‹ Voyage aux Philippines et en MalaisieChapitre 40 sur 86 · Voy. Rapport, cli. ii · texte numérisé non relu

Voy. Rapport, cli. ii

Uoos du R. P, Faura, il a toujoura été annoncé à Hong- Kong plusieurs jours h Tavance. Quoique ce service fonctionne depuis peu, il est déjà impossible de compter les existences et les cargaisons qu'il a préservées d'une perte certaine.

Le R. P. Faura nous donne maint conseil utile et mille renseignements intéressants pour notre voyage. Tous les Pères Jésuites de Manille veulent bien s'intéresser à notre mission et nous seconder activement. Le R. P. Héras, supérieur de la mission des Philippines, nous donne des lettres pour tous les Pères que nous pourrons rencontrer dans le sud de Tarcbipel.

2 novembre, jour des Morts. — Tout Manille se transporte au cimetière de Paco; des milliers de cierges brûlent dans Pintérieur de la nécropole, immense rempart circulaire dans lequel sont creusées trois rangées horizontales de niches; au centre s'élève la chapelle, séparée du mur circulaire par de vastes pelouses. Européens et Tagalocs, tout le monde est en deuil ; malgré Taffluence, point de bruit. Sur les niches, des inscriptions sinistres : décédée à vingt ans, à vingt-quatre ans, à dix-huit ans....; elles sont peu clémentes pour les jeunes Européennes, les Philippines! dernièrement encore c'est parmi les jeunes mariées que le climat a paru choisir ses victimes. Tout ceci n'est pas gai. Rentrons à Manille.

3 novembre. — Le R. P. Rattliô, de la compagnie de Jésus, qui arrive de Soulou, nous fait prier de passer à VAteneo municipal. Le digne missionnaire est dans un bien triste état : le crâne fendu, un coup de lance dans la poitrine, trois coups de kriss sur le bras droit, une main paralysée. Il veut rependant nous présenter lui-môme au gouverneur de Soulou, M. le colonel don Carlos Marlinez Romero, actuellement à Manille pour les affaires de son gouvernement, mais qui doit prochainement rejoindre son

poste. Le P. Baltliô a été surpris à quelques pas des portes de Soulou, avec le R. P. Juan Carreras, par trois jeunes Soulouans heureusement peu expérimentés qui, voyant les Pérès tomber sous leurs coups, ont cru les avoir tués . Le P. Carreras est encore à Soulou, grièvement blessé.

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