‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 158 sur 197 · M. Delaporte · texte numérisé non relu

M. Delaporte

devant la demeure du sultan, construction crénelée, d'un aspect sombre < ( sévère, nous dûmes nous arrêter quelques instants pour parlementer avec deux mandarins envoyés à notre rencontre* Pendant cette halte, nous fûmes entourés et pressés par la foule, et un soldat arracha violemment la cm Hure: de [ un de nous !, sans doute pour que le sultan, qui, disait on, nous regardait du haut du balcon de son palais, pût mieux voir sa figure. Cette insolence fut aussitôt punie d'un soufflet qui ensanglanta le visage de l'agresseur, mais qui occasionna un tumulte indescriptible et faillit amener une bataille. L'interposition des deux mandarins, l'attitude résolue de nos Annamites qui s'étaient groupés autour de nous et avaient dégainé leurs sali res-baïon nettes, arrêtèrent cependant les démonstrations hostiles de la foule, et nous parvînmes sans autre accident au yamen qu'on nous assignait pour logement et qui était situé ft l'extrémité sud de la ville, en dehors même de l'enceinte.

Aussitôt après notre arrivée, un mandarin plus élevé en grade que tous ceux que nous avions vus jusque-là se présenta à nous comme l'envoyé officiel du sultan et me demanda de sn part qui nous étions, d'où nous venions et quel était le but de notre visite»

Je répondis, par l'intermédiaire du P. Leguilcher, que nous étions envoyé* par le gouvernement français pour explorer le pays qu'arrose le Lan-tsanjï kiang; qu'arrivés dans le Yun-nan depuis quelques mois, nous avions appris qu'un nouveau royaume se constituait à Ta-ly et que nous avions désiré en venir saluer te chef, afin de préparer, s'il y avait lieu, des relations de ce et d'amitié entre lui et la France, Je donnai quelques explifinuc et le caractère absolument nacifinuc de non travaux. Je m'excusai enfin de n'avoir que des présents de peu de valeur à offrir au sultan et de ne pouvoir me présenter à lui avec les officiers de la mission en costume convenable, la longueur et les difficultés de notre voyage nous ayant forcés de nous démunir de presque tous nos bagages. Il me fut répondu très gracieusement de n'avoir rien à craindre à ce sujet, et que, tels que nous étions, nous serions les bienvenus. Pour éviter toute surprise et tout malentendu, je demandai alors à régler le cérémonial de la visite. 11 est d'usage, me répondit-on, de faire trois génuflexions devant le sultan. Sur mon objection que les Français ignoraient ce mode de saluer, et que, même à l'égard de leur souverain, le salut consistait en une simple inclination, on consentit à admettre notre manière de faire; mais on exigea la promesse qu'aucun de nous ne porterait d'armes sur lui. Je me plaignis ensuite de l'insulte dont un soldat s'était rendu coupable envers l'un des

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