‹ Voyage aux îles de la mer du Sud, en 1827 et 1828, et relation de la découverte du sort de La Pérouse (volume 2)Chapitre 10 sur 37 · XX VIII · texte numérisé non relu

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qu une grande partie des pirogues qui étaient le long du bord, nous suivait et venait à la même anse; nous^ vîmes aussi , le long des rochers qui la séparent des baies voisines, beaucoup de naturels qui sj rendaient des antres villages. Arrivés au récif qui forme Fanse de laiguade, et qui ne laisse pQur les canots qu'un passage étroit et peu profond, nous reconnûmes qae la mer était basse, et quç les chaloupes ne pouvaient entrer dans Vanse sans échouer : effectivement elles touchèrent à demi-portée de fusil du rivage^ dont nous n'approchâmes qu'en les poussant sur le fond avec les avirons. Cette baie s'était présentée au capitaine sous un point de vue plus favorable, parce que la mer était moins basse quand il en avait fait la reconnaissance. » A notre arrivée, les sauvages qui bordaient la câte^ au nombre de sept à huit cents, jetèrent dans la mer, en signe de paix, plusieurs branches de l'arbre dont les insulaires de la mer du Sud tirent leur boisson enivrante. En abordant, M. de Langle donna des ordres pour que chaque embarcation fût gardée par un soldat armé et un matelot, tandis que les équipages des chaloupes s'occuperaient à faire de l'eau, sous la protection d'une double haie de fusiliers qui s'étendrait dçs chaloupes à l'aiguade; Les futailles remplies, on les embarqua tranquillement^ les insulaires se laissaient assez

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» contenir par les soldais armés. II j avait parmi "eux un * certain nombre de femmes et de filles très-jeunes, qui » sofiraient à nous de la manière la plus indécente y et > dont les avances ne furent pas universellement rejetées; < nous n 7 vîmes que quelques enfans.

» Vers la fin du travail , le nombre des naturels aug* menta, et ils devinrent plus incommodes. Cette circonstance détermina M. de Langle à renoncer au projet qu'il avait eu d*abord de traiter de quelques vivres ; il donna ordre de se rembarquer sur-le-champ ; mais auparavant, et ce fut, je crois, la première cause de notre malheur, il fit présent de quelques rassades à des espèces de chefs, qui avaient contribué à tenir les insulaires unpeu écartés: nous étions pourtaQt certains que cette police n'était qu*un jeu; et, si ces prétendus chefs avaient en effet de lautorité, elle ne s*étendait que sur im très-petit nombre dliommes. Ces présens, distribués à cinq ou six individus, excitèrent le mécontentement de tous les autres; il s*éleva dès lors une rumeur générale, et nous ne filmes plus maîtres de les Contenir : cependant ils nous laissèrent monter dans nos chaloupes; mais une partie de ces insulaires entra dan& la mer pour nons suivre, tandis que les autres ramassaient des pierres sur le rivage.

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• » Comme les chaloupes étaient échcmées un peu loin 9 de la grève, il fallut nous mettre dans Teau jusqu'à la » ceinture pour y arriver; et, dans oe trajet , plusieurs

• soldats mouillèrent leurs armes : c'est dans cette situa- » tion critique que commença la scène d'horreur dont je » Tais parler. A peine étions-nous montés dans nos cha- » loupes I que M. de Langle donna ordre de les dé- » chouer et de lever le grappin : plusieurs des insulaires » des plus robustes voulurent sy opposer en retenant le » cablot. Le capitaine, témoin de cette résistance , voyant » le tumulte augmenter, et quelques pierres arriver jus- » qu à lui, essaya, pour intimider les sauvages, de tirer un » coup de fusil en lair; mais, bien loin d^en être effirayés*,

• ils tirent le signal dune attaque générale : bientôt une

» grêle de pierres, lancées avec autant de force que de » vitesse, fond sur nous; le combat s engage de part et » d autre et devient général ; ceux dont les fusils sont en » état de tirer, renversent plusieurs de ces forcenés , mais » les autres Indiens n*en sont nullement troublés et sem* 1» blent redoubler de vigueur; une partie d'entre eux » s'approche de nos chaloupes, tandis que les autres, au » nombre de six à sept cents, continuent la lapidation la » plus effrayante et la plus meurtrière.

» Au premier acte d'hostilité, je m'étais jeté à la mer

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