‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 127 sur 197 · ORIGINES DE LA RÉBELLION MAHOMÉTANE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE LA RÉBELLION MAHOMÉTANE

il vendait du sucre d'orge lotsque éclata, en 1856, la révolte des Mahométans. Il convient de donner rapidement ici un aperçu des causes et des principales phases de cette guerre.

Les révoltes qui, pendantles trente dernièrçs années, sont venues ébranler la puissance de la dynastie tartare n'ont paé tardé à avoir leur contre-coup dans le Yun-nan, où les Mahométans sont influents et nombreux. Encouragés par l'exemple de leurs coreligionnaires du Chen-si, ils voulurent s'attribuer un rôle prépondérant et ils affichèrent des prétentions intolérables. En 1856, ils provoquèrent à Yun-nan une sédition à la faveur de laquelle ils pillèrent la ville. Les hauts fonctionnaires chinois, après en avoir référé à Pékin, résolurent de se débarrasser d'eux par un massacre général. Le gouverneur de Ho-kin, ville située entre Li-kianget Ta-ly, s était acquis une certaine réputation en combattant les Thaï-ping dans le Kouang-si; il fut chargé de donner le signal de cette sanglante exécution. 11 réunit tous les vagabonds et les gens sans aveu du pays, leur fournit des armes, et, au jour fixé, les précipita sur les Mahométans, dont un millier environ furent exterminés. D'autres massacres eurent lieu en même temps sur différents points de la province. Les Koui-tse, qui depuis longtemps s'organisaient pour la résistance, se soulevèrent à la voix d'un simple bachelier de Monghoa, nommé Tou-uen-sié, orphelin chinois qui avait été adopté en bas âge par un Mahométan. Sa petite armée, qui ne se composait d'abord que de 40 sectaires, s'accrut bien vite des Musulmans échappés au massacre de Ho-kin et de ceux que la crainte d'un sort semblable faisait fuir de Yong-pé et des autres villes du voisinage. Tou-uen-sié alla avec 600 hommes attaquer Ta-ly, ta seconde ville de la province du Yun-nan, que son admirable position stratégique et commerciale désignait au choix des révoltés. La ville, occupée par une garnison de 4000 hommes, composée en partie de Mahométans, se laissa prendre sans résistance (avril 1857). hfi gouverneur de Ho-kin vint immédiatement en faire le siège; mais ses troupes, qui comptaient plus de pillards et d'assassins que de soldats, furent mises en déroule. Les Mahométans marchèrent aussitôt sur Yun-nan, la capitale de ta province, dont ils s'emparèrent; le vice-roi, nommé Pang, réussit peu après à les en chasser; mais un ardent sectaire qui avait fait autrefois le voyage de la Mecque et qui avait reçu de ses coreligionnaires le titre de Lao-papa, fomenta peu après de nouveaux troubles à la faveur desquels le vice-roi fut assassiné et Lao-

niège de Ta-ly fbu M. Dupuis était déjà le fournisseur d'armes de Mà, et celui-ci lui avait donné des soldats de sa garde pour protéger ses opérations commerciales a travers le Tong Ring. Voy. le livre si intéressant et si consciencieux de M. Uippolyte Gautier : les Français au Tonkin, p. 80 et 103.

YOY,

Page 1