‹ Voyage aux sources du Rio de S. Francisco et dans la province de GoyazChapitre 19 sur 43 · VOYAGE DE PARACATU A LA FRONTIÈRE DE GOYAZ · texte numérisé non relu

VOYAGE DE PARACATU A LA FRONTIÈRE DE GOYAZ

Vnc dont on jouit en quittant Paracttû. — Le Morro da Crut dot Aimas, — La Serra dos Monjolos ; cours de plusieurs ririères. — Hameau de Monjolos. — Un canal. Résultat fàcheui de la capitaUon pour les pays aurifères. — Fazenda de Moinho. — Fazenda de Tapera. — L*auteur remonte sur le sommet de la Serra do S. Fraacisco e da Paranihyba. — Description gc^nérale du plateau sur lequel il voyage pendant plusieurs jours. — Fazenda de Sobradinho. Sa ptopriétaire. — Marais. Plantes qui semblent s*attacher aux pas de rhommc. — Caveira ; une nuit passée dehors. — L'auteur entre daos la province de Goyaz.

Pour me rendre de Paracatû au Registro dos Arrependidosy limite de la province de Goyaz, je pouvais choisir entre deux chemins. Le plus nouveau est bordé de quelques habitations, mais, comme il traverse des marais, od n'y voyage commodément que dans le temps de la sécheresse. Je passai par le plus ancien, ignorant peut-être, au moment de mon départ, qu'il y en eût un autre (1).

En quittant Paracatû (22 mai) , je traversai la ville dans toute sa longueur, accompagné par mon excellent hôte et par un mulâtre esclave qu'il voulut absolument me donner

(1) Itinéraire approximatif de la ville de Paracatû aui ArrependidOî» , frontière de la province de Goyaz :

DU UO DE S. FHANCISGO. tn

pour les premiers jours de mon voyage. Nous suirtoies le plateau sur lequel la Tille est bAtie, jusqu'à cette espèce d'isthme qui joint ce plateau au Morro da Cruz das Aimas (1). LÏt nous nous arrêtâmes quelques instants à une maisonnette qui dépendait des mines du sargenio mAr^ et d'où Ton découvre une très-belle vue. D'un c6té, on do* mine Paracatù dont les maisons et les églises semblent dispersées au milieu de groupes d'Orangers et de Bananiers. Dans une vallée profonde coule le ruisseau de S. DomingoSy bordé de deux lisières d'une belle verdure qui décrivit de gracieuses sinuosités; et» sur la rive droite du ruisseau, on voit la petite chapelle de S. Domingos, près de laquelle sont des maisonnettes entourées d'Orangers. D'un autre c6té /enfin, on découvre le Morro da Cruz das Aimas dont la surface est toute couverte des éclats de pierre détachés par les anciens mineurs, et au milieu desquels croissent quelques plantes éparses, principalement des Goyaviers et des Mélastomées.

Le Morro da Cruz das Aimas présente un plateau qui peut avoir 1 lieue de circonférence. C'est de là que les anciens mineurs ont tiré le plus d'or. Je fus étonné de l'étendue de leurs travaux ; il n'est pas, dans cet endroit, 1 pouce de terrain qui n'ait été remué ; de tous les côtés, on voit

De Ptricitù à Monjolos, hame«a 2 l/21egoas.

— Moinho, petite habitation 3 1/2

— Tapera, habitatioo 3

-> Fazeoda doSobradinho 4 1/t

— . Caveira , bord d^oo misseaa en plein

air 6

— Arrependidos, douane 5

24 1/2 legoas.

(1) Voyez le chiqiitre précédent.

des eicavations, des monceaux de pierres , des réservoirs creusés pour recueillir les eaux pluviales, des canaux destinés à faciliter leur écoulement; partout limage du bouleversement et de r aridité. Au milieu de cette espèce de chaos se voient cependant un assez grand nombre de maisonnettes bâties en pierre et habitées par des nègres créoles qui passent leur vie à ramasser un peu de poudre d'or, soit dans les ruisseaux voisins, pendant la sécheresse, soit sur le plateau, dans la saison des pluies.

Après avoir descendu le Morro da Cruz das Aimas, je parcourus, jusqu'à MonjoloSy un pays montagneux, couvert d'arbres rabougris dispersés parmi des Graminées. Les terrains jadis en culture sont couverts de capim gordura.

Avant d'arriver à Monjolos, le lieu où je fis halte, je traversai une partie de la Serra du même nom (Serra dos Monjolos (1), vers l'endroit où le Corrego de Santa Rita prend sa source, c'est-à-dire à environ 4 lieue et demie de Paracatù. Les Corregos de S. Domingos et de S. Antonio, dont j'ai parlé plus haut, se jettent dans le Santa Rita, et ce dernier réunit ses eaux à celles du Ribeirâo de S, PedrOy qui commence sur la Serra do S. Francisco e da Paranahyba, près le lieu appelé Tapera, Le S. Pedro se jette dans le Rio daPrata (rivière d'argent) ; celui-ci dans le Rio Preto (rivière noire), navigable pour les pirogues; et enfin ce dernier dans le Paracatù.

Monjolos, le lieu où je fis halte, est une espèce de petit hameau composé de quelques maisonnettes éparses dans un fond, sur le bord d'un ruisseau, et habité par des nègres créoles et libres.

i ^ Les Moujolos sont une tribu de nègres africains.

DV EIO m s. FRANCISCO. 299

Le jour suirant , entre Moojolos et Moinho, je suivis une plaine étroite et allongée , bordée d'un c6té par la Serra dos MonjoloSy et de Tau^e par celle de Capùinga, qui toutes deux ont peu d'élévation. A 1 lieue de Moinho, le terrain devient plus inégal.

De loin je vis» dans la Serra de Capitioga (1), l'endroit où omimence un canal qui » après avoir parcouru un e^ce d'environ 6 legoasy portait autrefois de Veau à une des mines des environs de Paracatù. Ce canal avait été ouvert, dans le courant dh siècle dernier , par une société de minews qui ne put en retirer aucun avantage. Comptant sur de grands succès, eOe avait fait des avances considérables, mais la loi de la capitation (capital) fîit rendue avant qu'elle eût coamiencé à rentrer dans. ses fonds. Cette loi exigeait que l'on payât annuellement 5 aitavtu d*or (2) par esclave ; la société, déjà obérée, ne put résister à une charge aussi énorme ; ses esclaves furent saisis pour le compte du Gsc {fazenda realjy et elle se sépara sans avoir obtenu aucun résultat. Il y avait longtemps, lors de mon voyage, que la capitation avait été supprimée ; mais il paraît que, pendant

(1) Dans le chapitre intHolé, Suiie du voyage aux sources du S. Francisco, etc., j*ti parlé d^une fazenda aassi appelée CapUinga, etfai donùé Tétymologie de ce nom.

(2) La Taleur intrinsèque d'an oUava d'or est 1^500 reis. Déduction ftite de 300 reis qae Ton retient, dans les intendances et les maisons d'échange {casas de permula), pour le cinquième ou imp^t du quint (quinio) dû au 6sc, il resté 1,200 reis; aussi compte-t-on (année 1816 à 1822) , dans la proyince des Mines, par oUatHu de 1,200 reis. Comme je crois, pour des raisons qu'il serait trop long et assez inutile de déduire, que, dans le payement de la capitation, Yoilava s'évaluait sur le pied de 1,500 reis, Fimp^t perçu annuellement sur chaque nègre s'élevait à la somme eiorbilante de 7,500 reis oo 46 fr. 87 c.

le peu d'années qu'on Ta maintenue, elle a porté un coup funeste aux pays aurifères.

Dans le courant de la même journée, je traversai trois ruisseaui bordés, à droite et à gauche, d'une lisière de bois, et, près de chacun rfeux, je vis une maisonnette : ce furent les seules que j'aperçus ce jour-là.

Moinho (moulin), où je passai la nuit, est une petite fazenda qui appartenait au sargento môr Alexandre Pereira e Castro et où l'on m'établit sous le toit qui couvrait la manjola.

Avant d'arriver à Paracatû, j'avais éprouvé une chaleur très-forte. Pendant que je restai dans cette ville, et le premier jour de mon voyage, il avait fait encore fort chaud dans le milieu de la journée, mais les soirées étaient délicieuses. La nuit que je passai à Moinho fut froide, ce qui tenait sans doute non-seulement à ce que je m'étais rapproché de la grande chaîne , mais encore à ce que je me trouvais alors dans un fond, sur le bord d'un ruisseau.

Après avoir quitté Moinho, je traversai la plaine dont j'ai parlé plus haut, et ayant monté la Serra dos Monjolos, qui n'est qu'un des contre-forts de la grande chaîne, je suivis, jusqu'à Tapera (maison ruinée), un plateau interrompu seulement par quelques inégalités.

A 2 lieues de Moinho, je passai près de la Fazenda do Carapina [fazenda du charpentier), plus considérable que celles que je voyais depuis longtemps. Elle est située sur le bord du Riberào de S. Pedro que j'avais déjà traversé à peu de distance de Moinho.

Je fis halte à la fazenda de Tapera, où je fus parfaitement reçu et où l'on m'indiqua les noms et les propriétés de plu* sieurs espèces de plantes dont on fait usage dans le pays.

Les terres de ce canton sont bonnes et rendent de dix à seize chars de maïs par alqueire ; elles sont également très-fiivorables à la culture du manioc et de la canne à sucre.

À Tapera, je me trouvais pour la seconde fois sur le plateau qui couronne la Serra do S. Francisco e da Paranahyba, et je le suivis dans un espace d'environ 16 legoaSy jusque vers le Registro dos Arrependidos. D'après ce que j'ai dit plus haut, il est évident que le plateau de la Serra dos Monjolos vient se confondre avec celui de la grande chaîne, et je ne saurais même préciser le point où la séparation s'opère.

Je vais jeter sur ce dernier un coup d'œil général, puis je continuerai le récit de mon voyage.

n peut avoir environ 6 legoas de largeur. Dans les lieux les moins élevés, on y voit des bouquets de bois; ailleurs ce sont des pâturages composés seulement de Graminées , et d'autres où, au milieu des herbes, se montrent çà et là des arbres rabougris d'autant plus rapprochés et plqs vigoureux que le terrain prend une teinte plus rouge (1). Quelques fonds sont marécageux et couverts d'une berbe épaisse au milieu de laquelle s'élèvent de petits bouquets d'arbres serrés, d'un vert foncé, h tige grêle et rameuse dès la base ; ces marais deviennent probablement des espèces de lacs dans la saison des pluies et portent dans le pays le nom de lagoas.

D'après les renseignements que j'ai pris, les bois du plateau, comme aussi ceux des environs de Paracatû, ne se dépouillent point entièrement de leurs fouilles, ainsi que cela

(1) Voyei plus haat.

a lieu dans les catingas de Minas Novas et celles des bords du S. Francisco.

Le plateau produit le maïs , les haricots et le riz ; mais la température y est trop fraîche pour le coton et la canne à sucre. Du côté de Tapera , les terres sont assez bonnes , et Ton peut même cultiver celles dont le capim gordura s'est emparé ; mais il n'en est pas ainsi du reste du plateau : à peine y a-t-on ensemencé un champ une ou deux fois, que le capim gordura le couvre entièrement, et il oe s'élève pas assez pour qu'on puisse le brûler et planter dans ses cendres.

Sur le plateau, on est obligé de donner du sel aux bestiaux; mais, du côté de Test, à peu de distance de la chaîne , il y a déjà assez de terres salpètrées pour remplacer cette substance.

Depuis Tapera jusqu'à Sobradinho, je vis quelques petites chaumières; mais, après cette dernière fazenday dans un espace de 1 1 legoas, je ne rencontrai qu'une chétive cabane, et cependant ce chemin est un de ceux qui vont de Minas à Goyaz. En plusieurs endroits , on découvre une vue fort étendue, mais on n'aperçoit aucune habitation ni aucune trace de culture.

On m'avait dit que je trouverais, sur ce plateau désert, un grand nombre de bètes sauvages, mais je n'en vis aucune; je vis également peu d'oiseaux. Depuis longtemps la saison des insectes était passée (1); je ne trouvais que quelques espèces à ailes nues, des punaises, un petit nombre de papillons et de sauterelles. Je n'étais pas beaucoup

(1) Le temps des pluies est, dans la partie da Brésil située entre les tropiques, celle où l'on trouve le plus dMnsectes.

plus heureux ^ur les plantes; il n'y en avait alors presque point en fleur.

Le chemin ^ sur le plateau » n'a souvent que la largeur d'un sentier ; mais il est parfaitement égal.

Je vais à présent entrer dans quelques détails.

Eptre Tapern et Sobradinho , qui en est éloigné de 4 lieues et demie , quelques numveoaents de terrains empêchent, presque toujours, de jouir, sur la droite, d'une vue étendue; mais, à gaudie, on découvre une plaine immense.

Ce fiit entre les mêmes fazendasy à l'endroit appelé Lagoa Torta (le lac tortu] , dans ui^ de ces fonds marécageux décrits plus haut , que je vis les petites chaumières dont j'ai déjà parlé. D'ailleurs une solitude profonde; quelque loin que la vue puisse s'étendre, on ne découvre ni habitation ni culture, et je ne rencontrai personne dans le chemin. Firmiano et José Marianno prétendirent avoir aperçu l'un un ema (l'autniched'imériqueou nandu, rhea americanajy l'autre un chat sauvage; mi^is je ne vis aucun de ces animiiux.

La faxendadé Sobradinho (petite maison à un étage) , où je fis halte , le jour que je quittai Tapera , est située sur le bord d'un petit bois arrosé par un nj^sseau d'âne eau limpjde. Lorsque j'y demandai l'hospitalité, une femme bl^QCbe^ jeune encore et assoi jolie, se présenta , et nde permit de très4)6nne grâce de passer la nuit chez elle. Au lieu de prendre la fuite, comme font les SdmmegÛQ'ce pays à la vue d'xm étranger, elle causa avec moi et me fit beau^ coup de politesses. Elle me parut très-contente de son sort et me raconta avec indignation qu'un voyageur lui avait parlé avec horreur du désert qu'elle habitait. Cette femme

n'allait jamais à Paracatû, même à 1* époque des grandes fêtes ; elle ne connaissait dans le monde que sa maison et son ménage, comment aurait-elle pu ne pas les aimer? Elle et le propriétaire de Tapera avaient même la vanité de prétendre que ce pays n'appartenait pas au Sertào; le désert , disaient-ils , ne commence qu'au delà de certaines montagnes qui se trouvent entre cette contrée et le S. Francisco.

La nuit que je passai à Sobradinho fut très-froide; le lendemain, vers les dix ou onze heures du matin, le soleil était brûlant ; mais pendant tout le reste de la journée nous eûmes de la fraîcheur.

Au delà de Sobradinho, dans un endroit où les arbres rabougris étaient plus serrés qu'ailleurs, je revis ces bambous nains que j'avais tant de fois observés dans le cours de mon premier voyage ; je les avais déjà retrouvés entre le Paranahyba et le lieu appelé Moquem.

Après avoir passé une petite chaumière , celle de Cypriano, la seule que j'aperçus dans toute la journée, je vis deux de ces marais dont j'ai déjà parlé ; le premier s'appelle Lagoa dos Porcos (lac des cochons), et le second iojfoa Formosa (le beau lac) (1).

Lorsque Paracatù était plus peuplée et cette route moins solitaire, on voyait une maison sur le bord de chacun de ces marais. Elles ont été abandonnées à cause de la rareté des terrains couverts de bois et susceptibles de culture, et, lors de mon passage, il en existait à peine quelques légers débris. C'est la nature qui avait pris soin de conserver ici

(1) Je n*ai pas besoin de dire qu'il de faut pas confondre ce marais avec le Lagoa Formosa , d'où le Rio Maranhâo tire son origine (voyez CAZAL,Corog., 1,323).

les traces les plus durables de la présence de F homme. Où étaient ces habitations, je retrouvais les plantes qui semblent suivre notre espèce; des Orangers et des Bananiers offraient encore leurs fruits au voyageur, et le Cucurbita lagenaria ( gourde ) serpentait au milieu des Graminées sauvages.

Après avoir fait 6 legoas depuis Sobradinho, je m'arrêtai , pour y passer la nuit , dans un petit bois, sur le bord d'un ruisseau, au lieu appelé Caveira (crâne). Il y avait eu une maison dans cet endroit; mais, à l'époque de mon voyage, elle était complètement détruite. Mes gens formèrent un abri avec des bâtons enfoncés dans la terreet les cuirs destinés à recouvrir la charge de mes mulets. Sous cette espèce de toit furent placés mes malles et mon lit, et mes domestiques s'étendirent par terré sur des cuirs auteur d'un grand feu. J'écrivais mon journal k la lumière d'une bougie i la nature était ensevelie dans une obscurité profonde ; le plus grand calme régnait autour de moi; je n'entendais que le murmure du ruisseau et le coassement de quelques petites espèces de batraciens.

A â lieues de Caveira est un fond marécageux où des bouquets de bois serrés et des boritys [Mauritxa vinifera, Mart.) s'élèvent au milieu d'une herbe épaisse. Là se trouve une petite source d'eau limpide qui a fait donner à ce lieu le nom A'Olho d'aqoa (source). On appelle Chapada de S. Marcos (plateau de S. Marc) (1) la partie du plateau où

(1) Ud voyageur qui a parlé des chapadoi de Minas Noyas les ludique anssi très-bien eomme étant des plateaux (Suz., Sùuv., 343) ; mais je dois prévenir les ornithologistes qu'ils chercheraient Tainement , sur ces ehapadoi, un oiseau appelé conpy. Ces deux syllabes peignent, par Torthographe française, la prononciation du mot cupim, que les Brési- 1. 20

nait cette petite fontaine, parce qu'elle est un des commencements du Rio de S. Marcos, qui s'écoule sur le versant occidental de la Serra do S. Francisco e da Paranahyba et va se réunir au dernier de ces fleuves.

Après avoir fait environ 5 legoas depuis Caveira, je descendis le plateau (1) par une pente d'où j'apercevais déjà la maison du Regislro dos Arrependidos (douane des repentants). Arrivé dans un fond, je passai sur un pont en bois le Rio dos Arrependidos , qui divise la province des Mines de celle de Goyaz , et j'arrivai au registro,

liens ont emprunté à la langue des Indiens «t qui désigne les termes oo foarmis blanches. Les proéminences en terre, collées contre le tronc des arbres , sans être des nids d'oiseaux , comme Ta cru le voyageur cité , sont bien réellement des habitations de cupim. Quand l'arbre est d'une grosseur notable, la proéminence, ainsi que Ta dit le même écrivain, est simplement appliquée contre un côté du tronc ; elle fait le tour de celui-ci lorsqu'il n'a qu'une circonférence médiocre. Les fourmis arrivent h leur habitation par un chemin couvert qui commence au pied de l'arbre ; ce chemin n'a guère qu'un pouce de large sur quelques pouces de hauteur, et la voûte dont il est abrité est construite en terre , comme l'habitatioo elle-même.

(1) Un cultivateur du pays avec lequel je fis route sur la Chapada de s. Marcos m'assura que ce plateau ne se termine point à la descente des Arrependidos , mais qu'il se continue jusqu'au village de Couros, sitaé à 12 legoas de cette descente, et peut-être même beaucoup plus loin. D'an autre côté, M. Martius dit {Reise^ II , 570) , d'après des renseignements pris auprès des habitants de la province de Goyaz, que le plateau de Couros ( Chapada dos Couros ) s'étend au loin vers le nord : donc on peut considérer comme un fait à peu près certain qu'il n'existe absolument aucune interruption entre la Serra do S. Francisco e da Paranahyba et celle du S. Francisco e do Tocantins. Ceci achève de montrer combien il serait étrange de faire , comme le propose Eschwege , une seule chaîne de la Serra do S. Francisco e da Paranahyba et de la Serra da Corumbâ e do Tocantins, tandis que la Serra do S. Francisco e do Tocantins , parfaitement continue avec la première , n'en serait qu'une sorte de contre-fort ou passerait inaperçue (voyei le commencement du chap. XI).

Au point où je descendis le plateau , j'étais à l'extrémité septentrionale de la Serra do S. Francisco e da Paranahyba, que f avais suivie dans toute sa longueur. Au bas de la chaîne je me retrouvai pour la seconde fois dans le bassin do Paranahyba auquel appartient le Rio dos Arrependidos qui, probablement, se jette dans le S. Bartholomeu.

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