‹ Voyage aux États-UnisChapitre 16 sur 26 · LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE

Un pays sans lltt('iatnrc uationalfi, on Jont la littérature est troj) insignidaute , doit toujours être , j)our ses VDisiî)s, du moins sous les rapporis intellectuels les plus intéressants, un pays inconnu et mal apprécie. Ses villes peuvent figurer sur nos cartes ; ses revenus, sa population, ses manufactures, fcs relations jiolitiques peuvent être consignes dans les ouvrages de statistique : mais le caraclère du peuple n'a ni symbole ni organe, nousnepou\"ons les connaître par la parole, mais seulement par la vue et robsei'^^alion extérieure de leurs moeurs et de leurs actes. Or, si la a iip et la parole réunies, si les récits des voyageurs et la littérature indigène sont inefficaces sous ce rapport, qu'est-ce donc, à plus forte raison, quand on est re'duit au preniier de ces moyens I

(Rei'iie (l'Edimbourg, vol. xlvi, p. ooq )

Une nation n'a qu'un moyen pour exprimer son esprit général : c'est sa littérature. Les livres populaires .sont les idées du peuple, qu'un individu a revêtues des formes du langage. Pour un peuple qui se gouverne lui-même, un autre moyen existe encore : la législation; elle est, tout aussi bien que la littérature, l'expressionde l'esprit général.

Si l'on jiige de l'esprit général de l'Amérique par sa législation , il est d'un ordre très élevé; et, en effet, les premiers principes de la morale y sont plus respectés que dans aucune autre combinaison sociale connue jusqu'ici; mais si on jugeait de, la nation américaine par sa littérature, on en pourrait conclure qu'elle n'a pas d'esprit général; toutefois ces deux contradictions peuvent se concilier. L esprit d'une nation p;randit comme celui d'un individu, et sa

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