‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 135 sur 197 · Voy. p · texte numérisé non relu

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compromettre à son toor la légation française, en l'amenant à soutenir an

inclionnaîre qui pouvait, d'un joar à l'antre, se déclarer contre l'empereur; auasi partait-il à tout propos de la violence dont il avait été l'nbjeL Il eût été pourtant bien simple d*eipédier une contre-leltre ou même d'écrire précisément le contraire de ce que demandait Mi la jeu, puisque personne ne pouvait contrôler, k Yun-nan, le contenu d'une dépêche française. II é lait donc plus probable que le P. Fenouil avait fait volontaire ment cette démarche el que, malgré les terreurs qu il éprouvait depuis reiplosioo de son yamen, il n'avait pas abandonné toute prétention à jouer un rôle politique important dans la province, li caressait encore f espoir secret d'être pris comme arbitre par les deux partis, et il était à craindre, s'il persistait dans cette voie, qu'elle ne lui devînt funeste1.

L'e&istence de ces pauvres missionnaires, qui, par dévouement à leur œuvre et pour ne pas augmenter les dépenses de leur congrégation, 5e font, presque tous, un point d'bonneur de ne jamais revenir dans leur pairie, à moin* de maladies très graves, est si triste ou si méritoire que Ton na. pas le courage de condamner trop sévèrement les fautes politiques que l'ennui leur fait commettre. Le tort de notre gouvernement a été de favoriser leurs prétentions et de les soutenir quand même dans celte voie, II leur a obtenu et il continue & leur assurer la tolérance religieuse qu'ils avaient compromise par leurs querelles intestines du dix-huitième siècle. Aller plus loin me parait dangereux : nous nous exposerions trop souvent à sacrifier à des questions personnelles, â des rivalités purement locales, les intérêts gêné* raux de la civilisation et ceux de notre commerce \

Après l'arrivée du P. Fenouil, nos relations avec les autorités de Yunnan devinrent plus suivies et plus familières. Ce n'était pas sans timidité et sans répugnance que le P. Protteau se prêtait au rôle d'interprète; il préférait le calme et l'obscurité de sa vie modeste au dangereux honneur de fréquenter les palais. Le P. Fenouil, au contraire, se trouvait à son aise et comme dans son élément dès qu'il s'agissait de négociations politiques et de discussions sur l'étiquette, et il lui est sans doute arrivé plus d'une fois de nous engager plus loin que nous ne l'aurions voulu.

Les ressources de la Commission étaient à peu près épuisées ; cependant les rigueurs de la température et les exigences de notre situation officielle nous obligeaient à profiter du magnifique approvisionnement des magasins de Yun-nan pour renouveler notre garde-robe et les costumes de notre

1. Voy. De Paris au Tibet, p. 389 à 411. — Nous croyons devoir signaler encore ces deux portraits comme d'intéressants spécimens du talent d'écrivain de Francis Garnier.

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