‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 112 sur 197 · Voy. p. 349, 4Gi et · texte numérisé non relu

Voy. p. 349, 4Gi et

D'EXPLORATION EN INDO-CHINE, ils, qui s élevaient de plus en plus et qui nous a m en ère ni Lien lot lin nos -I nné haute chaîne qu'il fallait gravir. Le temps était pluvieux el les sentiers glissants; nous eûmes quelque peine à arriver au sommet Mon baromètre holoslérique l, qui à Pou-eul indiquait une altitude de 1400 mètres, descendait rapidement» Il indiqua sur la ligne de Tulle une hauteur de 1800 mètres; nous nous trou vïons a 1 Un il<>s points h;s plus lus d'une chaîne considérable, venant du nord, et qui paraissait se diriger ensuite vers Test, La ligne sombre el fortement accusée qu elle traçait au milieu de la région montagneuse que nous traversions avait quelque chose du si caractéristique, qu'a partir de ce moment j'eus la conviction que nous changions de bassin et que les eaux que nous allions rencontrer cessaient de se diriger vers le Cambodge. Après une descente extrêmement raide, que la pluie rendit dangereuse, a la nuit close nous arrivâmes au village de Nû-he, qui, comme llo-houiig, est le siège d'une exploitation saline. Une rivière coule au pied* se dirigeant vers le nord ; nous suivîmes ses bords pendant quelque temps» puis nous abandonnâmes la vallée pour gravir les hauteurs qui la limitent à Test.

Le pays devenait plus sauvage, les pentes plus âpres, le sol plus rocailleu v ; les cultures se faisaient rares el la chaussée empierrée que nous avions suivie depuis Sé-inao disparaissait pendant de longs intervalles. Cependant la route était assez fréquentée. À chaque instant de longues files de soldats, des mandarins a cheval ou en palanquin, se dirigeaient vers Pou-eul, ou Li ta-jen leur avait donné rendez-vous. Il avait, disait-on, Vi prendre l'offensive el de prévenir l'attaque des Mahomêtans.

Après une longue journée de marche, nous redescendîmes dans une vallée assez large, dont les pentes dénudées étaient affreusement ravinées par les pluies. Une rivière presque a sec se perdait au milieu des caillou* qui formaient son lit; nous ne lardâmes pas à entendre gronder, h peu de distance, les cau\ d'un Il eu y c large el rapide qui venait du nord* Arrivés au conîluent des deux cours d'eau, nous primes la rive droite du fleuve, où une végétation luxuriante reposa nos regards. Le fleuve que nous avions rejoint est appelé par les Chinois le Pa-pien kiang. Ses eaux boueuses étaient rougeâtres et assez profondes. Je crus que nous étions arrivés à la branche la plus occidentale du fleuve du Tong King. M. de Lagrée identifiait au contraire le Pa-pien kiang et le Nam La, affluent du Cambodge qui rejoint, comme on se le rappelle, ce fleuve au-dessous de Xieng Hong. Nous ne pouvions guère espérer des Chinois des renseignements sérieux sur cet

Page 1