‹ Voyage aux îles de la mer du Sud, en 1827 et 1828, et relation de la découverte du sort de La Pérouse (volume 2)Chapitre 29 sur 37 · IP* 386 M · texte numérisé non relu

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qu'ils étaient à bord, Tud d'eotre itux vok une hache , ce qui alarma tellemeot les autres , par la crainte d'être enveloppes dans le châtiment du voleur, qu'ils avaient tous sauté à la mer, pour gagner la terre à la nage. Un canot ayant été aussitôt mis à l'eau et envoyé à leur poursuite , un naturel avait été saisi et amené à bord du navire ; c'était son frère. Pendant long-tems, on avait supposé que les Américains l'avaient tué ; mais un sergent du bâti-* ment le Port-au-Prince lui avait appris qu'it était arrivé sain et saufen Amérique , qu'il en était en* suite reparti pour l'Angleterre où il s'était engagé , et était alors-grosse caisse dans la musique du duc d^ork. Elle me pria avec instance de lui dire si la chose était vraie* Je lui dis que je ne pouvais le sa* voir, n'ayant pas été en Europe depuis vingt ans , mais que je m'en informerais.

Thuhaou me demanda en déjeunant où étaient situées les iles Mannicolo, parce que les habitans de Tonga, dans tous leurs voyages aux îles, même assez éloignées de leur archipel , n avaient jamais entendu parler des Mannicolo. Je lui dis qu'elles étaient voisines de Tucopia. Il ne connaissait pas davantage cette dernière ; cependant il me demanda si elle n'était pas proche de Rothuma. Je lui dis qu'elle en était assez voisine et que , pour y aller, je passerais à Rothuma.

II me dit alors quWeflotille de pirogues était rêve-

mie depuis peudes lies des Navigateurs, ctenavait ramené deux Rothumieos qui avaient dérivé jusqu'à ces îles, et qui désiraient beaucoup retourner dans leur pays. Je consentis à les prendre à mon bord, et Tun d*eux s'embarqua dans Taprès-midi. J'appris de cet homme que , de compagnie, avec quelques autres de ses compatriotes, il était parti de Rothuma , il y avait à peu près huit ans , pour une île située au nord-est , et nommée Wythubou , afin de s'y procurer des coquilles ; que les vents contraires les empêchèrent d'atteindre celte île, et qu*après avoir dérivé pendant trois mois , ils avaient pris terre 4 une île qui se trouve êti*e Tune des Hamoa ou îles des Navigateurs , dont les naturels les traitèrent fort bien. Il ajouta que quelque^uns de SCS compagnons étaient encore sur cette île.

Je trouvai dans ce récit une preuve très convaincante de la justesse de mon opinion , que ht mou^ son du N. O. se fait sentir par ces latitudes à certaine époque de l'année. Car, autrement , comment •aurait-il pu se faire qu'une barque , aussi frêle qu'une pirogue , fît la traversée de Rothuma , latitude de i2<^ 3o' S., et longitude de 177* E. jusqu'aux îles des Navigateurs , latitude de i3® 27' S., et longitude de 171*57' O. ?

Mon vieil ami Tuckafinaoua , grand-prétre et chef de Mafahga , m'ayant entendu parler de Rothuma, me demanda si je me proposais d'y tou-

cher. Il me dît alors que les prêlres de cette île étaient ses tributaires , et que, environ trois ans auparavant , il avait envoyé son fils aîné avec trois grandes pirogues pour percevoir le tribut , et qu'il n'était plus revenu ; qu'il craignait que son fils , et ceux qui l'accompagnaient , ayant offensé les dieux , n'eussent été mis en dérive soit en allant , soit en revenant de Rothuma. Il désirait , en conséquence, faire partir avec moi quelques-uns de ses sujets pour tâcher d'avoir des nouvelles de son fils , et percevoir les arrérages du tribut que devaient les chefs et les prêtres de Rothuma. J'y consentis , autant pour obliger le bon vieux chef qui m'avait été si utile , que parce que n'ayant pas à bord d'interprète de la langue Touga , ces hommes m'en serviraient , si je venais à rencontrer les deux insulaires d'AnamouLa, qui en étaient partis sur les vaisseaux de Laouage. Je supposai que, dans le cas où ces hommes eussent échappé au natifi:*age près de Mannicolo , ils seraient , selon toute probabilité , reste's dans ces îles plutôt que de se risquer à faire un autre voyage avec les étrangers sur le petit bâtiment qu'ils avaient construit à Paiou, d'après ce que Martin Bushart tenait des Tucopiens.

Dans la soirée Tuckafinaoua m'amena sa fille, âgée de quatorze ans , son second fils et un de ses sen'itcurs , comnie étant les personnes qu'il désirait envoyer à Rothuma. Je n'aurais pas voulu

recevoir tous ces individus , si je n*eusse compte avoir occasion de toucher à Tonga, en revenant, attendu que c'était le seul endroit où je pusse mç ravitailler dans le cas où je n'aurais pas réussi à trouver les débris des vaisseaux de La Pérouse aux M annicolo de» Tucopiens. J'eusse alors dû visiter IcMallicolo du Capitaine Cook, pour voir ce que j'y pourrais apprendre concernant l'objet de notre expédition. Pour atteindre cette dernière île, j'aurai» été obligé d'aller chercher les vent» variable» , et , aprè» la perte de tems que cela m'eût causée , j*aurais eu besoin de revenir faire des vivres à Tonga.

Je considérai que si je réussissais à déterminer les trois personnnes que m'avait confiée» le grand-^ prêtre de Tonga, ou l'une d'elles, à m'accompagner pendant le cour» de mes recherches, je pourrais, en les traitant bien , me mettre encore plus avant dan» les bonne» grâce» de ce chef, et m'assurer, pour moi et mon équipage , un renouvellement de bons office» de sa part. J'étai» en outre porté à emmener ces trois personnes , d'après la circonstance suivante. J'avais rencontré à Tongatabou une Otaïtienne qui avait résidé pendant quinze ans aux île» des Amis, et par conséquent en connaissait bien la langue ; et comme je parle couramii^ent celle d'Otaïti, j'avais pensé que cette femme m^ serait utile comme interprète , et je l'avais engagée I. 19

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en cette quaKté; mais, après aYoir reçu de moi quelques présens , elle avait déserté.

Du a5. Au point du jour, le tems m'ayant paru favorable , je mis sous voiles ; mais , à sept heures et demie le ciel s'étant couvert de nuages , je laissai de nouveau tomber l'ancre par dix-neûf brasses d'eau , attendu, que , faute d un ciel dair^ je n'aurais pu discerner les nombreux amas de corail dont

4a baie est parsemée.

Aneufheures et demie, j'envoyai mon second avec Langhi , le pilote de Tonga , sonder la baie du côlë de Touverture que laissent entre eux les rëcife , afin dereconnajtre exactement la route qu'il fallait suivre dans ce chenal , parce que je craignais de ne pouvoir k franchir, si le vent venait plus à Test que TE. S. E.

A dix heures , le tems devint tout-Vfait sombre, et il tomba une forte ondée de pluie. Je me re* tardai comme u»ès-heureux d'avoir laissé retomber l'ancre à propos. Lès relèvemens de notre mouillage actuel étaient : Pangimodou , S. E. »/< S.; Ma-* kaha, S. E. V4E.; Tafa, E. 3» N. distance d'un

mille et demi.

En ce moment le vieux chef de Mafanga partit de terre dans une grande pirogue , à la voile , pour venir à bord du vaisseau. Il n'ayaît pu comprendre nol^e motif pour mouiller tant au large , et pensait que nous avions échoué , ou que quelqu'un de nos hommes était déserté.

^ agi ^

Au retour du canot , mou second me fit le rapport suivant, que jïnsère ici en £aiyeur des navigateurs qui pourront être dans le cas de sortir de cette baie.

« Nous nous dirigeâmes , en partant du vaisseau , au N. O. 5"* N. du compas » et au N. O. jusqu'à ce que nous fussions près de Fouverture des rë-

u Celui de la gauche se prolonge au-delà de la grande île d*Otata , depuis un miUe et demi jusqu'à deux milles. Nos sondes , depuis le vaisseau jusqu'à la passe, ont variff de i8 jusqu'à lo et 8 brasses à loucher les récifs. Les sondes en travers de la passe, de la gauche à la droite , ont été de 8 à i5 brasses. Cette passe est large d'un bon demi-mille anglais. La direction de la passe est N. N. O. En revenant vers le vaisseau nous gouvernâmes au S. £. et au S. E. 5® S. Nos sondes varièrent de i8 jusqu'à 7 brasses. Là où nous eûmes 9, 8 et y, c'était sur des amas de corail ; depuis 16 jusqu'à 18, le plomb rapportait de la vase et du sable. »

D'après ce qui précède , il est certain que cette passe est la meilleure pour sortir^ et pour la gagner, les navires doivent , en partant du mouillage de Pangimodou, gouvemerduN.-0.au N-.O. '/4N. et N. du compas jusqu'à ce qu'ils relèvent l'île de Tafaà l'Ë. 'i^ N. distance d'un mille et, demi, et alors gouverner de nouveau du N.-O. au N.-O. '/^ N*

pour franchir la passe. S*îl arrivait que le vent fût au N. £., un navire peut la franchir en faisant le N. N. 0. 4 c'est-à-dire tenant le plus près. ' Nous ne vîmes le long du bord qu'un trèsTpetît nombre de pirogues, apportant des cocos et du poisson. J*achctai pour un bachot six poissons trèsbeaux pesant chacun de cinq à six Evres. Us res« semblaient assez aux schnappers du* port Jackson qui pèsent de douze à vingt livres.

Du 26. Au point du jour, le tems était encore^ trop couvert pour que je pusse distinguer les amas de corail , et je ne jugeai pas à propos de mettre sous voiles.

La pirogue de Langhi portant une voile triangur laire vint d'une des îles rejoindre le. vaisseau. Ce pilote me proposa de voguer devant le vaisseau pour nous montrer la route* J'acceptai son offre avec plaisir.

A huit heures et demie , les nuages se dissipèrent et le soleil se montra. Ses i^yons se réfléchissaient d'une manière très -brillante sur les récifs et les bancs dç corail. A neuf heures, je mis sous voiles et fis gouverner derrière la pirogue du pilote ; notre, route fut du N.-O. »/< N., jusqu'au N. N.-O. -

A dix heures et demie , nous eûmes franchi la passe. Je fis mettre en panne pour attendre la pir<>gue de Langhi qui vint nous accoster. Je lui donnai, sur sa demande , un fusil , un peu de poudre

et une paire de rasoirs, comme salaire pour son pr*. lottage ; il partit très-satisfait.

Pendant que nous traversions la chaîne de réciis le tems était très-clair, et je pus discerner parfaitement à l'est deux autres passes, Tune beaucoup plus large que celle où nous étions. Je suppose que chacune de ces passes a plus d'un-^mille de largeur^ Aussitôt que le pilote nous eut quittes , je me diri-geai vers les îles de Hanga Tonga et de Hanga Hapai que Ton voyait de dessus le pont. A quatre heures et demie , après midi , ces îles nous restaient à TE. '/^N.-E. du compas, distance de 2 milles. A six heures moins un quart, File de Tiffoua était très^ visible de la dunette et nous restait au N. '/4 N.-E., distance de 8 ou 9 lieues. Je fis gouverner au N. '/4 N.-O. pour passer dans l'ouest de Tiffoua et aussi de Latey.

Mes passagers et interprètes pour Rothuma, savoir le chef de cette île et les trois naturels de Tonga furent très-malades du mal de mer pendant cette cburte traversée. Ils m'assurèrent qu'un remède souverain contre ce mal était l'eau d'un coco à moitié mûr et rôti. Ayant à bord des cocos, je donnai ordre d'en faire rôtir tant que mes malades voudraient user de leur spécifique.

Du 27. A six heures du matin, l'île Oghao ou Grande-Montagne de Morillo était en vue, et à huit heures son pic commença à dîsçaraHre. Nous pûmes

facilement distinguer le commet dé celte montagne quoique à la distance estimée de 52 milles. Je suis persuadé que , par un tems clairt on peut Tapercevoir à 80 nulles.

Nous avions un homme en vi^e à la tête du grand mât pour observer l'île de Latey ; mais nous passâmes sans la voir. Latey n'est pas très-élevée» et la réflexion du soleil sur la meri de ce côté , nous . empêcha sans doute de l'apercevoir à la grande distance où nous en étions.

Les vents alises furent assez forts pendant toute la journée. Latitude à midi, 18® 22' S.) longitude, 175** a4' 0*î thermomètre à l'ombre à midi, 74*.

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