MIRACLES DE LA MÉDECINE EUROPÉENNE
rèrentpourla première fois cette ornementation bizarre, cette représentation en miniature des différents accidents du sol, qui ont eu en Europe de nombreuses imitations : c'est à l'instar des Chinois que les grottes, les cascades, lesroutesetlespontsaccidentent plus ou moinsheurcusement aujourd'hui nos promenades et nos parcs. La seule partie vraiment artistique restée intacte dans la pagode de Sé-mao était une sorte d'arc de triomphe en pierre d'un dessin régulier et correct, percé sur les côtés de deux ouvertures rondes, forme que les Chinois aiment à donner à leurs portes. 11 y avait aussi çà et là des sculptures auxquelles la matière employée, beau grès à teinte rosée, donnait une couleur chaude qui en rehaussait l'effet. On peut dire que les sculpteurs chinois copient fidèlement l'altitude et rendent exactement le mouvement du corps humain, mais qu'ils s'appliquent plutôt à en imiter les attitudes grotesques et les grimaces qu'à reproduire la belle nature ; ce sont des artistes qui, dans leur vision du beau, n'ont que des cauchemars et auxquels jamais un rêve heureux n'a fait entrevoir le véritable idéal de la forme. Cependant les proportions générales de leurs monuments sont justes; les formes courbes des toits ont une élégance véritable et donnent à leurs villes un aspect plus gracieux que celui de nos maisons à lignes droites et à pentes raides.
Nous étions dans les meilleurs termes avec la population. Elle était assez intelligente pour comprendre combien, en dépit de nos pauvres apparences, nous étions supérieurs aux étrangers qu'elle avait coutume de recevoir. Un jour les soldats du gouverneur laissèrent pour mort, devant notre porte, un employé chinois qui s'était enfui afin d'échapper au châtiment que méritait son refus d'obéissance. Nous avions assisté avec une profonde indignation à la chasse à l'homme à laquelle s'étaient livres les soldats pour rattraper ce malheureux, et nous le recueillîmes immédiatement afin de lui prodiguer les secours que réclamait sa situation. Son état paraissait désespéré : un large coup de couteau avait ouvert les reins et pénétré jusqu'au poumon. D'autres plaies moins dangereuses couvraient ses bras et sa poitrine. Les soins assidus du docteur Joubert conjurèrent le danger et amenèrent même au bout de quelques jours une certitude de guérison. Je laisse à penser l'effelque produisit ce miracle delà science européenne; à la reconnaissance des parents et des amis du blessé se joignirent les sollicitations de tous ceux que la guerre ou la misère avaient estropiés ou rendus infirmes. Notre logement ne désemplissait plus de boiteux, d'aveugles, de lépreux, de malades de toute espèce. Nos médecins soulagèrent de leur mieux toutes les douleurs, et ne ménagèrent ni leur dévouement, ni leur temps, ni leurs remèdes. Les maux d yeux surtout étaient fort communs à Sé-mao, et nous
VOYAGE D'EXPLORATION EN INDO CHINE, sur les cartes européenne*. Le village actuel de Na-koo-li ne justifie cependant pas cet honneur: il ne se compose que d'une dizaine de ma boas en partie ruinées comme tout ce que non? rencontrions sur cette route qu'ont suivie et de Tablée les Ma home la ns en Rapprochant de Sé-mao. A l'époque où les jésuite* ont levé la carte du Yun-nan, Xa-kou-li avait sans doute une certaine importance*
I n peu au deh de ce pointT la roule bifurque: un bras se dirige rers Pou-eul, l'autre ver* de* saline* diluées a peu de distance. Un poste de douaniers est placé a l'embranchement. Des gisements de houille sont exploites à peu de dislance. M. Joubert alla les visiter. Les paieries, ouvertes dans le flanc de la montagne, ont à peine une vingtaine de mètres de profondeur; elles soûl soutenues par des cadres en bois. Le combustible extrait sert a levaporation des eaux salines du village de Ho-boung, situé aux environs. .Nous allâmes explorer ce dernier village. Il compte au moins 200 maisons et présente un aspect des plus animés. 18 puits d'extraction y sont en pleine activité. L'un d'eux, que j'examinai avec soin, avait nh nu- Ire* -i» creux. Des pompes à main étaient échelonnées le long d'une galerie en bois, inclinée a 45% ce qui rachetait environ la moitié de la profondeur.
LTne pompe à air renouvelait l'atmosphère respirée par les ouvriers employés aux pompes. L'eau est amenée par des conduits en bambou dans vingt auges de marbre qui correspondent chacune à un fourneau. Les fourneaux supportent une bassine en fer ou l'on concentre par la cuisson l'eau salée des auges de marbre. Le combustible employé est l'anthracite, dont nous venions de visiter le lieu d'exploitation, mélangée à du bois de pin. Au bout de deux jours, h cuisson de l'eau, sans cesse renouvelée dans les bassines, produit un bloc de se! très dur et très blanc. Pendant tout le temps de l'opération, on écume avec soin les eaux mères. Le bloc relire des bassines pèse environ un picul ou 60 kilogrammes.
Ho -bout!?, — h'^tii Jr M. Hrt.iportc.
Pont sur la rivière de Liu-ngan (voy. p. 4&3). — DMfa de H. Qcrget, d'après un croquis de M» D^lapurl***