Voy. p. 425 en note et De Paris au Tibet, p. 98 et suiv
iU VOYAGE D'ËXPLGttÀTION EN INDOCHINE
Après Ki halte nécessitée par le déjeuner, toute l'expédition se remît en marche. Nous redescendîmes le versant opposé du plateau pour traverser la vallée d'un torrent qui coule au sud; ce cours d'eau appartient sans doute mi bassin du Nam La, rivière qui se jette dans le Cambodge euïreXieng Hong rt Muuii}; Von et c[ul, sur une partie de son cours, sert de limite eotre le Yunnan proprement dit et la principauté des Chip Soug Panna. Nous gravîmes ensuite une chaîne assez élevée : la route, en corniche, ëlait bordée de tombeaux dont quelques-uns en marbre et couverts d'inscriptions chinoises. En Chine, aux abords des grandes villes, toutes les routes se transforment en une sorte de voie funéraire. La circulation devenue plus active, les costumes plus recherchés, les allures moins familières des gens que nous rencontrions, nous préparaient graduellement au spectacle qui nous attendait au prochain détour de la route.
À quatre heuresdu soir, une plaine immense s'ouvrit au-dessous de nous : au centre s'élevait une ville fortifiée dont les maisons rouges et blanches débordaient l'enceinte de toute part et s'allongeaient en faubourgs irréguliers sur les bords de deux ruisseaux qui serpentaient dans la plaine. C'était Sé-mao ! Les cultures maraîchères, les jardins, les villas rayonnaient à une grande distance et, dans plusieurs directions, les rubans argentés des routes de pierre sillonnaient les hauteurs déboisées et grisâtres qui entouraient la plaine. Ce ne fut pas sans une vive émotion que nous saluâmes cette première lie chinoise qui dressait devant nous ses toits hospitaliers
pas humains, nous nous trouvions en présence d'une cité qui était une représentation vivante de la plus vieille civilisation de l'Orient. Pour la première fois, des voyageurs européens pénétraient en Chine par la frontière indochinoise ! A ce moment sans doute, notre enthousiasme dépassa la mesure : les souffrances dont nous l'avions payé nous exagérèrent l'importance du résultat, et, un instant, nous crûmes de bonne foi que la Chine se révélait enfin à l'Europe, représentée par six Français !
Fourneaux <lr* salines dWfr-feoung. — Dessin il>> M. Th. Weber, d'après M. Uclapnrtc.