‹ Voyage aux iles fortunees: lettres des CanariesChapitre 15 sur 36 · LA RAMBLA DE I · texte numérisé non relu

LA RAMBLA DE I

rde vieux canons rouilles, et surplombant les noirs rochers basaltiques que battent les vai^iies éciiniantes de l'Océan. Sur les murs du Castillo j'ai lu ces vers :

Ed tnedio de estas jardines T poseos y cascades Pasa !a vida veioz '.

De la Rambla nous sommes allés aux Reatejos. Les Realejossont deux villages situés sur les bauteura et séparés par un profond barranco. Le mot realejo, en espagnol, signifie campement. C'est ici qu'eut lieu, en 1 49fi ', le dernier épisode de la conquête de Ténériiïe. Les (juanches, commandés par le mencey Benchomo, roi de Taoro, occupaient les hauteurs du Realejo de Abajo (campement inférieur). Les Espagnols, sous la conduite de don Alonzo de Lugo, étaient campés au Realejo de Arriba (campement supérieur). Les Guanches, décimés par les combats, avaient perdu leurs meilleurs soldais; ils durent implorer la générosité du vainqueur. Le vieux Benchomo promit d'abjurer, et Lugo lui accorda le maintien de son rang. Mais le traité fut indignement violé par le vainqueur. Le prince guanche fut conduit malgré

Au milieu de ces jardins, àe ces avenues, de ces cascades, ia fie - [ passe rapidement.

' Ti>ii^itrrc ne se smimil que quatre-vingts ans ajirËs ia conquête I des autres Iles.

os VOVACE AUX ILES FORTUKÉES.

lui en Europe : on le promena dans toutes les villes d'Espagne et d'Italie comme un objet de curiosilt^; il ne put supporter tant d'humiliation, et mourut misérablement à Venise.

Nous avons visité la petite chapelle tirigée au lieu même où campait Lugo : c'est là que le maiheureux Benclionio reçut le baplème.

A quelques pas de la chapelle se dresse un magnifique dragonnier, à l'ombre duquel les Guanches se sont assis, car l'histoire de la conquête en fait mention. A l'aide de mon couteau, j'ai pratiqué une incision dans l'écorce, et ai fait couler une sève rouge qui ressemble à s'y méprendre au sang d'un animal. Sous l'écorce j'ai trouvé une substance molle, blancliâtre, analogue à l'asperge. Le dragonnier n'est pas un arbre, puisqu'il n'a pas de ligneux. L'aspect en est étrange : on dirait d'un énorme candélabre supportant une forêt de yuccas. C'est certainement l'un des végétaux les plus bizarres de la création '.

Au village de Rc;ilejo de Abajo nous avons trouvé une fonda y pitsada où les chiens, les chats, les enfants grouillaient pèle-môle dans la saleté la plus pittoresque. Ces enfants n'avaient pour tout

' L<^!1 bolnnisti^s olaseent le dragnnnier dans la famille ilcs asperges. En éludinnl Eon ftult à la loupe, M wlas nlonard a cru voir sout rriive1o|i|)i; riiiiiigc du dragon de la FMe, girdieu des pommes d'oi du lardia des Uediiùrides,

LA RAHStA DE CASTRO.

vêtement qu'une cliemise n'ayant jiinnais vu l'eau. Une vieille commère faisait la chasse aux parasites qui peuplaient les chevelures des filles, et elle y mettait toute la dignité que comportait celte délicate opéralioQ. Tout ce monde s'éventait, aussi bien les hommes que les femmes et les enfants : il régnait d'ailleurs une chaleur atroce. Chacun soupirait à tour de rôle : o Ave Maria, que cator! »

La marche nous avait aQaniés, et mon Cubain employa toute TéloqueDce castillane à faire comprendre à ces braves gens que nous n'avions absolument rien mangé depuis sept heures du matin. En attendant le déjeuner, nous avons passé une heure entière à livrer un furieux combat à une formidable armée d'assaillants dont le nombre grossissait à mesure que la vieille commère fouillait les têtes des filles.

Je réveille de tristes souvenirs en parlant de l'horrible tortilla à la graisse et de la semelle de botte qui nous fui servie sous le nom de vaca, le tout arrosé de je ne sais quel atroce breuvage qu'on nous donna pour du vin de ïénériffe. Par bonheur, l'eau était potable. Et puis, il restait encore dans la maison une bouteille de véritable India palc-ate, que nous bûmes au dessert avec quelques biscuits : deux articles anglais qu'on trouve dans tous les coins du monde.

Une patache indescriplible nous a ramenés à

•8 TOTACt AUX ILES FORTUNÉES.

Orolava. 11 n*y avait pas quatre places dans Tintérieur : cd noua raisaot aussi élastiques que possible, nuus avons pu nous y caser à six; deux autres voyageurs se sont percliés sur la plale- Torme, qui pliait alTreusement sous le fardeau-, un Espagnol assis à ma gauche pâlissait à chaque bond de la patache, tunt d était dominé par la crainte de voir les voyageurs du toit tomber sur le nez de ses filles. Heureusement le trajet s'est eCTeclué sans le moindre incident fâcheux.

D'Orotava k Itod. — Talilcau matinal. — Le long de la mer, — San Juan de la Rainlita. — Dëserl de lave. — Aspecl d'Icod. — Un Irait de mcEiirs. — La caverne d'icoil — Une tncE*te. — Sous la lave. — Une sépullnre guancbe. — Au bord d'un goiirfro — Elranges émotions. — La vallife d'IcoJ.

Une chevauchée de six heures à travers des ifgions d'une magnifique sauvagerie m'a conduit à Icod de los Vinos. Celte localité, qui doit son nom à l'excellent vin qu'on y récoltait autrefois, est située dans le nord-ouest de l'île, et occupe le centre d'une vallée fertile séparée de la vallée d'Orotava par la montagne de Tigayga, qui n'est qu'un gigantesque contre-fort du Teyde.

Pour aller d'Orotava à Icod, on peut suivre deux routes qui ne sont que de mauvais sentiers : l'une contourne le Tigayga et suit les bords de la mer; l'autre, plus abrupte, gravi t la crête du contre-fort, et n'offre qu'une longue succession de montées et de descentes à travers les escarpements des barrancos. Je suis venu par la première route et retournerai par la seconde.

fOO VOY

A six heures lioimiK? Anmrii accompagné cl

attrayant, de plus harmonieux que la vallée d'Orotava par une belle matinée. La monlagne du Teyde, éternel point de mire du tableau> s'irradiait au soleil levant et dressait sa cime étiiicelante au-dessus d'un léger voile de vapeurs floconneuses dont elle se couvrait pudiquement; Quel pinceau pourrait rendre les nuances veloutées; de ces brumes matinales, qui flottaient indécises' autour des cimes fraîches et azurées ? Je ne me rappelle pas avoir assisté à un réveil de la nalure empreint de tant de grâce, de tant de poésie.

Pendant la première heure, j'ai refait cotte belle route de la Rambla que j'avais déjà parcourue l'autre jour. J'ai revu les sauvages barrancos, et les cavernes des Troglodytes, et les blancs villages des Reakjos, qui de loin rappellent si bien les villages arabes.

Au delà de la Rambla, on entre dans une région plus sauvage. Le chemin, qui n'est plus qu'un étroit sentier de mulets, longe les bords de la mer et rappelle la célèbre route de la Corniche. De liuulcs murailles basaltiques surplombent audessus de nos têtes : sur leurs noires parois végètent tristement quelques plantes grasses, des euphorbes et des cactus nains en forme d'étoiles.

ICOD DE LOS TINOS. IDI

A nos pieds la mer se brise en volutes sur une plage de galets; les (lots, d'un bleu d'azur, sont d'une telle iransparence, que l'on peut voir s'y jouer les poissons jusqu'à une certaine distance du rivage.

Nous laissons derrière nous l'importante bourgade de San Juan de la Itamhla, puis nous abordons une contrée de l'aspect le plus fantastique, jonchée de myriades de roches volcaniques, laves, basaltes, pierres ponces, silices. C'est le désert plutonien dans toute sa désolation, un chaos pétri6é, oii l'on ne voit aucun vestige de vie, pas une maison, pas un arbre, pas un pouce de verdure. Pendant deux , heures entières nous clicminons dans cette région maudite, où Dante eût trouvé des inspirations sublimes. On éprouve une indicible satisfaction quand, au terme de cette pénible chevauchée, on découvre, du haut d'une hauteur couronnée par un moulin à vent, la ravissante vallée d'Icod.

Icod est un village d'un haut goût canarien. Les toitures ornées de gargouilles en bois sont trèsoriginales : ces gargouilles représentent des dragons grotesques ouvrant des mâchoires formidables. On met un long quart d'heure à traverser le village, et l'on débouche sur une place ornée d'une fontaine d'un style aussi primitif que les gargouilles. C'est là que se trouve l'auberge, d'un aspect encore plus primitif que tout le reste. Je

suis très-certainement le premier étranger de passage qui vienne y échouer depuis nombre d'années, car Icod n'est pas sur le chemin des touristes.

Je descends de cheval à midi, affamé comme on peut l'être quaud on n'a pris qu'une tasse de chocolat à six heures du matin. L'hôte me fait passer par une grande chambre crépie à la chaux, donnant accès à l'unique chambre à coucher : celle-ci est éclairée par une fenêtre dont la plupart des carreaux de vitre sont absents. Comme rien n'était moins prévu que mon arrivée, il faut mettre le village sons dessus dessous pour me procurer à manger.

Et ici, je dois mentionner un trait de mœurs qui m'a touché. Le brave homme qui va s'occuper du déjeuner me fait passer dans une pièce voisine, où je trouve une jeune fille assise dans l'encoignure de la fenêtre et penchée sur un ouvrage de broderie. « Es mi hija : c'est ma fille », me dit mon hôte; puis il se retire, me laissant en admiration devant le plus parfait modèle que puisse jamais rencontrer un peintre qui voudrait représenter «ne Marguerite espagnole. Elle avait la tête enveloppée d'un mouchoir rouge qui faisait ressortir un teint de> créole. Son visage, empreint de toute la candeur de la première jeunesse, s'illuminait d'une adorable expression de douceur lorsqu'elle prenait la parole. Elle parlait avec une

ICOD BE LOS VIH08.

pureté toute castillane. Qui se serait attendu à trouver dans cette pauvre posada d'Icod la plus suave expression de la beauté espagnole? Et n'estce pas charmant, dans sa simplicité patriarcale, £ette façon d'honorer l'étranger par ua tète-à-têle en attendant l'heure du repas?

L'hôte s'était mis en frais. Il m'apporta \e puchero, la tortilla et Varroz a la valenciana. Il me servait lui-même, aidé de sa femme et de sa fille, et ces braves gens m'observaient avec le phis grand intérêt, ne perdant pas un seul de mes mouvements, étudiant le travail de ma fourchette et de mes mâchoires, comme s'ils n'avaient jamais vu manger un Européen.

J'achevais Valmuerzo, quand un indigène est venu me proposer de me conduire à la cueva, grande caverne qui constitue la principale curiosité de la vallée d'Icod. Elle est située à un quart d'heure de marche du village, dans le cœur d'une de ces énormes coulées de lave moderne qui débordèrent d'un cratère du Teyde et firent irruption dans la vallée.

Les nombreux torrents de lave qui sillonnent la 'partie septentrionale de l'île Ténériffe sont criblés 'de semblables cavernes, formées, selon toute apparence, par la rétraction survenue avec la refroidissement des coulées volcaniques. Beaucoup de ces cavernes ont été connues des anciens Guan^

104 VOYAfiE ADX ILES FORTDNËBS.

ches, qui en faisaient des lieux de st^pulture. Comme l'observe M. Berthelot, le grand nombre de squelettes que l'on retrouve dans ces grottes sépulcrales di^montre que la méthode des embaumements n'était pas gi5nérale parmi le peuple guanche, ou du moins que vers l'époque de la conquête de l'île cet usage n'était plusen pratique.

Les gens du pays prétendent que la caverne d'Icod a plusieurs lieues d'étendue. Suivant leur croyance, elle part des bords de la mer, passe sous la ville d'Icod, remonte la vallée, et s'étend jusque dans le voisinage du cratère qui a vomi les laves dans le sein desquelles elle s'est formée. On n'a pu encore en explorer les galeries les plus reculées, parce que, l'air respirable y fait défaut : ceux qui l'ont tenté ont péri par asphyxie. Voilà ce que j'ai entendu raconter sur cette grotte mystérieuse.

Pour arriver à l'entrée de la cueva, il nous faut passer par une propriété privée dont le guide a la clef. Nous y entrons, suivis de fous les enfants du village ; mais tout à coup surgit devant nous, terrible et menaçante, une affreuse vieille de quatrevingts printemps, l'une des trois sorcières de Macbeth en personne, qui se met à poursuivre la marmaille à coups de bâton. Après cette expulsion sommaire, elle décharge sa fureur sur mon guide et lui fait entendre que les muchachos ne peuvent

ICOD DE L.1.-S VINOS. tOS

accompagner le caballero qui vient visiterlacMcuo. l'ai apaisé cette mégère an moyen d'une piécette. Je n'eusse jamais trouvé tout seul l'entrée de la saverne, étroite ouverture dissimulée par une ^luxuriante végétation de cactus arborescents. Il 'y glisser à plat ventre. Le guide avait eu loin d'apporter des torches de tea (pinus Cana- ' riensis). Ce bois résineux donne une flamme tréséclairante, et les Guanches n'employaient pas d'autres flambeaux.

J'ai visité beaucoup de cavernes dans l'ancien et le nouveau monde, mais c'était bien la première fois que je m'enfonçais dans les sombres galeries souterraines d'un torrent de laves. II y règne dcn ténèbres épaisses et une atmosphère à peine respirable. La lave, suspendue à la voûte en bizarres stalactites, présente des incrustations de carbonate de chaux; les stalactites distillent des gouttes d'eau qui suintent à travers la voûte el forment sur le sol de larges flaques d'eau qui nous glacent les pieds. On marche sur un sol de lave noire, rugueuse, sillonnée de crevasses et de boursouflures. J'ai été frappé de l'extrême régularité de la voûte : on la croirait construite par les hommes; ■ elle est généralement si basse, qu'il faut courber Ile dos pour ne pas se briser la tête contre les , stalactites. La galerie où nous nous sommes enga- ; descend vers la mer avec la coulée de lave

IDfl VOYAGB AUX ILES FORTUNÉE».

dans l'intérieur de laquelle elle s'est frayé passage elle offre une pente extrêmement rapide, et il faut s'y avancer avec précaution pour ne pas tomber dans les abîmes.

Au bout d'un quart d'heure de marche, non» ■soyons la galerie s'élargir. Une atmosphère fétide et fade nous affecte l'odorat. Mon guide me faiS remarquer, dans les crevasses des parois, des o ments presque réduits en poudre. Cette poussière humaine contraste par sa blancheur avec la noire roche volcanique. Nous sommes dans le lieu même, où les anciens Guanches ensevelissaient leurs morts. Je n'ai pu me défendre d'une certaine ém»-tion lorsque j'ai touché du doigtée sombre sanctuaire où les hommes d'une race éteinte accomplissaient, il y a plusieurs siècles, leurs funèbres cérémonies; je voyais en imagination les mânes de ces héros inconnus dont l'histoire de la conquête nous a raconté la résistance désespérée. J'ai recueilli avec respect quelques-uns de ces ossements que j'enverrai en Europe avec quelque» stalactites dé lave.

En poursuivant cette intéressante excursioa souterraine, je distingue bientôt un point lui neux ; c'est de ce côté que la caverne débouche sur la mer, s'ouvrant jour à travers la falaise de la cale de San-Marco. Pour atteindre cette ouverture, nous en sommes réduits à ramper sur les mains,.

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car la voftte n'a guère à cet endroit que deux pieds d'élévation. Ce n'est qu'au prix de pénibles efforts que l'on gague le rebord de la falaise, mais on se trouve sufligamment dédommai^é ile ses peines par la vue grandiose d'un effroyable abîme du fond duquel s'élève la puissante voix de l'Allantique. Pour mieux jouir de celte scène d'une saisissante beauté, je me suis couché à plat ventre sur le bord du gouffre; je pouvais voir ainsi les (lots de l'Océan se briser sous mes pieds contre la noire falaise de lave au sein de laquelle j'étais emprisonné. Cette falaise est si escarpée, qu'il serait absolument impossible de pénétrer par ici dans la caverne; mais je crois, comme M. Berthelot, qu'anciennement elle était accessible, avant que des éboulemcnts se fussent produits; c'est ce que semblent prouver les ossements humains accumulés en cet endroit.

Ne pouvant sortir de la caverne de ce côté, il fallut rebrousser chemin. Lorsque mon guide restait derrière moi avec sa torche vacillante, je voyais se promener sur les voûtes un fantôme qui rappelait l'ombre d'IIamlet; mon casque complétait l'illusion. Je gravissais, haletant, la roide pente de lave, portant mes ossements de Guanches. Il me semblait que cette promenade fautasse prolongeait outre mesure, et comme j'en l'observation à mon guide, il m'avoua qu'il engagé à dessein dans une galerie sana

I»R VOVAGB ADX ILES FORTUNÉES.

issue. j'Our me montrer combien il est facile di se perJre dans cet immense labyrinthe. Il me mena jusqu'au bout de la galerie, qui n'avait aucun aboutissant, et je remarquai alors que la torche qu'il tenait en main était la dernière. Toutes les autres étaient consumées, et celle-ci tirait à sa fin. Il fallait revenir sur nos pas pour aller retrouver la galerie de sortie. Je dois avouer que je goûtai fort peu cette plaisanterie; mais le drôle, s'amusant de mes terreurs, au lieu de hâter le pas,s'arrêtaitcomme par plaisir pour me choisir de beaux échantillons de stalactites. J'eusse yoloatiers donné ses stalactites pour le moindre fagot de tea; j'en avais mon soûl, de cette funèbre caverne..

Notre dernier flambeau s'éteignait au moment, où nous vîmes poindre la lumière du jour : j»; poussai instinctivement un soupir de satisfaction à la vue de cette douce clarté.

En sortant de cetantre,j'élais sous l'empire d'une étrange agitation; le sani^ bouillonnait dans mes veines par suite d'une longue marche à dos courbé, mestempesbattaientviolemment,etJ'avaia les mains couvertes de sang, écorchées par les stalactites.

Une promenade au grand air, sur les hauteurs qui dominent Icod vers le nord, m'a rendu à mon étatnormal. Après avoir gravi quelque temps, je me suis assis sur une pointe de rocher, surgissant du sein d'une coulée de lave. Devant moi se,

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