‹ Voyage aux Philippines et en MalaisieChapitre 68 sur 86 · Mélaslomées · texte numérisé non relu

Mélaslomées

à 20 mètres de bauteur; leur tronc est, ainsi que le sol, couvert d'une couche serrée de mousses et de lichens * ; rhumîdité est extrême ; Teau ruisselle sur le sol, sur le tronc, sur les feuilles, et donne au paysage Taspect d'une forêt sous-marine. A deux heures de Taprès-midi, la pente s'adoucit et nous entrons dans le lit d'un torrent presque desséché; nous faisons une halte d'une demi-heure en ce point, situé à 1680 mètres d'altitude; les Bagobos l'appellent Baclayan ou Siriban (la grève).

Nous poursuivons notre route en suivant le lit du torrent formé par une profonde déchirure de la montagne, qui, lorsqu'il pleut, doit être occupée par une succession de cascades. Pour le moment, heureusement, il n'y a presque pas d'eau ; et nous parvenons, non sans peine, à gravir les blocs énormes et les failles verticales ombragées d'araliacées que nous rencontrons à chaque pas. La fatigue des disciplinaires, pesamment chargés vu la mauvaise volonté des Bagobos, est extrême; l'un deux perd connaissance et s'affaisse sur une étroite corniche, au-dessus d'un abime ; une asphyxie pulmonaire est imminente; ce n'est qu'avec la plus grande difficulté que nous parvenons à le hisser jusqu'au point où nous établissons notre bivouac, à l'altitude de 2229 mètres, après avoir traversé une zone de Melastomas et de Rhododendrons, Nous sommes au milieu de fougères de petite taille, ruisselantes d'une humidité, d'autant plus incommode que, pendant la nuit, mon thermomètre à minima descend à -j- 8**.

Ici s'arrêtent les renseignements de nos Bagobos. Nous voyons très distinctement le volcan, dont je prend un croquis. L'Âpo se présente à nous par son versant sud; ce versant est divisé, dans le sens de sa pente, par une

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