‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 129 sur 197 · Voy. p. 380 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. p. 380 et suiv

Nous assistâmes, le 25 décembre, à la messe de Noël, célébrée par le P. Protleau dans une modeste salle attenant à sa demeure K Une trentaine de Chinois s'y trouvaient réunis. La ville de Yun-nan ne contient guère qu'une centaine de chrétiens ; la misère qu'ont engendrée les guerres ei\i~ les, l'indifférence religieuse qui caractérise le peuple chinois, ne favorisent pas l'accroissement de ce faible troupeau 2, 11 comprenait jadis 7 h 800 personnes, et la province entière comptait 7 ou 8000 fidèles. On serait fort embarrassé aujourd'hui d'en retrouver le quart. La mission du Yun-nan se composai!, au moment de notre séjour, de Mtr Le ferre, vicaire apostolique, qui résidait à Long-ki, sur les frontïëresdu Sé-tchouen et du Yun-nau, avec un autre missionnaire, l'abbé Chiroux, — ce respectable prélat avait quitté la France en 1830, avant la chute de Charles X; — du P. Lcguîlcher, dont je viens de parler; des PP. Proiteau et Fenouil, Trois ou quatre prêtres chinois complétaient ce personnel. Nous devions faire successif ment connaissance avec chacun de ses membres.

Le lendemain de h Noël, AL de La grée alla faire une visite officielle à Song ta-jen* Celui-ci, beau vieillard à barbe blanche et à figure distinguée, le reçut avec une affabilité et une courtoisie qui nous donnèrent une haute idée de la politesse chinoise. Entouré de tous ses mandarins en grande tenue, il vint a la rencontre du chef de la mission française jusqu'à la deuxième porte de son yamen. Son riche costume couvert oV fourrure indiqua il combien l'hiver de Yun-nan paraissait rigoureux à des fonctionnait teà t de la grande province du Sé-t chouan, qui se trt rie ure et dont les immenses plaines joui! chaude température. Song ta-jen rendit dès le lendemain sa visite à M. de Lagrée.

En sortant de chez Song ta-jen, nous nous rendîmes chez Mâ ta-jen. Il habite en dehors de la ville une villa plaisamment située sur les bords du lac. C'est un homme de trente-six ans, d'assez puissantes mais d'assez grossières allures. On comprend en le voyant qu'il soit parvenu à dominer le faible cénacle chinois que Pékin envoie pour gouverner cette province lointaine. 11 est couvert de blessures, et il montre avec fierté ces preuves de sa bravoure, qui, mieux que des diplômes, l'ont conduit au pouvoir. Son appartement est un véritable arsenal où l'on trouve avec surprise une collection formidable d'armes européennes de toute espèce : carabines, trombloos, armes à répétition, fusils Lefauchcux, revolvers. 11 s'exerce toute la journée à l'usage de ces différents engins, et il est peu de meubles chez lui qui ne

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