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DBSOR.DHB POLITIQUE DE LA CONTREE. 439 reconnaissance de ses rives. Je me contentai de constater qu'après son court épanouissement dans la plaine de Xieng Hong, le Mékong reprend cet aspect bizarre et tourmente, ce lit étroit et encombré de roches, ces eaux rapides et profondes qui le caractérisent a parlir de Vîen Chan.
Mes compagnons de voyage me mirent au courant de la grotesque réception du roi de Xieng Hong. Il paraît que ce prince a de grandes chances pour que sa royauté lui soit ravie avant peu, car ses droits au trône sont des plus contestés. Dans l'état de désarroi ou se trouvait la contrée après la prise de Xieng Hong par Maha Say, en 1851, et la mort de ce dernier, de nombreuses compétitions au trône se produisirent. Les Chinois, occupés de leur guerre contre les inahométans, ne purent Taire triompher leur candidat, homme d'une grande naissance et âgé de cinquante ans. lin 1800, les musulmans, appelés Phasî dans la contrée, s'emparèrent île la ville et n'en furent chassés que deux, ans après par les indigènes réunis aux impériaux. Le pays se trouva donc un moment dans un ét;il de désorganisation (elle, que les sauvages Kouys, qui habitent au nord de Muong Lcm, vinrent ravager et piller la ville. A va avait eti ce moment entre les mains un fils du roi vaincu et mis à mort par Maha Say, et d'une femme du peuple de Muong Long. Ce jeune homme, dont les droits à la couronne étaient infirmés par la basse extraction de sa mère, avait été contraint de revêtir la robe de bonze, et vivait dans un couvent; il en fut retiré et installé comme roi a Xieng Hong par les Birmans1. À la première occasion favorable, les Chinois essayeront à leur lourde faire prévaloir leur candidat» et la guerre désolera de nouveau ce malheureux pays,
Au moment de noire départ, nous reçûmes de Xieng Tmig des nouvelles qui semblaient faire également présager une lutte prochaine entre les indigènes et les Birmans. Le roi et le Pou Souc se querellaient au sujet de la Commission française, et le mandarin birman, mécontent de la trop bienveillante attitude du roi à notre égard, avait recruté un certain nombre de Phongs, pour les joindre aux soldais birmans qui composaient sa garde habituelle. Le roi avait immédiatement fait justice de cette démonstration hostile en faisant entourer le logement du Pou Souc et eu l'y maintenant prisonnier, lui et sa petite armée. Il avait en même temps envoyé des mandarins à Ava pour accuser le Pou Souc et pour demander qu'il fut puni de morlà Xieng Tong même, ou huit au moins qu'il lut remoyé à Anj pour être jugé. A l'appui de sa plainte, le roi éuumérait les énormes exactions commises par le Pou Souc dans l'exercice de sa charge. L'une d'elles mérita
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d'être citée : elle ne consistait en rien inoins que l'enlèvement de Tardent provenant de l'impôt de Xieng Hong. Cet impôt, qui s'élevait à sept tchoi d'or et à mille tchoi d'argent (le tchoi représente un poids de seize mille grammes), était escorté par des mandarins et avait passé par Xieng Tnng. Le Pou Souc avait envoyé une troupe d'hommes armés, commandée par son propre frère, pour s'emparer de et? tribut, destiné à la cour d'Ava.
Xieng Hong, d'autre part, cherche une occasion de querelle à Xieng Tong. Pendant les dernières guerres, beaucoup des habitants de Xieng Hong se sont réfugiés chez les Kuns, qui maintenant veulent les empêcher de revenir chez eux, s'ils ne consentent h payer un impôt variant de trois thé h deux tchap par personne (de deux francs à sept francs). Après la féte de la nouvelle lune, disaient les gens de Xieng Hong, nous irons faire aux Kuns une dernière sommation, et, si on ne nous écoute pas, nous combattrons.
Tel était l'épouvantable désordre politique au milieu duquel se débattait le pays que nous traversions.
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