ARRIVÉE A TA-LY
sans doute plus habiles. » Le travSfl du dessinateur de l'expédition \ qui avait été se placer sur une pointe de rocher pour prendre le panorama du lac, donna lieu à mille commentaires, a Pourquoi reproduire, disait-on, limage de notre pays et de ses montagnes, si ce n'est pour en faire plus facilement la conquête ? »
Afin de ne pas donner de consistance à ces soupçons naissants, je mis une sourdine à mes questions et je pris les précautions les plus grandes pour obtenir les renseignements géographiques et politiques qui m'étaient indispensables.
Le lendemain, à quatre heures du soir, la réponse de Ta-ly arriva enfin : elle était favorable. Le mandarin de Hiang-kouan s'excusa même, en nous la remcUant, de nous avoir retenus jusque-là. Cette politesse nous parut de bon augure.
Le 2 mars, au matin, nous nous remîmes en route. Mous traversâmes iliang-kouan, dont les murs baignent d'un côté dans les eaux du lac, et vont, de l'autre, escalader les flancs d'une montagne à pic; ce qui rend cet élroit défilé très facile à défendre. Au delà, la rive du lac s'épanouit de nouveau en une magnifique plaine au milieu de laquelle est située la ville de Ta-ly. A la pointe sud, la montagne se rapproche encore du bord de leau en y ménageant un second défilé, également protégé par une forteresse, celle de Hia-kouan. Hia-kouan et Iliang-kouan, entourées de murs crénelés et solides, sont les deux véritables portes de Ta-ly. Ces deux citadelles, bien défendues, pourraient devenir imprenables et ne laisseraient alors d'autre route que celle du lac pour arriver à la ville.
Une grande chaussée dallée traverse directement la plaine de Hiangkouan à Ta-ly. Le mandarin de Hiang-kouan nous avait donné une escorte de dix soldats, commandée par un jeune officier d'une figure douce et agréable, avec qui mes premières relations furent excellentes. Cette escorte nous devança en raison de la marche trop lente de nos porteurs de bagages. Pendant la route, des bruits inquiétants parvinrent de nouveau à mes oreilles, et tous les chrétiens du Père s'esquivèrent un à un. Nos porteurs eux-mêmes ne semblaient pas fort rassurés : je dus recommander la plus grande surveillance à leur égard.
A trois heures et demie de l'après-midi nous arrivâmes à la porte nord de la ville. Nous y trouvâmes notre escorte et nous fîmes immédiatement notre entrée avec elle. En peu d'instants une foule immense s'amassa à notre suite dans la grande rue qui traverse Ta-ly du nord au sud. Au centre de la ville et