Voy. De Paris au Tibet, p. 2C1 et
LE PÈRE LEGVILCHËK. W7 Ouelcjues minutes plus tant, j'étais auprès de lui : a Vous êtes le P. Leguilcher? lui dis-je.
— Oui, Monsieur, me dit-il après quelque hésitation, et vous m'annoncez sans doute le lieutenant de vaisseau Francis Garnicr, de qui je viens de recevoir une lettre. »
.Mon costume, ma barbe inculte, ma carabine et mon revolver, rue donnaient aux yeux du Père l'air d'un forban ; évidemment ce n'était point ainsi qu'il s'était figuré un officier de marine.
« Je suis, mon Père, l'auteur de la lettre, lui répondis-je en riant, et je vois que vous me prenez pour mon domestique. Mais que voulez- vous? nous \ ennns de loin, et il y a longtemps que nous n'avons pu renouveler notre garde-robe. Ce n'est pas vous, n'est-ce pas, qui nous reprocherez notre dénuement? »
Nous échangeâmes avec émotion une poignée de main, etje lui présentai les membres de la Commission qui arrivaient successivement.
Il y avait onze jours que nous marchions sans interruption; nous n'avions jamais, depuis notre départ de Saigon, accompli un trajet aussi long et aussi fatigant. Nos porteurs étaient exténués, et M. Dehporte pris par la lièvre. Nous trouvâmes dans la demeure du P. Leguilcher le confortable relatif, la tranquillité et le repos dont nous avions si grand besoin K
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