‹ Voyage aux Philippines et en MalaisieChapitre 75 sur 86 · Cf. Mémoires de Saint-Simon · texte numérisé non relu

Cf. Mémoires de Saint-Simon

« Senor, soyez le bienvenu. Je suis Bisaya et maître d'école. Voici les Manobos officiers du pueblo. Voici le captian, voici le teniente et puis Valguazil *. Vous venez de bien loin, et vous avez sans doute beaucoup pâti; mais ici tout abonde, que pouvons-nous vous offrir?

— MaiSy mon ami, tout ce que vous aurez : œufs, poulets^ porc, apportez tout et tant qu'il vous plaira; je payerai bien.

— Senor, les nuevos christîanos ne connaissent pas la monnaie.

— Et les avalorios * ?

— Oui, senor, ils les aiment beaucoup.

— Bon, j'en ai encore; allons, dépéchez-vous, car mes gens sont affamés «t moi aussi . »

Le maître d'école m'apporte, au bout d un quart d'heure, un œuf.

« Malheureux, lui dis-je, est-ce là tout ce que tu peux me donner?

— Patience, senor, calmez-vous, n'effrayez pas les nuevos christianoSj vous ne manquerez de rien. »

En somme, ces pauvres gens n'ont que du riz ; quand trouverais-je un beafteack ! Ils me fournissent du moins deux rameurs et une pirogue qui allège un peu les miennes, tellement chargées qu'elles menacent de couler bas au moindre choc.

25 novembre. — Départ à 6 h. 30 du matin. L'Agusan coule maintenant dans une large plaine d'alluvions; la végétation décroît ; bientôt on ne voit plus que des prairies de hautes graminées. Le cours de l'Agusan est souvent brusquement dévié de sa direction générale vers le nord par des seuils de rochers; en ces points, le rio a une pro-

1. Au moment de la redudon ces charges sont conférées au dato et à ses parents.

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