Bapport, ch. m, iv et v
de quelques reptiles, poissons et insectes intéressants, bien que des pluies torrentielles rendent les recherches très difficiles. Je garde le plus reconnaissant souvenir du traitement cordial que je reçois de ces hommes énergiques dont la vie est dévouée sans réserve au triomphe d'une idée; les quelques soirées que je passe avec eux s'écoulent rapidement en écoutant leurs récits et leurs observations, toujours marqués au coin de la science et de l'érudition.
Mes muchachos me supplient de leur délivrer de fortes avances sur leurs gages ; prévoyant l'emploi qu'ils vont en faire, je me dontenle d'abord de leur distribuer quelques piastres à titre de gratification. Ils reviennent bientôt et insistent tellement que je suis forcé de les satisfaire. Ils ne reparaissent que le soir, radieux, car il ne leur reste plus un cuarto ; ils sont délivrés du souci terrible d'avoir encore quelque chose à dépenser ; un trafiquant chinois les a dépouillés odieusement en leur vendant quelques effets dix fois plus cher qu'ils ne les auraient achetés sous peu de jours à Surigao; néanmoins, ils sont enchantés : tel est le caractère bisaya.
Au nord-est de Bunanan dont l'attitude = 30 mètres, s'élève la montagne du même nom ; j'en fais l'ascension dans l'espérance d'y prendre un tour d'horizon. La végétation n'offre rien de particulier sinon que je trouve réunies les trois espèces de bejuco : Palaçan, Uaî et Yantoc *.
D'énormes blocs d'andésite font saillie à travers l'humus. L'observation du baromètre me donne, pour l'altitude du sommet, 240 mètres. Quant au tour d'horizon, il est fort restreint par la forêt qui m'entoure ; il faudrait une légion de travailleurs pour me donner du jour. La vue s'étend seulement au sud ; je ne vois qu'une immense