francs environ
2. Nous avons déjà dit que Francis Gantier, s'appuyant sur le texte des instructions officielles qu'avait reçues la Commission avant son départ, instructions portant qu'il fallait « déterminer géographiquement le cours du Mékong par une reconnaissance poussée le plus loin possible ». insista constamment pour remonter au nord, rédigea et écrivit lui-même, sur le registre de la
VUÏAGB D'EXPLORATION EN INDG-CHISI
f 11 rouie directe sur Ta4y était impraticable, roi intérimaire Son g U-jen, cl Mâ U-jen lui-même, se mirent a rire, a demande que leur fil M. de Lagrée, de nous conduire aux avanl-poéte*, et de nous remettre aux mains des troupes blanches. Il n'y avait point, nous diren(*U*t un pouvoir assez fortement constitué dan* le camp de§ rebelle* pour que l'on pût négocier sûrement le passage de la Commission fran- < um. H h- contrer ri un sauf-conduil que délivrerait un )eOf« géflfaiftX< M, de Lagrée résolut donc de contourner par le nord le théâtre de la guerre, et de reconnaître ainsi en même temps, jusqu'au* frontières du Tibet, le i unis «lu Cambodge et celui du fleuve Bleu. Si, comme rassuraient les autorités chinoises, il n'existait pas chez les Mahométans une unité de vues et d'action permettant de croire que ln recommandation d'un de leurs chefs militaires eût de l'influence sur ses collègues, le lien religieux était au contraire tout-puissant, el M, de Lagrée songea, pour faciliter notre voyage à Ta-Iv, à s'assurer les bonnes grâces du Lao papa. J ai déjà parlé de ce singulier personnage : s'il n'avait réussi a jouer qu'un rôle politique ridicule l, au \mni de vue religieux, il restait entouré d'une profonde vé* ration. Reconnu par le gouvernement chinois comme chef spirituel Mahométans de la province, il jouissait à ce titre d'émoluments confies et d'honneurs officiels. Le gouvernement chinois avait cru d une e politique de ne marchander ni les uns ni les autres, pour bien indir aux fanatiques sectateurs du Coran qu'il ne faisait pas la guerre à 3 bornait à repousser leurs prétentions politiques, an, M. de Lagrée ne possédait pas des rer* ments suffisamment précis pour bien juger une situation aussi exceptionnelle. Craignant d'éveiller les susceptibilités des autorités chinoises s'il montrait trop d'empressement à se lier avec un de leurs anciens adversaires, il laissa s'écouler plusieurs jours avant de rendre visite au Lao papa. Ce susceptible vieillard, dont les voyages avaient aiguisé l'esprit, et qui avait une idée plus juste que tous ses compatriotes de la science occidentale et du rôle des Européens dans le monde, crut à du dédain de notre part, et il eo fut blessé d'autant plus qu'il avait conscience de le moins mériter. Aussi, quand M. de Lagrée se présenta enfin chez lui, fit-il dire qu'il était absent. Le P. Fenouil arriva à temps pour renouer ces relations compromises. La rancune du Lao papa ne tint pas devant sa curiosité. Le provicaire lui fit adroitement connaître qu'un des membres de l'expédition s'occupait d'as-
Commission. les instructions relatives au voyage de Ta-ly que M. de Lagrée lui avait demandé de présenter à sa signature. Voy. p. 269, 310, 320, 382, 403, 550 et 553. 1. Voy. p. 515 et 516.