I. Voy. nule p
VOYAGE D'BXPLORATlitN EN INDO-CHINE, porte et de Carné, qui s étaient charges de ces achats, on trouva moyen do leur passer des mors cassés et des couvertures de cheval déchiras. Ces couvertures étaient de provenance russe.
Nous quittâmes Hoticy-li tchéou le 7 février, accompagnés de deux ou trois officiers subalternes, chargés par le mandarin du lieu de faire transporter nos bagages et de veiller à nos besoins jusqu'à Hong-pou-so. Nous remontâmes la vallée d'un petit affluent de la rivière de llouey-li tchéou, dont les parois calcaires, creusées d'excavations bizarrement découpées, offraient de ravissants paysages en miniature. À de grandes hauteurs au-dessus du sentier en corniche le long duquel nous cheminions, s'ouvraient de V&âtefl grottes, desquelles s'échappait un mince filet d'eau ; de petits jardins, quelques maisons, une pagode, apparaissaient sur le seuil de la grotte, dont les sombres profondeurs leur donnaient un relief saisissant, et, leur servant de cadre, les transformaient en un énorme médaillon.
Après avoir franchi une ou deux crêtes du haut desquelles la vallér du fleuve Bleu nous apparut de nouveau à une faible dislance, uous traversâmes un col forlilxé qui domine la plaine de Ilong-pou-so, et qui était jadis fermé par une épaisse porte. Celle-ci gît par terre et la fortification est démantelée; mais on construit des auberges neuves à tous les coins de la route, et Ton dirait que la vie renaît après la longue interruption d une guerre Le chef d"un villas mj nous nous arn iainrs [mur changer de porteurs avait préparé en toute haie une collation à laquelle il vint nous convier à
on a toujours faim* Nous fîi
attention par le don d'un couvert en ruolz.
L'exposition au midi des coteaux que nous descendions, et la diminution de l'altitude, produisaient un changement sensible dans la flore du pays, où M. Thorel retrouvait les principales plantes qui poussent à Xieng Hong, sur les bords du Mékong. A llong-pou-so, où nous arrivâmes le lendemain de notre départ de llouey-li tchéou, nous étions à 700 ou 800 mètres plus bas que le plateau, et le voisinage du fleuve, dont nous étions à peine à quelques kilomètres, élevait notablement la température. Ce fut pour moi une heureuse circonstance : depuis llouey-li tchéou j'étais atteint d'une pleurodyniequi m'empêchait de respirer et me causait des douleurs intolérables; j'avais été obligé, pour continuer à marcher, de me faire soutenir, surtout dans les montées, par deux Annamites, et j'avais, un instant, craint d'être obligé d'interrompre le voyage. Un repos de trois jours à llong-pou-so et la chaude atmosphère que j'y respirai me remirent complèiement *.