‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 111 sur 197 · I. Allusion à la guerre franco- allemande · texte numérisé non relu

I. Allusion à la guerre franco- allemande

LA COMMISSION S'ÉLOIGNE DÉFINITIVEMENT DU MÉKONG. 471 cœur, el il ne prenait d'autres précautions contre l'ennemi que celles de toul disposer pour sa fuite. La ville ne renfermait, du reste, qu'un très petit nombre de soldats, et les remparts étaient complètement désarmés. Seules, deux pièces de canon, l'une en bronze et l'autre en fonte, allongeaient leur long cou auprès de l'une des portes. Les remparts sont construits en briques sur un soubassement en marbre : ils ont 5 à 6 mètres de hauteur sur une épaisseur de 3 mètres; ils sont crénelés, et de 50 en 50 mètres il existe un abri en pierre pour les sentinelles. Sur la banquette sont entassées des pierres destinées à être jetées à la tète des assiégeants. Comme à Sé-mao, on réparait le fossé. Les portes de l'est et de l'ouest sont couvertes par un bastion extérieur avec entrée latérale. La forme générale de l'enceinte est rectangulaire; elle offre un développement total d'environ 2 kilomètres.

Pou-eul n'a aucune importance au point de vue commercial. 11 a cependant donné son nom à des thés très estimés que l'on récolte dans la partie supérieure de la vallée du Nam Hou et sur les frontières sud du Yun-nan, parce que, avant la guerre, ces thés passaient par Pou-eul pour aller, à dos d'homme, parla route de Ta-ly, gagner la partie navigable du fleuve Bleu. Autour de la plaine où est située la ville, surgissent des montagnes calcaires, bizarrement déchiquetées; quelques tombeaux, quelques tours délabrées couronnent les sommets les plus voisins de la ville. Tout est en marbre, jusqu'aux pavés des routes; mais tout est en ruines. 11 existe un petit lac aux environs, dans le nord-est.

Le préfet de Pou-eul remit à M. de Lagrée un passeport lui indiquant l'itinéraire qu'il devait suivre, itinéraire dans lequel le commandant eut peine à faire comprendre la ville de Lin-ngan. Nous nous expliquâmes plus tard la répugnance bien naturelle qu'éprouvait ce fonctionnaire de Pékin à nous faire passer par une ville où le pouvoir central était ouvertement méconnu et sur laquelle le vice-roi de la province n'avait plus aucune action.

A Pou-eul, nous nous trouvions à sept ou huit jours de marche du Cambodge. Je renouvelai, auprès de M. de Lagrée, mes instances pour aller reconnaître le fleuve ; il m'eût été possible de le faire sans retarder la marche de l'expédition, qui n'avançait qu'assez lentement et que j'aurais pu facilement rejoindre en doublant mes étapes. M. de Lagrée se refusa à me laisser aller seul dans un pays dévasté et parcouru en tous sens par des bandes armées, et nous tournâmes définitivement le dos au Mékong sans avoir grand espoir de le retrouver jamais f.

Partis de Pou-eul le 4 novembre, nous traversâmes une série de mamc-

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