‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 141 sur 197 · LA VALLÉE DE KONTCHANG · texte numérisé non relu

LA VALLÉE DE KONTCHANG

Nous passâmes à Kon-tehang toute la journée du 14 janvier* M. de Lagrée soutirait d'une fièvre continue et d'un point de cùté qui rendaient ce

Arrivée <1uih Lu vallée de Kou-lchantf. — Dessin de M. Ddaporte, d'agirè* uature.

repos nécessaire. Cette localité est pauvre et sans ressources. Comme son nom le fait pressentir (tchang signifie « mine » en chinois), il y a dans le voisinage des gisements de cuivre et de zinc* La petite rivière creuse son lit sinueux et encombré de cailloux dans les lianes du plateau qui limite

à IVst la vallée du Li-tang ho. Nous remontâmes ce lit pendant quelque temps, et nous nous élevâmes de nouveau sur le plateau» qui offre, en ce point, une altitude moyenne de 2G0O mètres. La population de cette zone, assez clairsemée, perd de nouveau sa physionomie chinoise et accuse une proportion considérable de sang étranger. Les maisons sont construites en boue. L'avoine et la pomme de terre poussent seules sur des cimes sans cesse balances par un vont -I acinl. C'est a peine si quelques arbustes rabougris réussissent h s abriter dans les plis du terrain. Çâ et là on rencontre de longues traînées de neige, que ne peuvent fondre les rayons affaibli* du soleil.

Nos porteurs de kon-tchang, effrayés du long trajet qu'il leur restait 4 faire dans ce pays désolé, s'enfuirent pendant la nuit, et nous fumes obligés de requérir de force les habitants d'un pauvre hameau.

Nous rencontrâmes, le soir même, un petit mandarin envoyé avec une escorte à notre rencontre par le commandant militaire de Tong-lchouen, Il nous procura des moyens de transport suffisants, et M, de La grée, dont le malaise s'aggravait, put continuer sa route en palanquin.

Le lendemain, nous franchîmes un col élevé où le baromètre indiqua 533 millimètres, A très peu de distance, sur notre gauche, s'élevait un pic couronné de neige, dont l'altitude devait être peu inférieure à 4000 mètres. Des crevasses larges et profondes, semblables à d'immenses tranebt II sillonnaient de tous côtés le plateau, qui s'abaissait légèrement dans la direction du nord. Nous descendîmes an fond d'une de ces énormes faille

les eaux des pluies, et nous arrivâmes au bourg de Tay-phou, marché assez important, dont les boutiques étaient magnifiquement approvisionnées en raison de l'approche du jour de Tan chinois. Une population mélangée, aux costumes pittoresques, était accourue des montagnes environnantes et s'empressait devant les étalages. L'auberge du lieu était pavoisée en notre honneur ; nous y reçûmes un confortable accueil.

Tay-phou est situé sur les bords d'un ruisseau qui devient un peu plus loin la rivière de Tong-tchouen. Le 18 janvier, après avoir fait encore quelques kilomètres à pied, nous louâmes une grande barque et descendîmes rapidement le courant, pendant que nos bagages cheminaient à dos d'homme le long de la route en corniche qui se suspend aux flancs de la vallée. Les eaux étaient basses et les rapides fréquents; mais notre embarcation à fond plat glissait facilement sur les cailloux, grâce aux efforts vigoureux de l'équipage, qui se mettait à l'eau pour la dégager. Malgré l'absence de fatigue et la rapidité de notre marche, le paysage

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