CHAPITRE XIII
Tra yersée de la Nouvelle-Zélande au port Jaekson.— Séjour dans
ce port.
Du 27 décembre 1827. Depuis notre départ de la Nouvelle-Zélande , nous avions eu beau tems avec des brises modérées, mais très -variables.
N'étant pas éloigné de terre , je fis diminuer de voile à dix heures du soir et mettre le cap à l'est. Je désirais venir prendre connaissance de la terre près du port Stevems , à cause des vents de nord-est qui régnent dans cette saison , et aussi parce qu'un courant de deux à trois nœuds porte vers le sud pendant les mois de décembre, janvier , février et mars. Je savais que durant un de ces mois un navire venant du sud était
arrivé en vue de l'entrée du port Jackson et était resté quinze jours en dehors par l'effet du courant qui le poussait vers le cap Howe.
Du 28. A une heure du matin , je fis mettre toutes voiles dehors et reprendre la route à l'ouest. A quatre heures et demie , la côte de la Nouvelle-Galles se voyait de dessus le pont f restant
à l'ouest , distance de six ou sept lieues. A sept heures , le vent vint du sud-ouest et je fis gouverner sur le cap Hawke ; à neuf heures je virai vers le sud-est. Nous étions alors à deux ou trois lieues de terre, le port Stevens en vue dans la direction du sud. Notre latitude observée à midi était de 32° 25' S., et notre distance de la terre environ quinze milles. A trois heures , il s'éleva une légère brise de mer;. j'en profitai etjeprolongeai la côte, courant au S.-O. , toutes voiles dehors.
. Du 29. Au point du jour , nous apercevions la côte , mais elle était tellement embrumée qu'il était impossible de discerner quelle partie nous avions en vue. A onze heures du matin , le brouillard se dissipa et nous distinguâmes le phare du port Jackson. Nous louvoyâmes toute la journée pour gagner l'entrée de ce port. Dans la soirée je fis tirer des coups de canon par intervalles et hisser des fanaux comme signal pour appeler un pilote. A neuf heures et demie , nous étions au moment de donner entre les deux têtes du port , quand un grain violent accompagné de pluie vint nous assaillir. Nous entendîmes quelque bruit sur l'eau , mais nous ne pûmes distinguer aucune embarcation. Je fis mettre en travers pendant quelque tems , et je vis approcher une barque : c'était un bateau pilote. Peu de tems après
nous allâmes jeter l'ancre dans la baie dé Watson par sept brasses d'eau. Aussitôt mouilles , je réglai les quarts pour nous mettre en garde contre toute surprise 4e la part des convicts , qui , depuis quelques anne'es , avaient réussi à enlever plusieurs navires.
La baie de Watson est éloignée d'environ sept milles de la ville. Mes motifs pour choisir ce mouillage étaient de maintenir le bon ordre et la discipline parmi mon équipage , ce qui eût été difficile dans le voisinage immédiat de la ville, de faire respirer le bon air à mes malades dans un lieu isolé et tranquille , et enfin de préserver mes matelots de tous les pièges qui leur eussent été tendus pour les faire déserter ou les dépouiller de leur argent et de leurs bardes. Peu de tems après que nous eûmes jeté l'ancre , il nous vint un autre pilote. 11 avait piloté un navire venant de la terre de Van Diémen , et dont le capitaine lui avait appris que la corvette française V Astrolabe était en relâche dans la rivière de Derwent.
Du 3o. Au point du jour , je partis pour la ville, où j'arrivai à huit heures. J'eus une entrevue avec un M. Raymond, qui exerçait un emploi dans les douanes. Je lui dis que ma relâche dans ce port avait pour objet de me procurer des vivres et de refaire mon équipage , qui
était en mauvaise santé , enfin que je comptais demander au gouvernement de la colonie un prêt pour le compte de celui du Bengale. Il me répondit qu'il aurait occasion , dans la matinée , de voir le gouverneur , et. qu'il ferait part à son excellence de ce que je venais de lui dire.
Quand je revis M. Raymond , il m'annonça que le gouverneur me renvoyait au secrétaire de la colonie. J'allai voir ce dernier, qui me dit que, quand les bâtimens de S. M. avaient besoin de provisions , il était d'usage que le boursier achetât dans la ville les objets nécessaires , et qu'il les soldât en négociant , s'il le pouvait , des traites sur le gouvernement de la métropole ; mais que, s'il ne trouvait pas à placer ces traites , le gouvernement colonial lui avançait la somme qu'il lui fallait pour payer ses achats. Il me conseilla de faire de même vis-à-vis du gouvernement du Bengale , et me dit que , si je ne réussissais pas, selon toute probabilité , les autorités locales m'assisteraient.
Du 3 1 . Désirant régler promptement mon affaire, je me présentai chez les négocians aussitôt que leurs comptoirs furent ouverts ; mais tous réclamèrent un fort escompte. Ils alléguaient à ce sujet le peu de commerce que la colonie fai- j sait avec F Inde f ce qui ne donnait lieu qu'à de faibles remises pour Calcutta ; néanmoins ils dé-
claraient être disposes à m'obliger au taux mo-? dique de dix pour cent. Quelque loyale que Ton considc'rât au port Jackson cette manière de traiter les affaires , elle ne cadrait pas avec mes idées ; il me semblait que mes billets étaient aussi boni que ceux d'un boursier de la marine royale, qui, au lieu de payer un escompte de dix pour cent f recevait une prime de trois. Je résolus donc de ne point conclure avec des négocians , et d'exposer ma situation au secrétaire de la colonie.
Le maître de port vint me trouver et m 'intimer l'ordre de faire entrer mon vaisseau dans le port. J'alléguai, pour qu'on m'en dispensât, les motifs exposés plus haut. Il insista avec beaucoup de chaleur , et, afin de prévenir une mésintelligence ou de l'empêcher d'adresser aux autorités un rapport qui eût pu me porter préjudice pour des affaires d'un autre genre, je cédai. Si le vaisseau fût demeuré où il était, il n'aurait eu à payer que les frais de pilotage ; mais , une fois dans l'enceinte du port , la personne en question avait droit à une bonne-main de deux guinées. Or, je le demande, dans l'état de santé où était mon équipage , n'eût-il pas mieux valu laisser le vaisseau en dehors du port , plutôt que de l'y faire entrer et d'exposer la ville à une contagion , pour un intérêt si mesquin ?
Du i er janvier 1828. Comme c'était un jour férié , je ne crus point devoir importuner le* auto-.
rités en leur rendant compte du mauvais succès de mes démarches auprès des négocians. Au surplus, on me donna à entendre que je ne devais guère compter sur quelque assistance de la part du gouverneur.
Du 4- Ayant trouvé dans le port la goélette des missionnaires de la Nouvelle-Zélande , je saisis cette occasion pour leur renvoyer deux douzaines et demie de bouteilles de vin, en retour de la douzaine et demie qu'ils m'avaient prêtée lors de ma dernière relâche.
. J'avais écrit le 2 au secrétaire de la colonie pour lui faire part de la difficulté que j'éprouvais à négocier mes billets , et le prier d'exposer ma situation au gouverneur , afin qu'il ordonnât de me faire les avances nécessaires pour empêcher le départ du vaisseau d'être retardé.
Un passager du brick le Hind qui venait d'Hobart-Town , d'où il était parti le 29 du mois dernier , m'informa que la corvette française YA*iro~ lobe était à l'ancre dans la rivière, et que les officiers avaient été traités somptueusement par les autorités locales. Combien était différent le traitement que j'avais éprouvé des mêmes autorités !
Du 9. Ayant été très-indisposé pendant trois jours, je n'avais pu # descendre à terre. Hier, un des agens du gouverneur vint à bord pour reconnaître quels étaient les vivres et munitions dont
j'avais besoin, et évaluer la dépense de ces objets. 11 avait aussi des instructions pour examiner les objets que je rapportais de Mannicolo. N'étant pas en état de le seconder dans ses opérations , je le priai de revenir aujourd'hui pour dresser de concert l'état des choses dont il était indispensable d'approvisionner le vaisseau. Cet agent revint en effet accompagné d'une autre personne. J'avais donné ordre d'arranger tous les articles provenant de Mannicolo de manière qu'on pût les examiner facilement. Ces messieurs parurent très-satisfaits et déclarèrent que les objets qu'ils venaient de voir ne laissaient aucun doute sur la réalité de la découverte que j'annonçais avoir faite.
Du 14. Hier soir, je reçus une lettre du secrétaire de la colonie qui m'annonçait que le gouverneur avait bien voulu m'accorder une somme de 5oo livres sterling sur mes billets. Cette somme étant de beaucoup trop faible pour couvrir les dépenses du vaisseau , je supposai que la personne chargée de faire connaître mes besoins n'en avait pas présenté un aperçu exact. En conséquence j'écrivis au secrétaire de la colonie pour lui remontrer que les dépenses mensuelles de mon vaisseau s'élevaient de 1000 à 12. 0 livres sterling , et qu'avec la plus sévère économie , il me fallait au moins la première de ces deux sommes ; je le priais en même tems de prendre l'avis de deux armateurs respec-
tables , relativement à la somme strictement nécessaire pour mettre le vaisseau en état de reprendre la mer. >
Vu 19. Hier soir a huit heures, il m'arriva une lettre du secrétaire de la colonie , par laquelle il m'annonçait que le trésorier avait reçu ordre de m'avancer 1000 livres sterling en échange de billets tirés par moi sur le gouvernement du Bengale. Je me rendis ce matin , sans perdre de tems , au trésor ; mais il y avait tant de formalités à remplir, que je dus attendre depuis dix heures jusqu'à trois. Enfin je reçus un mandat que j'allai sur-le-champ remettre entre les mains de mes agens, leur recommandant d'apporter la plus grande diligence à me procurer tout ce qu'il me fallait.
Vu 28. Tous mes préparatifs de départ s'étant trouvés terminés hier, j'avais invité le pilote à venir à bord ce matin.
Depuis une quinzaine de jours, j'avais reçu la visite d'un grand nombre de personnes respectables qui étaient venues examiner les débris des vaisseaux de l'immortel La Pérouse. Je citerai sir J. Jamieson, le révérend M. Marsden, le colonel Lindsay et presque tous les officiers du 39 e régiment. J'eus beaucoup de peine à conserver le morceau de sculpture de la poupe d'une des frégates françaises. Si j'avais voulu le couper en petits morceaux, tous eussent été bientôt çolevés , tant était grande lavi-
dite de posséder une portion de cette précieuse relique. Le matelot qui l'avait trouvée , et dont le nom était John Gonsalvo , mourut la nuit dernière de la maladie dont tous les Européens de mon équipage avaient été attaqués après avoir quitté Mannicolo. C'était le sixième individu qui mourait à bord depuis notre départ du Bengale.
Du 3i. J'avais attendu pendant plusieurs jours l'arrivée du capitaine Durville ; mais ayant appris qu'il avait mis à la voile d'Hobart-Town le 3 du courant , je ne crus pas devoir l'attendre davantage , et je conclus que le gouverneur et son parti t par inimitié pour moi , l'avaient engagé à se rendre directement à Tucopia , où il devait , comme de raison , trouver Martin Bushart , et apprendre la nouvelle du succès de mes recherches. Dans le cas où il eût touché à la baie des Iles , il yaurait trouvé les trois marins qui m'avaient accompagné à Mannicolo et m'avaient aidé à trouver les objets que je rapportais. Cependant je ne pouvais guère supposer qu'un officier aussi expérimenté que le commandant de Y Astrolabe , comptât me trouver encore à la Nouvelle-Zélande , d'après l'époque à laquelle j'y étais arrivé et le iem$ qu'exigeait la traversée d'Ho-r bart-Town; traversée qui, dans la saison actuelle, ne devait pas être de moins de quinze jours. Il ne pouvait ainsi arriver à la baie des Iles que vers le 18 janvier, et j y étais arrivé moi-même le 6 no-
3oo m
vembre. Il aurait donc fallu que je m'y fusse arrêté pendant soixante-quatorze jours , et il n'y a guère de circonstances qui eussent pu justifier une aussi longue relâche. D'après cela je ne pouvais m'empêcher de penser que les autorités d'Hobart-Town avaient pris leurs mesures pour que le capitaine Durville ne pût nous rencontrer, M. Chaigneau et moi , et cela par des raisons que je n'ai pas besoin d'expliquer.
Du I er février. Au point du jour, commence à lever l'ancre. A 10 heures du matin, bonne brise de vent de nord-est, c'est-à-dire du large. En conséquence je dus courir plusieurs bordées pour sortir du port. A midi je me trouvai en pleine mer. Ayant résolu de retourner dans l'Inde par le détroit de Bass , je me dirigeai vers le cap Howe. En sortant du port , je trouvai X Ephemina , arrivant de Canton, mouillé dans l'endroit même qu'on avait fait quitter au Research , sous prétexte qu'il n'y avait pas de sûreté pour un navire en cet endroit à cause de l'audace des convicts qui eussent pu tenter de l'enlever, et aussi parce qu'il était facile d'y faire la contrebande. Ainsi on laissait à ce mouillage un navire marchand venant de la Chine , et qui certainement était plutôt dans le cas de faire la contrebande ou d'être enlevé par les condamnés , que le Research , bâtiment de guerre, armé de seize canons et ayant quatre-vingts hom-
»» 3oi <m
mes d'équipage. Les autorités locales savaient que je ne pouvais apporter de Tucopia aucun objet de fraude, mais que XEphemina, qui arrivait de la Chine , pouvait avoir quelques caisses de thé à mettre secrètement à terre !
Avant d'être tout-à-fait en dehors du port, deux hommes de mon équipage vinrent me demander à être congédiés. J'y consentis, et les débarquai avec leurs bagages au poste des Pilotes. L'un d'eux était un très-bon matelot, et j'étais fâché de le perdre; mais la fièvre de Mannicolo avait altéré sa santé au point qu'il ne pouvait plus faire aucun service , et le chirurgien était d'avis qu'il fallait qu'il restât à terre pour se rétablir. L'autre était un fainéant, que sa mauvaise conduite m'avait obligé de punir sans cesse, et qui ne m'était d'aucune utilité.
A une heure et demie , l'entrée de Botany-Bay nous restait à l'ouest, distance de quatre milles. A sept heures du soir, nous relevions Hat-Hill, à l'0. T Tî.-0. du compas, et les cinq îles, à 1*0. 6° S. Pendant la nuit il régna une jolie brise et je courus vers le sud, en longeant la côte toutes voiles dehors.
Du 3. A cinq heures du matin étant parvenu dans le sud du cap Howe, je me dirigeai au S.-O. pour gagner l'entrée du détroit de Bass. Latitude , à midi, 38° 53' S., longitude, 149° 3o' E. A deux heures, passé près d'un cutter qui faisait route à Test. Vers minuit é calme plat<
Du 4. Au point du jour, vents de la partie de Test, tems couvert, pluie par intervalles. A huit heures et demie, les îles des Sœurs ( Sister islands), à l'entrée du détroit de Bass , étaient en vue du pont, nous restant à l'O.-N.-O., distance de six ou sept lieues. Le vent était bon , mais le tems trop incertain pour donner dans le détroit. En conséquence je me déterminai à serrer le vent, l'amure à tribord , et à me maintenir ainsi jusqu'à ce que le ciel s'éclairdt. .
Du 10. Depuis le 4i nous ne fîmes que louvoyer, ayant constamment des coups de vent de la partie de l'est. Au point du jour les vents varièrent , faisant presque le tour du compas , et à huit heures du matin ils se fixèrent à l'est, jolie brise. Dès qu'il fit clair , nous aperçûmes les îles des Sœurs , nous restant au S. V4 S.-E. A cinq heures du matin , le groupe de Kent était en vue du pont et nous restait à TO. S.-O. Je pris cette direction toutes voiles dehors. A onze heures, nous relevions le groupe de Kent, au N. •/< N.-O., distance de deux ou trois lieues, et à midi, les roches du Jugement nous restaient au N.-N.-O. 3° O., distance de quatre milles.
A quatre heures après-midi , les îles Curtis furent relevées au N. 9 0 O., distance de six milles. En ce moment nous avions en vue un bâtiment du port Jackson, qui avait été expédié dé port Sydney, peu
de jours avant notre de pari. Il avait pour mission d'aller chercher un petit nombre de soldais et de condamnés qu'on avait envoyés en 1827 au port Western pour y fonder un établissement ; mais on avait depuis renoncé à ce projet , parce qu'il avait été reconnu que le sol était improductif.
Les îles près desquelles nous venions de passer sont visitées dans l'été par des embarcations du port Dalrymple (terre de Van Diémen), qui vont y chercher des peaux de phoques et des plumes d'oiseaux. Quand on découvrit le détroit de Basa, ces îles contenaient des phoques en nombre immense ; mais depuis cette époque , on leur lit une guerre si active, qu'aujourd'hui les profits d'une expédition, pour se procurer des peaux de ces animaux, couvriraient à peine les frais.
Du 12. Brises modérées et beau tems pendant toute la journée ; le soir , rosec très-abondante. A midi , latitude observée, 3<) 0 16' S.; longitude par les chronomètres, 142 0 16' 3" O. E.
. Du 22. Rien de remarquable depuis le 12. À une heure du matin, nous passâmes 1 equatcur. Le point de midi nous donna pour latitude O 0 . 5o' N., et pour longitude, 87 0 26' E. A la même heure, le thermomètre, à l'ombre, marquait 87 0 . Depuis trois jours, le vent régnait de la partie de l'ouest, et le tems était à grains et l'atmosphère fort humide. La veille , à huit heures du malin, nous vîmes
sous le vent à nous, à la distance de quatre milles, un bâtiment qui faisait route au S.-S.-E. Je laissai arriver et fis a ce navire un signal indiquant que je voulais lui parler. Il y répondit en arborant le pavillon français, mais ne diminua point de voile. Cette conduite était peu convenable, attendu que je m'étais écarte de ma route de dix rumbs de vent pour communiquer avec ce bâtiment. Mon intention était, s'il allait en Europe, d'informer le capitaine de mon arrivée sain et sauf si près des côtes du Bengale, afin que, dans le cas où le Research éprouverait quelque accident avant d'arriver à sa destination , le succès qu'avait eu jusque là notre expédition fût connu aussi promptement que possible.
Du 27. À dix heures du matin, l'homme placé en vigie à la tête du mât, découvrit un navire vers le nord-est. Je me dirigeai de ce côté, et à midi je reconnus ce navire pour la Nancy, de Liverpool, capitaine Ramsey, parti de Calcutta pour l'Europe. J'envoyai un canot à bord pour annoncer mon arrivée dans le golfe de Bengale. Au retour de mon canot, j'appris que lord Amherst, ex-gouverneurgcnéral de l'Inde, était parti le 1 1 du courant pour l'Angleterre , à bord d'un bâtiment de guerre , nommé le Herald. Le capitaine Ramsey manquant de quelques provisions que je pouvais lui procurer, je m'empressai de le faire. Un de ses passagers
avait dit à mon officier qu'à Calcutta on avait des inquiétudes sur le sort du Research, et qu'elles étaient entretenues, sinon causées, par les bruits que répandait me'chamment le docteur Ty lier, arrivé de la Nouvelle-Galles au mois d'octobre dernier. Le capitaine Ramsey me fit passer un journal du Bengale contenant la nouvelle de la glorieuse bataille de Navarin. ,
A une heure après midi , je repris ma route sous toutes voiles, afin d'atteindre Calcutta le plus promptement possible et de dissiper les craintes de mes amis; mais je fus contrarié par des grains accompagnés de pluie par intervalle.
Du S avril. Au point du jour, la côte d'Orissa était çn vue du pont, nous restant auN.-O. 6° O., distance de trois lieue6. Je fis sonder et trouvai vingt-sept brasses , fond de vase. A midi , la latitude était de 18* 25 N. Le vaisseau était alors à six lieues de l'entrée de la rivière de Chicacol. La sonde donnait trente brasses. Dans toute la matinée, nous eûmes des folles brises de la partie du sud-ouest. Le thermomètre, à l'ombre, marquait 86°.
Du 4- A midi, latitude, i9°3o/ N. En ce moment nous relevions la célèbre pagode de Jaggernaut, au N. '/j N.-E. 9 0 E., distance de dix milles. A deux heures , nous aperçûmes un brick à l'ancre , au large de l'embarcadère situé près de cette n. ao
>» SoG M
pagode. A minuit , forte brise de terre et rosée abondante.
Du 5. A cinq heures et demie dû matin , nous étions près de la pointe de Palmira t et nous aperçûmes un des bricks pilotes du Bengale qui se dirigeait vers le vaisseau. A sept heures et demie , un pilote monta à notre bord , et nous prîmes aussitôt la route du nord-est, toutes voiles dehors, pour gagner l'embouchure de la rivière d'Hooghly. A six heures -et demie du soir, la marée étant contraire , nous jetâmes l'ancre dans le chenal de l'est, à la distance d'environ deux milles du phare flottant. J'établis la bordée de quart à l'ancre , et le reste de l'équipage descendit se coucher.
Du 6. A quatre heures et demie du matin , nous levâmes l'ancre , et à six heures et demie nous vînmes mouiller devant Fulta par six brasses et demie.
SW\WV\WV\AW«VWV» WWW* WWV VWVWWWV » W vWV W\ W\ W\ >V\«\W V\*-\*% WUi