RECETTES ET DEPENSES
ïl y a moins à dire sur ce chapitre aux États-Unis que dans tout autre pays. Quand on sait que les États-Unis sont embarrassés de l'excédant considérable provenant de la vente des terres publiques , on n'a pas besoin d'en savoir davantage. L'étranger entend articuler dans le sénat de nombreuses plaintes sur l'accroissement des dépenses publiques, et voit d'honorables membres de la Chambre des re- ]jrésentants froncer le sourcil comme si la nation allait être plongée dans un gouffre de dettes. Mais ce dont on se plaint et ce qu'on redoute, ce n'est pas l'étendue des dépenses , c'est l'augmentation du patronage exécutif.
Les douanes sont la ressource principale des recettes du gouvernement général. Les droits sont en cours de réduction d'année en année. La ressource qui vient immédiatement après résulte de vente des terres publiques : on peut la considérer comme inépuisable, tant est vasîe le territoire encore inoccupé, tant le nombre des colons augmente avec rapidité.
Cet heureux pays est exempt du fléau d'un système d'excisé , et c'est ce qui en fait le lieu de résidence le plus désirable pour les fabricants qui apprécient la liberté pratique dans la direction de leurs affaires privées, et la loyauté parmi leurs ouvriers.
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Le brasseur et le verrier ne voient pas le percepteur plus fréquemment que les autres citoyens. L'administration des postes en Amérique est établie dans l'intérêt du peuple et non dans un bat fiscal; et il suflit qu'elle paie ses propres dépenses. Les patentes , la monnaie , les phares rapportent aussi quelques faibles sommes. Mais tout cela est peu de chose comparé aux produits des deux sources principales, les douanes et les terres publiques (i).
Les dépenses du gouvernement général ont pour objet les traitements, les pensions (trois ou quatre cents livres sterlinp;), les piouvernements territoriaux, la monnaie, les travaux topographiques, les améliorations, le recensement et autres services publics, ainsi que l'armée et la marine.
La somme la plus forte de la liste civile se compose des allocations aux membres du congrès , qui reçoivent huit dollars par jour, pendant toute la durée de la session, sans compter leurs frais de voyage.. Le traitement du président est de 23,000 dollars : le .vice-président en reçoit 5,ooo; chacvm des secrétaires d'État et le directeur général des postes, 6,000; le procureur général, 4,000.
Les sept juges de la Cour suprême sont rétribués avec la même modération que les autres membres du gouvernement fédéral. Le président de la Cour a 5, 000 dollars ; les six juges adjoints, 4,5oo chacun.
Le nombre des officiers de l'armée des États- Unis était, en i855, de 674 ; celui des sous-ofticiers et soldats s'élevait à 7,547. Total de l'armée des États-Unis, 8,221.
Dans la marine, il y avait, en i855, 57 capitaines et 40 lieutenans. La marine se composait de 12 vaisseaux de ligne, i4 frégates de première classe, Dde
(i) Voir l'appendice B.
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soronde classe, i5 sloops de f^uerre, 8 schooners.
Les recettes et les dépenses de la plupart des Étals sont si faibles, que leur élat financier annuel ressemble au livre de dépenses d'une famille. La principale source de revenus est l'inipôt foncier, dont la proportion varie dans chaque Élat. D'autres sommes sont produites par les patentes , les amendes et les péages. Dans la Caroline du sud, on a mis un impôt sur les gens de couleur libres!
Le traitement le plus élevé payé au gouvernement d'un État est de 4^000 dollars (New- York et Pensvlvanie) ; le plus bas est de 400 dollars (Rhode- Island). Les autres dépenses, en dehors de celles du gouvernement, ont pour objet la dépense de l'État (en Pensylvanie environ 40 libres sterling); l'éducation, 2,000 livres sterling; en Pensylvanie, la njème somme; les prisons, les pensions et les améliorations locales (i).
Telle est la situation financière d'un peuple où le petit nombre est individuellement ou très riche ou très pauvre, où tous travaillent et se gouvernent euxmêmes en choisissant parmi eux les honuiies chargés de la direction des affaires communes. Ils jouissent de tous les avantages que peuvent donner la nature ou les circonstances, et n'ont à combattre que contre leur propre inexpérience. Aussi longtemps que les dépenses de l'État seront aux dépenses de l'éducation , dans la proportion de 40 livres à 2,000 livres, et même à 80,000 livres sterling (moulant de Fimpùt actuel des écoles dans le Massachusetts), on a tout à espérer et rien à craindre. La raison des chiflVes est incontsetable, quelque insignifiants quils doivent paraître aux yeux de ceux qui n'aiment ni la statistique ni ses enseignements positifs. Ceux que nous venons de
(ly Voir l'appendice C.
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citer révèlent une condition et un avenir en présence desquels toute crainte pour la paix et la vertu des États doit s'évanouir. Des hommes qui se gouvernent eux-mêmes et mutuellement, avec des moyens aussi modérés et dans un but aussi irréprochable, ne sont pas gens à tomber dans le désordre, pas plus qu'à se soumettre au despotisme.