‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 151 sur 197 · Voy. p · texte numérisé non relu

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3. On comprend le sentiment d'orgueil dt»s voyageurs et Ton s'étonne encore qu'une pareille exploration, si féconde pour la science, si glorieuse pour le pays, n'ait guère été, jusqu'aujourd'hui, connue et appréciée en France, où l'on glorifie cependant si volontiers les travaux et les succès des voyageurs étrangers, que par les savants et les géographes de profession.

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des renseignements insuffisants pour envoyer une lettre à ce jeune prêtre, que le P. Fenouil nous avait signalé, et qui pouvait nous rendre les plus grands services comme interprêle. A rétape suivante, celle de Tchangtrhou, je fus plus heureux, et j'appris par les nouveaux chrétiens que nous y rencontrâmes que la résidence du P. Lu était le village de Ma-chang. situé à 30 lieues de llong-pou-so.

A partir de Tchang-tchou, le pays a un aspect moins sauvage, les pentes devicnnonl moins abruptes et plus cultivables. La large et belle vallée ou s'élève la ville de Houey-li tchéou ne tarda pas h s'ouvrir devant nous, l-a

Ll ville nV Rimj-li Icheoti. — Dt*&mi <]«< M. Delaporle, d'aprci nature

circulation était extrêmement active; nous croisions h chaque instant des convois de sel, de charbon, de pelleteries, de cuivre, do matières tinctoriales et médicinales; dans le même sens que nous, cheminaient des caravanes chargées de coton et de cotonnades. Houey-H tchéou est une ville très commerçante, qui nous apparut de loin, alignant ses toits rouges sur les bords admirablement cultivés d'une jolie rivière coulant vers le sud. Dans celle direction, les montagnes s'abaissent, et Ton devinait qu'à l'horizon s'ouvrait la large coupée du Kin-clia kiang l. Dans le nord, derrière la ville, une haute montagne étalait nu soleil sa croupe de neige, sur laquelle

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HOUEY-Lt TCHKOU. 561 se détachait la silhouette des créneaux et des clochetons de llouey-li tchéou.

lin entrant dans les faubourgs, deux hommes à chapeaux rouges vinrent à noire rencontre : c'étaient des guides envoyés par le mandarin de l'endroit. Us nous firent traverser entièrement la ville du sud au nord, et nous conduisirent dans une grande hôtellerie située dans le faubourg opposé. Les réjouissances du jour de Tan duraient encore, et cependant la ville avait conservé les apparences d'un marché de premier ordre. C'est à la fois un entrepôt considérable de marchandises et un lieu de fabrication pour les objets de sellerie, de harnachement, de voyage et les ustensiles de cuivre. Il y a des mines de ce métal dans le voisinage.

Le mandarin de Houcy-Ii tchéou m'envoya, dès notre arrivée, quelques présents, et je lui fis une visite le lendemain. La difficulté que nous éprouvions à nous comprendre mutuellement abrégea notre entretien. Je laissai entrevoir mon intention de pénétrer sur le territoire mahométan. Mon hôte essaya de m'en dissuader en me faisant le tableau le plus sombre des dangers auxquels je m'exposais.

11 était impossible en effet de s'engager définitivement dans un pays inconnu et peut-être ennemi, sans avoir des renseignements sérieux et précis sur l'état de la contrée et la situation respective des parties belligérantes : mon inexpérience de la langue m'empêchait de les obtenir ; dans tous les cas je devais me défier des informations que me donnaient les autorités chinoises. J'expédiai donc un courrier au P. Lii, pour le prier, BU nom de son évêque, de vouloir bien s'aboucher avec nous à Hong-pou-so, point vers lequel j'allais me diriger. La langue latine était cuire lui et moi un moyen de communication plus à ma portée que le chinois1. Je renvoyai eu même temps, à l'exception de trois d'entre eux qui manifestèrent le désir de rester avec nous, les porteurs qui nous avaient accompagnés depuis Toug-tchouen, et je remis au plus intelligent d'entre eux une lettre pour le commandant de Lagrée.

Nous profilâmes de notre séjour à Houey-li tchéou pour compléter l'éi|uipement de notre cavalerie. Les marchands chinois sont les plus habiles du monde h duperies acheteurs, même quand ils ont affaire il leurs coin- [■M riotes; que dire de leurs prétentions et de leurs fourberies quand les acheteurs sont étrangers et qu'ils passent pour ni îi rida fin s ? Les prix demandés sont généralement le décuple des prix réels, et quand on croit avoir acheté un objet neuf, on est tout étonné de voir qu'on lui a substitué un objet qui a déjà servi ou qui est détérioré. Malgré la vigilance de MM. Delà-

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