‹ Voyage aux Philippines et en MalaisieChapitre 63 sur 86 · millim. en moyenne pour les hommes · texte numérisé non relu

millim. en moyenne pour les hommes

nique explique leur infériorité sociale; ils sont petits, trapus et peu agiles; ils doivent à un prognathisme considérable et à Faplatissement de la racine du nez un air qui prévient peu en faveur de leur intelligence, autre cause sans doute de leur misérable existence ^

Je touche à Piapi, à deux milles nord de Malalac. Une tribu de Manobos, chassée de ses domaines situés bien loin dans Tintérieur, au nord du golfe ', s'est installée ici sous la protection du gouverneur de Davao, qui a placé auprès d'eux un commissaire bisaya. Ces fiers montagnards, dont le nom est redouté de tous les autres indigènes, me paraissent fortement déprimés par leur récente mésaventure et m'accueillent assez bien.

Plus loin, bien que la mer soit assez calme, mon pilote bisaya m'engage à mouiller auprès d'un petit hameau, en alléguant plusieurs prétextes manifestement faux. Curieux de connaître le motif de son insistance, je donne Tordre d'aborder et ne le perds pas de vue. Dès que la nuit est venue, mon pilote se glisse n^ystérieusement vers une case ; à peine y est-il entré que j'y entre moi-même. Soudain la branche résineuse qui éclairait l'intérieur s'éteint ; une main me guide dans Tobscurité ; au bout de quelques instants la torche est rallumée, et je me trouve assis sur une estrade de bambou entre deuxBagobos; une trentaine de marmots, de femmes et d'esclaves sont accroupis sur le plancher; j'aperçois mes rameurs debout contre la porte, vivement intéressés.

Peu à peu je comprends la scène : mettant à profit mon voyage, mon pilote est venu conclure une affaire entamée depuis quelque temps; il demande la main de la fille de la maison. D'après les mœurs bagobos, les lumières ont

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