‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 142 sur 197 · ARRIVÉS A TONG-TCHOUEN · texte numérisé non relu

ARRIVÉS A TONG-TCHOUEN

horrible que nous avions sous les yeux, nous fit trouver bien longues les buil heures de navigation qui nous séparaient de Tong-tchouen. Deux murailles de roches rougeàlres, stériles, ravinées par les pluies, sans un arbre, sans un brin d'herhe, limitaient de tous côlés les regards qui cherchaient en vain un point où se reposer. Pas un nuage ne venait tempérer l'éclat de la lumière et l'ardeur de la réverbération; le ciel était d'un bleu clair d une uniformité désespérante. Un vent du sud-sud-ouest soufflait par rafales intermittentes et produisait, en s'engageant dans les détours de la vallée, un sifflement lugubre* Çà et là s'élevaient quelques maisons de pécheurs, construites de cailloux non cimentés, amoncelés les uns sur les autres. C'est bien ainsi qu'on peut se représenter un pays dans les veines duquel coule du cuivre et qui remplace les fruits de la terre par des produits métallurgiques. Vers quatre heures, nous entrâmes dans un canal latéral, qui dérive vers Tong-tchouen une partie des eaux de la rivière' ; 1rs mon-

Navigation dans lu rivtûri: île T<»ng-ktioin'ti. — Uf^in de M, lie lu pu rte, tl+4pr -s rialnn

lagnes aux croupes dénudées s'éloignèrent en formant un vaste cercle ; une grande plaine s'ouvrit devant nous; les cultures reparurent, et au milieu d'elles la ville de Tong-tchouen dre<sn s;i couronne rectangulaire de été* m mi\. Noos traversâmes en barque un faubourg en partie ruiné, où de nombreux poutsde pierre nous forçaient à chaque instant à baisser la lé le.

La nuit était déjà venue quand nous arrivâmes a la pagode où un logement nous était préparé. Cette pagode était située à I intérieur même de l'enceinte, mais des ordres sévères avaient été donnés [unir que notre repos ne fût pas troublé; de vastes cours et des portes solides nous séparaient de

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l'extérieur; les dimensions des logements qui nous étaient réservés et le luxe de leur aménagement ne laissaient rien à désirer. Nous n'avions jamais été aussi près du bien-être. L'existence que nous menions depuis deux ans était pour nous faire apprécier le calme et le repos de cette confortable retraite. Malheureusement, elle devait être pour le plus méritant d'entre nous le terme de sa pénible odyssée 4.

|« Voy. p+ 4t eu noie.

Knlrôe du canal de Tcmg-tchoucn. — Dessin de Th. Wcber, d'oprè» M. tk- la porte.

Arrivée à la vallée du Yang*tse kiaog.

— Dessin de M. Dulaporlo, d'après nature.

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