‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 114 sur 197 · Voy. p. 142 et · texte numérisé non relu

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GISEMENTS AURIFÈRES. 477 France que nous avions espéré apprendre de sa bouche, à notre arrivée à Yun-nan.

La population de Ta-lan est mélangée, dans une proportion très considérable, de sauvages auxquels les Chinois donnent le nom de Ilo-nhi. Ils ressemblent par le costume aux Rhas Khos, mais physiquement ils sont plus beaux et plus forts ; leurs traits se rapprochent de notre type occidental : cependant le front est étroit, la face rectangulaire, les sourcils horizontaux, l'œil noir, le teint cuivré. Leurs femmes sont extrêmement vigoureuses, et l'œil se repose avec plaisir sur ces filles à l'allure vive et franche, passent, agiles et dédaigneuses, à côté des pauvres Chinoises mutilées, qui marchant par saccades sur leurs moignons, et que ne console pas le luxe des babouches et des bandelettes qui recouvrent soigneusement leurs blessures. Les Ho-nhi se sont joints aux Chinois pour repousser l'invasion mahométane. Ils sont très habiles à tirer de Tare et se servent de flèches empoisonnées. Il semble que cette race, qui paraît indigène dans les montagnes du Yun-nan, soit celle dont descendent les Laotiens, de même que les sauvages, habitant la grande chaîne de Cochinchine, sont peut-être le tronc d'où sont sortis les Annamites.

Le temps était couvert et pluvieux, et le froid commençait à se faire sentir. Les habitants, très frileux, portaient de vrais matelas sur les épaules. Grande fut notre surprise quand nous découvrîmes sous la longue robe de chacun d'entre eux une véritable chaufferette suspendue sur leur poitrine, et au-dessus de laquelle ils tenaient les mains en marchant. Nous-mêmes, bien que le thermomètre marquât encore 12 à 13°, nous nous serions volontiers approchés du feu, en gens habitués aux ardeurs du soleil des tropiques. Nous étions cependant encore dans la zone torride, à 2 ou 3 kilomètres du tropique du nord. L'altitude de Ta-lan est de 1500 mètres environ.

Nous allâmes visiter des gisements aurifères situés à quelque distance au nord de la ville, à la limite du territoire de Ta-lan et de Yuen-kiang. Dans les gorges d'une montagne dénudée, où le sol est d'une couleur verdàlrc, coulent plusieurs petits torrents sur les rives desquels ont lieu les travaux d'exploitation. L'or parait provenir de quartz infiltré dans les épaisses couches de schiste qui forment le sol. Il y a vingt ans déjà que l'on a commencé à laver les sables des torrents et à creuser des galeries dans les flancs de la montagne, mais les résultats obtenus sont peu importants, car la production n'a jamais dépassé 1000 onces d'or par mois *, c'est-à-dire une somme

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