de temps à autre, passer une heure avec un prisonnier, se conform.ant avec scrupiile au règlement, n'apprenant au prisonnier aucune nouvelle, mais causant amicalement avec lui de ses affaires, de son travail, de sa famille, de ce ([u'il se propose de faii'e en sortant de piison, des livres qii'il lit, etc.; s'ils lui jjorlaient des livres utiles et amusants, et, dans le cas où ce seraient des livres religieux, ceux-là seulemenl qui ont un caractère modéré et consolant (et ceux-là ne sont pas faciles à irouver), ces visiteurs affectueux ne sauraient maiiqiui- de rélahlir, plus ou moins complètement, la santé morale des ohjets de leur hienveiilance. îl faut l'avoir essayé pour se figurer avec

quelle facilité des liommes placés dans cette situation sont influences en l'absence de tont ce ({ui est pernicieux et dans la dépendance absolue où ils sont de la sympathie de ceux qui leur témoignent de lalTection. Si une attention vigilante s'unissait à la prudence et à la bonté, je crois qu'après une détention de cinq ans, il arriverait rarement que le prisonnier rentrât dans la société sans être capable d'y remplir ses devoirs. On doit se rappeler (|ue les criminels des États-Unis sont rarem^ent de ces créatures dépravées, abruties, qui remplissent les prisons de l'Ancien- Monde. Même dans l' Ancien-Monde, je ne doute pas que quiconque a visité les prisons, après un premier eiUrctien particulier avec un criminel, n'ait été surpris de le trouver si humain; mais, en Amérique, les- criminels sont encore plus semblables aux autres hommes. Je leur dis cjue le motif de ma visite était de m'enquérir des causes du crime dans un pays où il y a une absence presque totale de ce besoin qui occasionne, en Angleterre, le plus grand nombre des délits sociaux. Tous unirent par me raconter tout au long leur histoire, et je vis que toujours quelque malheur domestique avait empoisonné leur vie : la dureté d'une belle-mère, l'infidélité d'une épouse, la coquetterie d'une maîtresse, l'intempérance d'un {Ils ou d'un père, voilà les douleurs domestiques qui leur avaient fait quitter leurs foyers pour aller boire; la boisson avait amené le meurtre ou produit quelques besoins vicieux auxquels il avait fallu fournir ])ar le vol. Ces histoires, variées à l'infini dans leurs détails , amènent toutes pour conclusion à la même moralité.

Je n'aime pas le principe sur lequel on a établi la prison d'Auburn, et j'ai la certitude qu'il n'en résultera jamais ({ue bien peu de réfoi'mation effective. C'est un grand inconvénient pour les prison» niers que d'être exposés à se voir partout signalés après

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leur libération ; mais il en est d'autres tout aussi sérieux dans l'intérieur de la prison. Le système d'espionnage est intolérable, sous quelque point de vue qu'on le considère. C'est la plus grave des insultes, et s'il est une circonstance où l'insulte doit être évitée, c'est lorsqu'il s'agit de réformation. Le grand point à obtenir, c'est la régénération du criminel ; cette régénération exige qu'il ait ce respect de lui-même, que l'homme vertueux serait exposé à perdre sous le regard de l'espionnage; mais l'homme moralement infirme ne saurait jamais l'acquérir ainsi. Des dispositions doivent être prises pour rendre son évasion impossible et obtenir que sa conduite soit extérieurement inoffensive; ces points obtenus, le prisonnier doit êlre laissé à lui-même. Quelle est l'utilité de l'espionnage, de ces ouvertures pratiquées pour voir sans êlre vu, de ces chaussures à l'aide desquelles on amortit le bruit des pas? On veut s'assurer qu'il ne parle pas, et s'il parle, lui faire expier ce délit par le fouet! Parler est un acte innocent; et, pour des hommes séparés du monde et de leur famille, et de tout ce qui les a intéressés jusqu'à ce jour, c'est une chose indispensable. Il faut que les prisonniers parlent, et ils le feront en dépit des espions, du gouverneur et du fouet. Ils apprennent à murmurer intelligiblement entre leurs dénis, sans remuer les lèvres, et, pour cela, ils profitent du premier moment où le surveillant a tourné le dos. Je m'éloime qu'on attende une réforme complète de la part dliommes coupables des crimes les ])lus graves, et à qui on présente la défense de parler comme le caractère dislinctif de leur existence pendant une durée de cinq, sept ou dix ans : l'importance qu'ils y attachent en fait la circonstance principale de leur vie. Commeiit! l'être malade peut être rappelé à la santé; comment! la conscience abattue peut être relevée, pendant qu'un acte innocent et

nécessaire est érigé en délit? Je laisse cette question à décider à ceux qui sont plus versés que moi dans les appréciations morales; mais je crois que, sous une telle discipline, une réformation radicale est impossible, si ce n'est dans un petit nombre de cas.

La volonté de la majorité n'a pas encore réussi à obtenir Tapplication convenable de principes excellents, dans deux cas relatifs au traitement du criminel; en attendant, il en résulte des maux graves. Il est très difficile, dans quelques parties des États- Unis, et relativement à certains délits spéciaux, de faire exécuter les lois contre les coupables. Dans la partie du territoire où Topinion sanctionne les conflits personnels, les délits contre la personne demeurent trop souvent impunis; ailleurs Témeule passe inaperçue; et, dans quelques localités, les crimes les plus abominables sont à peu près surs de rester im.punis. L'impunité des émeutes provient de la confiance de la société, dans la moralité de l'universalité des citoyens; confiance fort bonorable en ellemême, mais récemment reconnue insuffisante dans une crise aussi grave que celle de la question de Tabolitioi]. 11 est bonorable au peuple d'être resté pur et vertueux sous l'autorité des principes, pendant ce long sommeil des lois, qui rend maintenant dilficile leur mise en vigueur; mais aujourd'hui qu'est venu le conflit des classes et des opinions, le temps est aussi venu où la loi doit être vigilante et inexorable. La fréquente impunité des crimes les plus graves provient de la répugnance croissante de l'opinion pour la peine de mort. On ne saurait douter que bientôt cette peine ne soit abolie dans les États du nord; et si cela doit être, le plus tôt sera le mieux; car c'est un mal effrayant que l'impunité actuelle.

En passant avec une de mes amies devant la nuuiicipalilé dune ville du nord, je demandai ce que signifiait la foule assemblée aux portes et se piessant jusque

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stif'iee' croisées de réilifice. Mon amie me dit qu'on interrogeait un jeune homme accusé d'nn meurtre delà nature la plus (ijrave , qu'on m'avait rapporté la veille. Je remarquai que sa culpabilité ne semblait douteuse à personne. Elle me répondit qu'il y avait, à cet égard , évidence complète, mais que le coupable serait acquitté : l'interroî^aloire et le jugement n'étrfifehû'que pour la forme, et- le dénouement était prévu d'avance. Le peuple ne voidait j)lus voii' pendre, et jusqu'au monicutoù la loi serait modiliée de manière à permettre ra))plication d'uneaulre jieine, il serait impossible d'obtenir aucune condamnation pour crime capital. Je demandai quel moyen serait employé pour tirer d'aflaire ce jeune honune, si les preuves qui s'élevaient contre lui étaient aussi évidentes qu'on le disait. On me répondit qu'on trouverait quelqu'un qui déposerait en laveur d'un alibi : le jeune homme serait à tout jamais déshonoré, et il est probable qu'il partirait ])Our l'ouest le lendemain de son acqniltemenr. Je suivis la marche de cette affaire, dont les débats durèrent longtemps. On ne pouvait douteï* qu'dh eiit supprimé une grande partie des dépositions à sa charge. Un alibi fut établi sur le témoignage d'un marchand : le jeune honuue fut acquitté, et, le londemain matin, il était en route pour Touest.

Sous prétexte que îe châtiment doit être réformatoire, le paidon des criminelsaété poussé trop loin et souvent sans que la reformation du sujet ait été sullisamment piouvée. Ce résultateston ne peut plus funeste. Unecondamnation à vieveutdire.'iénéralenient une détention pour un temj)S plus court que si un terme de dix ou seulement de sej)t ans aval tété spécifié. Tous les ])!'isonni(rs avec quij;3 me suis t-ntretenue attendaient inipaliemment leur gràee. J'ai diseiilé la (juestion avec ceux qtii étai( nt emprisoimés j)onr cinq ans, et à qiii je savais qu'il ne sej'ait peint ac-

cordé de pardon; je vis que la conviction où ils étaient que tous les autres prisonniers avaient la même perspective qu'eux faisait dans leur esprit une impression profonde. Au milieu de leur douloureux désappointement, il me fut facile de leur faire entendre raison; mais je déplorai vivement que ce fut en prison, et non au sein de la société, que cette conviction leur était donnée.

Quand 1 abolition de la peine de mort aura lieu, il sera essentiel, à la sécurité de la vertu et de la société, qu'il soit bien entendu que, sauf des cas extrêmement rares et déterminés d'avance, le droit de grâce devra cesser, et que la certitude du châtiment sera proportionnée à sa justice.

Aux yeux d'un étranger, le paupérisme n'existe pajs aux Etats-Unis; pour les résidents, c'est une occasion d'exercer leur charité toujours empressée. Il est limité aux ports de mer, aux émigiants qui reviennent dans leur pays, aux familles d'hommes intempérants ou réduits à une conrplete incapacité de travail, ou aux femmes sans famille et sans appui. La somme totale est loin d'être égale à la charité de la société, et il faut espérer ([ue, du moins en ce qui concerne les pauvres valides, le fléau d'une charité légale sera épargné à un pays où ce remède ne saurait de longtemps devenir nécessaire. C'est avec douleur que jai vu, près de Philadelphie, le magnifique asile des pauvres destiné à pourvoir magnifiquement aux besoins de douze cents personnes, surtout loisqu'on m'en eut expliqué les divers statuts, en vertu desquels les habitants de cet asile jouissent de beaucoup plus de bien-être que l'ouvrier ne périt s'en procurer chez lui, à force de travail et d'économie. Il y a dans Philadelphie un si grand nombre de personnes qui voient ce qu il y a de mauvais dans ce principe, et qui blâment celte institution^ qu'il esta espérer que rétablissement

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sera surveillé de prés, et que son enceinte sera tenue le moins peuplée possible. A Boston, on a mieux compris et mieux appliqué les principes de la charité. Là un grand nombre d'ecclésiastiques , entre autres, le père Taylor, l'ami du matelot, instruits par le douloureux exenqile de l'Angleterre, sauront, sans nul doute, épargner à leur ville le fléau d'un paupérisme avilissant dans une classe quelconque de ses habitants. Je ne connais aucune ville considérable où il y ait autant de secours mutuels, où Ton s'occupe avec plus de dévouement du bien-être de toutes les classes; j'en conçois l'espoir qu'il en résultera pour le monde la leçon la plus instructive qui ait encore été ofl'ei le sur les devoirs du riche envers le pauvre. Si les agents de la bienfaisance du riche veillent avec soin à éviter ces empiétements intellectuels et cette intervention morale, qui ont trop souvent rendu la charité inefticace ; s'ils continuent à déployer le dévouement du philanthrope, dégagé de l'inquisition impériense du prêtre, ils mériteront la reconnaissance de la société entière et l'attachement de ceux auxquels ils se dévouent.

A Boston , on a adopté un plan excellent pour empêcher la fraude de la part des pauvres, et pour que les agents de la charité publique puissent s'éclairer mutuellement. Chaque semaine, il se tient une réunion des délégués de toutes les sociétés occupées du soulagement des pauvres. Là, les délégués comparent les listes des individus soulagés, de inanièi'e à s'assurer que nul ne reçoit frauduleusement des secours de plusieurs sociéiés. Ils discutent et examiuenî les cas douteux, accordent des distribulions additionnelles dans certains cas .'graves, et enfin s assurent tous les avantages de la coopération. Peutêde n'y a-t-ii eri Angleterre aucun(> ville, à l'exception de Londres, qui soit trop étendue pour com-

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poTter une organisation semblable, et où son adoption serait un acte de grande sagesse.

Bans le sud, je ne pouvais entendre sérieusement vanter le peu d'impoitaiice du paupérisme. De même que la peste écai te toutes les maladies moins graves, de même l'esclavage obvie au paupérisme. Dans une société divisée en deux classes, dont l'une ne se compose que de capitalistes, et dont l'autre constitue une propriété, le paupérisme n'est possible que par suite du vice o)i de l'incapacité accidentelle d'individus apjiarlenant à la première classe; mais je songeais avec inquiétude au sort des esclaves invalides. Sans doute les maîtres sont tenus de prendre soin de leurs esclaves pendant toute leur vie; sans doute un grand nombre de maîtres veillent au bien-être de leurs nègres avec d'autant plus de soin , que la destinée de ces pauvi-es créatures est placée entièrement à leiu' merci ; mais il est peu d'bommes capables d'exercer convenablement un pouvoir absolu, et, s'il en est beaucoup qui abusent de leur autorité sur des esclaves valides, on frémit à penser quel doit être le sort.de ceux qui sont pour eux un fardeau. J'ai remarque un petit nombre d'esclaves idiots; ceux que j'ai vus étaient traités avec indulgence et douceur. Ce sont les seuls exemples d'infirmités naturelles dont j'aie été témoin parmi les nègres, et l'absence des antres m'a singulièrement frappée. A Colombie, Caroline du sud, un médecin, plein d'humanité, me fit voir Ibospice des aliénés qu'on piîut considérer comme son ouvrage, tant il a mis d'activité à obtenir de la législature les allocations nécessaires; il a organisé, avec bumani(é et sagesse, le plan de cet éiablissement. Pendant que, du sommet de l'édifice, j'examinais les malades dans leur préau, j'observai qu'il n'y avait parmi eux aucun individu de couleur. Lui ayant demandé si les nègres n'étaient pas, autant

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que les blancs, sujet»à lalienation mentale, il me dit qu'il le croyait, mais que, à sa connaissance, on n'a- •vait pris aucune mesure pour s'assurer du fait. A en juger par la violence de leurs passions, on ne saurait douter, en effet, que la folie existe parmi eux. Où at-on vu ces nègres aliénés? Aucune des personnes présentes n'en avait jamais vu. Il s'écoula quelque temps avant que je pusse obtenir une réponse satisfaisante à cette question ; mais mon ami le médecin me dit, à la fin, qu'il ne doutait pas que ces aliénés ne fussent tenus encbaînés dans des hangars, pour les empêcher de se faire du mal. Nul membre de la société n'est chav/^é de constater les cas de maladie et de soufl'rance parmi les esclaves qin ne peuvent euxmêmes faire connaître leur état; ils sont totalement à la merci de leurs maîtres. Le médecin me dit que, maintenant qu'il avait réalisé son projet d'un hospice d'aliénés pour les blancs, son intention était de s'occuper, avec une égale persévérance, à en obtenir un jiour les noirs. Probablement il ne rencontrera pas de grands obstacles dans cette tâche; car l'intérêt des maîtres, aussi bien que leur humanité, est intéressé à ce qu'il soit établi, par l'Étal, un asile destiné à recevoir leurs nègres inutiles ou nuisibles.

Les hospices d'aliénés des Etats-Unis fonthonnenr au pays, si j'en juge par ceux que j'ai vus. L'hospice de Pensylvanie, à Philadelphie, devrait être transporté dans un local plus éclairé et plus gai, le travail fourni plus abondamment aux aliénés , et il faudrait les encourager davantage à s'y livrer. J'ai été moins satisfaite de leur condition que de celle des autres aliénés (pie j'ai eu occasion de voir. L'institution de Wor(;cster, IMassachusetts, est admirablement dirigée par le docteurWodward. J'en dirai autant de celi(; de Charleston, prés de Boston, placée sous la direction du docteur Lee,

jeune médecin, mort depuis, p)^uré par ses malades reconnaissants, et par tous ceux qui avaient à cœur leur bien-être. L'établissement de Bloomingdale, près jSew-\ork, doit être également cité pour son excellence. Le seul défaut que j'y trouve, c'est l'absence d'un travail sullisant : ce défaut est commun à la plupart des liospices d'aliénés, et il ne dépend pas de ceux qui les dirigent qu'il en soit autrement. On met à la disposition des aliénés une grande variété d'amusements, et on les encourage dans toutes les petites occujiations qu'ils se créent; mais l'absence d un travail important et régulier ne se fait pas moins sentir. îl faut espérer que, dans rétablissement d'institutions semijlables, l'une des premières considérations sera de disposer en leur faveur d'une quantité sulFisaïUe de terrain. Une bonté vigilante et ingénieuse peut beaucoup pour alléger le malheur des aliénés ; mais, si c'est leur guérison qu'on se propose , les personnes compétentes conviennent toutes qu'iui travail régulier, ayant un but raisonnable, est d'une indispensable nécessité.

L'hospice des Aveugles, à Philadelphie, était une institution naissante quand je la vis; mais j'en fus plus satisfaite que d'aucun de ceux que j'avais vus, sans excepter celui de Boston, qui est plus considérable et dont la direction fait honneur à ceux qui en sont chargés. Ce qui me détermine à donner la préférence à celui de Philadelphie, c'est que les élèves y sont plus occupés et plus gais que ceux de Boston. La craîié des nensionnaires est la meilleure

preuve de la bonté d'une institution pour les aveugles. En général, le défaut de ces sortes d'établissements, c'est que la gaité n'y est pas assez entretenue, et que la religion l'est trop exclusivement. Le travail de l'imprimerie, pour les aveugles, a obtenu un succès prodigieux clans les institutions américaines. Je voudrais le voir employé à mettre à la portée

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des aveugles les ouvrages les ]ilus amusants qu'on pouri-aittrouver; je voudrais quo des personnes bienfaisantes se fissent un devoir d'aller, de temps à autre, dérider le front des élèves en leur lisant des livres plaisants et en leur contant d'amusantes histoires ; les aveugles-nés ont surtout besoin (pa'on écarte d'eux la tristesse, qu'on les arrache à leurs abstractions et qu'on exerce leur intelligence sur la plus grande variété possible d'objets et d'événements familiers. Il ne faut jamais leur faire entendre des paroles de condoléance; leurs amis doivent renfermer leur douleur sympathique en eux-mêmes et leur expliquer gaiment et complètement les allusions aux objets visuels qui se rencontrent dans toute lecture et toute conversation. Je souffre à entendre les hymnes et autres compositions qu'on met dans la bouche des élèves aveugles, toutes p'eines de lamentations et de résignations sur ce qu'ils ne voient pas les étoiles et la face de la nature. Celte douleur convient à ceux qui s'apitoient sur leur sort, ou à ceux qui ont perdu la vue, non à ceux qui ne l'ont jamais possédée. Dans leur bouche, ce n'est qu'un charlatanisme menteur. Quand un capitaine au long cours raconte à ses enfants !a magnificence des paysages de l'Orient qu'ils ne verront jamais, leur apprend-il à gémir et à tâcher de se soumettre patiemment à la destinée de rester chez eux? ne leur fait-il pas plutôt prendre plaisir à écouter gaiment et à retenir ce ce qu'il leiu* raconte? La face de la nature est une terre étrangère pour les aveugles-nés. Qu'on leur apprenne tout ce qui peut arriver à leur intelligence, et de la manière la plus gaie qu'on pourra. C'est dans riiospiee de Philadelphie que j'ai vu ap- ])rochcr le plus de la réalisation de ce principe dans l'enseignement des aveugles. C'était un spectacle à égayer un misanthrope que celui d'un petit Allemand, ramassé dans les rues, triste, négligé et

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aballii; mais, quelques mois après, debout, au milieu d'un f^roupe de musiciens, jouant du violon et frappant du pied de toute sa force pour marquer la mesure, et prêt à obéii' à la moindre instifjation à rire, il faut féliciter le directeur, M. Friediander, de tout ce qu'il a déjà fait.

Il est bon de remarquer ici que, tandis que quelques uns des penseurs d'yVmérique, comme beaucoup d'individus de la même classe en Angleterre, déplorent l'état peu avancé de la philosopliie dans l'étude et les notions des connaissances utiles , les étudiants adoptent alternativement les systèmes de Kanl, de Fichte, de Spurzheim , de l'école écossaise, ravalant ou exallant Locke, demandant ce que c'était qu'llartley, ou se composant un arc-en-ciel de transcendentalisme , devant comprendre tout ce qui est à la portée de la vision humaine, mais exposés à s'évanouir en vapeurs sombres au premier souffle de la réalité ; Ls étudiants s'effraient ainsi de fonder un système de philosophie mentale sur toute autre base que la méthode expérimentale, tandis qu'ils ont en euxet autour d'eux les matériaux recueillis par l'expérience. Si, comme cela est ordinaire, ils objectent la diniculté d'expérimenter sur eux-mêmes, ils ont la pathologie mentale de leurs écoles d'aveugles et de leurs institutions des sourds et muets. Je sais qu'ils écartent le phénomène de Tinsanie comme peu concluant; mais les mêmes objections ne s'appliquent pas aux deux autres classes. Que les niédilations du cabinet soient suivies avec vigueur; mais si l'on y joignait une étude sérieuse et infatigable du phénomène de Tintelligence d'individus privés d'un sens et surtout de l'usage de la parole, le monde pourrait espérer, dans la science philosophique, un progrès égal à celui que la science médicale doit à la pathologie. Sans doute, on n'oserait se promettre un résultat complet, pas plus

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cpe la médecine et l'anatomie ne peuventdécouvrir le principe vital; mais il pourra du moins nous fournir un guide au milieu de ce chaos d'idées spéculatives dans lecpiel nous sommes ballottés, tandis que c'est il peine si un petit nombre de penseurs s'accordent sur les malièrt's qu'on appelle de conscience universelle. J'aimerais à voir quelques philosophes s'occuper à découvrir et à enregistrer, pendant un certain nombre d'années, les manifestations de quelques intelligences progressives, dans des individus affligés d'infirmités spéciales. Si des Américains dignes d'entreprendre cette tache, ayant assez de force pour écarter la théorie et les préjugés et ne constater que ce qui se manifeste réellement à eux, étaient disposés à faire ce que je viens d'indiquer, j'espère qu'ils n'attendront pas qu'il y ait une classe philosophique à laquelle ils puissent se réunir.

Oîi me dit, à Washinfrton , avec un sourire moitié d'ironie, moitié de satisfaction, que (( les gens de la INouvelle-Angleterre font le bien par manie. » -J'eus donc soin d'étudier les symptômes de cette méthode de second ou de troisième ordre, de pratiquer la bienfaisance. Il en est résulté pour moi la conviction que les habitants de la ZSouvelle-Angleterre et du pays tout entier font le bien de toutes les manières, les uns mieux, les autres plus médiocrement, selon leurs lumières. J'ai vu des dames pieuses qui faisaient des vêtements pour les pauvres, mais qui retiraient l'ouvrage (son seul moyen d'existence) des mains d'une couturière ayant trois enfants, parce que son mari était eu prison. Elles me disaient que ce serait encourager le vice que d'avoir le moindre rapport a\ ce les familles d'individus coupables de délits; et, lorsque je demandais comment des coupables réformés pouvaient mettre leur réformation en pratique, on me répondait que, si je donnais de l'occupation à un individu quelconque ayant

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été en prison , je mériterais la censure de la société* Il en résulta que la couturière (jeune femme estimable) fut obligée de se retirer chez son père. J'en ai vu d'autres^ tant hommes que femmes, qui consacrent leur vie, ou les loisirs que leur laissent des devoirs encore plus pressanls, à rechercher les coupables et à leur prodiguer non les menaces, le mépris ou les reproches, mais la sympathie et les secours: tant la lumière varie dans le demi-jour de notre âge; tant l'exemple de Jésus parle éloquemment à quelques uns, tandis que pour d'autres c'est pour ainsi dire une langue inconnue. Quanta certaines méthodes de charité , rien ne saurait excéder l'intelligence, la perspicacité, la prévoyance et la fermeté qui président à leur direction : relativement h d'autres, je me rappelais la manie dont j'avais entendu parler.

Le nom des sociétés] de tempérance me revenait perpétuellement à la pensée. Comment , en effet, le vice de l'intempérance a-t-il pu atteindre à un pareil degré dans ces pays où il n'a pour excuse ni le besoin, ni les hahitLïdes de convivialité? On a quelquefois essayé de me l'expliquer, mais jamais on n'a pu me satisfaire sur ce point. C'est une question qui mériterait de graves considérations, mais elles ne sauraient trouver place ici. l'out ce que je puis dire, c'est que le vice de l'intempérance était aussi répandu en Amérique que le sont, à Paris ou à Vienne, des excès d'une autre nature. Ceux qui doutaient de reflicacité du principe d'association pour combattre ce mal moral se laissèrent entrainer en cette occasion, en voyant qu'aucun autre moyen ne se présentait. On ne se laissa point effrayer par les obstacles, on prévit ce qui est arrivé : qu'il y aurait une grande quantité de parjures, de promesses fausses ou inconsidérées,, de rechutes, d'excès de boisson secrets et solitaires ; que, si l'on sauvait quelques indi-

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vidus douteux, d'autres ajouteraient i'hypocrisie à leur intempérance, que lignorance des bigots ferait naître des schismes qui causeraient à la moralité autant de mal que rintempérance elle-même; et qu'enfin, ce qu'il y avait de pire, c'est que cette méthode ouvrirait la porte a de nouveaux périls pour la liberté de conscience. Maigre ces prévisions fondées , bien peu eurent la force de résister au mouvement. A ceux qui refusèrent leur coopération, on adressait le même reproche qu'on adresse maintenant à ceux qui adhèrent au principe des premiers fondateurs.

Quoi qu'il en soit, Tintempérance a prodigieusement diminué, autant peut-être qu'avaient pu l'espérer les premiers auteurs du mouvement. Les boutiques de spiritueux ont été fermées par centaines. Quelques ivrognes ont été réformés, un grand nombre de jeimes gens qui semblaient en danger de devenir un fléau pour la société sont maintenant des citoyens sobres. La question est de savoir si les causes de l'intempérance antérieure ont été découvertes et déracinées. Bans le cas contraire, on a tout lieu de croire que le contrôie de l'opinion sur el!c ne sera que temporaire, et que l'amélioration actuelle fera place à un état de choses tout aussi funeste qu'auparavant.

A présent, l'effet de l'exemple diminue de jour en jour. Ceux-là seuls qui n'ont point pris d'engagement exercent , par leur conduite, une influence morale; on sait que tous les autres sont liés. La vertu, enchaînée par un vœu, n'a aucune force spirituelle; les plus raisonnables ont expressémeiU limité leur promesse à s'abstenir des liqueurs distillées; mais ils ont beaucoup de peine à se maintenir contre les attaques des bigots, qui les accusent de ne point en faire assez et qui excommunient quiconque n'imite pas leur exemple; pour eux, ils bannissent

même le vin et interdisent, dans les tavernes et les maisons particulières, l'usage de la bière et même du café. La superstition, l'importance donnée à la forme, à l'exclusion de l'esprit, se révélèrent étrangement à cette occasion. Un homme, ayant été amené ivremort dans un corps de garde, soutint, le lendemain matin, devant le magistrat, qu'il était impossible qu'il fut ivre, alléguant pour motif qu'il était membre dune Société de tempérance. La soumission de la conscience à un contrôle étranger est également une conséquence nécessaire de cet état de choses. Par exemple, une femme était dangereusement malade; on lui prescrivit de l'eau de vie; le mari courut chez son ministre pour obtenir la permission de lui en procurer. Il est vrai que ce sont là des cas exceptionnels; mais l'effet de ces sortes d'institutions sur les esprits faibles doit être étudié, précisément parce que c'est pour les esprits faibles qu'elles sont créées.

Ma conviction personnelle est que les institutions, excellentes pour des objets positifs, ne sont pas des instruments convenables pour atteindre un but moral ; que rien ne prouve encore que le principe de l'empire sur soi-même ait été augmenté et fortifié aux Etats-Unis par les Sociétés de tempérance, tandis qu'il est constant que la déférence déjà trop grande pour l'opinion et la soumission aux empiétements intellectuels ont été beaucoup augmentées; qu'en conséquence, quelque grands que puissent être les résultats visibles de cette institution , on reconnaîtra, peut-être un jour, qu'ils ont été trop chèrement achetés. J'ai tout lieu de croire que cette opinion est partagée par un grand nombre de personnes aux États-Unis, spécialement par des médecins éclairés, les meilleurs juges en cette matière. Ce qui seml)le encore confirmer ce fait, c'est que, de jour en jour, il se maiiirestc une répugnance évidente pour

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les associations dont le but est moral, et un atlachenieiit toujours croissant pour celles qui ont un but positif. A ceux qui A'ivront alors la majorité fera voir un jour qui a tort et qui a raison.

Quoique cela soit à peine nécessaire , il est bon d'indiquer en quoi diffèrent,, relativement à ce principe, les Sociétés de tempérance et les Sociétés d'abolition. Le lien des Sociétés de tempérance est un engagement ou un vœu relatif à la conduite personnelle de celui qui s'engage. Le lien des abolitionnistes est la reconnaissance d'un principe qui doit être mis en action par des moyens positifs, des cours, des publications , des souscriptions dans un but de bienfaisance. Nul n'est lié dans sa pensée, ses paroles ou ses actes. Quelques Sociétés de tempérance n'ont point voulu contraindre à prendre des engagements et ont restreint leurs efforts à répandre des lumières sur la pathologie de l'intempérance, et sur les effets qui en résultent pour la moralité sociale et individuelle. Des associations renfermées dans ces limites non seulement sont inoffensives , mais elles peuvent même être d'une utilité très grande.

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