Plumiera alba, Apocynées
3. D'après M. W.-A. Pickering, les diverses loges ou sociétés secrètes établies parmi les Chinois résidant à Tétranger paraissent émaner toutes de la grande société Thien U hui (Hung league)
Cetlc population de Chinois, dont le flot croissant sans cesse paraît devoir submerger les Philippines % est assez mêlée ; elle comprend bien des bandits qui échouent tôt ou tard dans les presidios*, mais le plus grand nombre, intelligent, rusé, infatigable, ne tarde pas à acquérir pignon sur rue. Débarqué à peu près nu sur la jetée d'un port; le Chinois assez malheureux pour n'avoir ni répondant ni métier accepte les plus vils travaux. Rôti par le soleil ou cinglé par la pluie du matin au soir, il est débardeur, balayeur de rues, commissionnaire; il dîne d'une camote ', et quelques chiques de buyo * lui font attendre le repas du soir, auquel une cigarette suffit au besoin. Il est souvent sans chapeau, toujours sans chaussure; son costume se borne à un caleçon dont la ceinture retient une bourse; un débutant chinois pourrait toujours dire omnia mecum porto. Dans cette bourse, en effet, sont contenus sa fortune présente et son avenir; la bourse se gonfle peu à peu, souvent brusquement aplatie par les combats de coqs, par la loterie et surtout par le panguïn-
fondée en Chine en 1674. Son bnt était la restauration des Ming, renversés par les Mandchoux en 1628; M. Pickering pense qae, le jour où la dynastie actuelle sera fortement ébranlée, le Thien H hui sera prêt à 8*emparer de ses dépouilles ; en attendant, cette société est proscrite en Chine et, dès qu'ils sont découverts, ses adhérents sont punis de mort. A Singapore la société est reconnue par le gouvernement, ses adhérents sont enregistrés; elle n'a d'autre rôle que celui d'une société de secours mutuels; ses ressources proviennent de cotisations, et aussi de recettes beaucoup moins avouables, telles qu'impôts prélevés par les sociétaires sur les maisons de jeu, etc. (Journal of f traits Branch. Singapore. July 1878.)
1. Les Chinois établis aux Philippines étaient en 1828 au nombre de 5708; ce nombre s'est élevé à 50 000 en 1878. Ces chiffres ne comprennent que des hommes. 11 n'y a pas de Chinoises aux Philippines.