‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 148 sur 197 · Vny. la note sur la « inonoinanie du Mékong », p · texte numérisé non relu

Vny. la note sur la « inonoinanie du Mékong », p

?. Voilà encore un passade caractéristique qui montre quelle persévérante et intelligente énergie Francis Garnier mettait au service de ses idées. (Voy. De Paris au Tibet, p. 171.)

UNE PAIITIE DE LA COMMISSION PART POUIl TALY. 553

« Persistez-vous à partir?» me demanda-t-il !. Et, sur ma réponse affirmative : « Vous avez raison, me dit-il; mais soyez prudent, et aux premières difficultés sérieuses revenez. Il vous faut compter avec la fatigue que nous éprouvons tous, avec le peu d'efforts physiques dont nous restons capables, avec le découragement et la lassitude morale qu'éprouvent déjà certains de vos compagnons. »

Je lui soumis le projet d'instructions qu'il m'avait chargé de rédiger et que je crois devoir résumer ici 2 :

« M. Garnier partira le 30 janvier, accompagné de MM. Delaporle, Thorel et de Carné, et de cinq hommes de l'escorte. Il se dirigera vers le confluent du Kin-cha kiang et du Pé-chouy kiang, où il recueillera, en même temps que les renseignements commerciaux et géographiques, toutes les indications de nature à l'éclairer sur la situation des pays musulmans de l'ouest. Suivant la nature de ces indications, M. Garnier se décidera à avancer sur Ta-ly ou sur Li-kiang, après en avoir demandé l'autorisation par lettre. Le but de cette partie du voyage sera de préciser le plus possible tout ce qui est relatif au Lan-tsang kiang (Cambodge ou Mékong), à ses origines, à sa navigabilité. Dans tous les cas, M. Garnier devra être de retour à Siu-tchéou fou à la fin d'avril au plus tard.

« Si, à un moment quelconque du voyage, M. Garnier pensait pouvoir atteindre facilement un point quelconque du Mékong, il le ferait seul et de la manière la plus prompte possible 3. »

M. de Lagrée souligna ce dernier paragraphe. La reconnaissance d'un point du Cambodge situé dans le voisinage du Tibet aurait couronné d'une façon brillante notre long voyage. Ce devait être là le but principal que je devais me proposer. Il m'eût été facile, en voyageant seul, de l'atteindre en très peu de temps 4; M. de Lagrée me recommanda donc, si je ne devais courir aucun danger, de laisser mes compagnons et mon escorte derrière moi, pour leur épargner une fatigue inutile. H ne s'était décidé à m'adjoindre une fraction aussi considérable de l'expédition que parce qu'il pensait qu'un noyau d'hommes résolus courrait des risques moins grands qu'un voyageur isolé. Si les périls annoncés s'évanouissaient, je devais aller seul, pour gagner du temps et arriver à Siu-tchéou avant les pluies.

1. Cotte question n'iudiquc-t-clle pas clairement la part que Francis Garnier avoit eue à l'idée du voyage de Ta-ly?

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