Le Cambodge ou Mékong
hm VOYAGE D'EXPLO RATION EN INDO-CHINE-
« lettres de recommandation donl ils sont porteurs. Mais qu'ils se *< s'en retourner. Ils ont pu dessiner mes montagnes et mesurer la pmin « deur de mes eaux : ils ne réussiront pas à les conquérir. Pour toi, avait ter- « miné le sultan en se radoucissant, je connais ta religion, j'ai lu ses livres. « Mahomélaus cl chrétiens sont frère?. Retourne dans ta demeure, et je « t'investirai du mandarinat, afin que tu puisses gouverner ton peuple, s
Pendant toute cette entrevue le Père était resté debout sans parvenir a placer un mot, accablé de questions donl on n'attendait même pas la réponse, interpellé et hué par la foule. Il demanda en vain que Ion renvofà) les assistants, afin qu'il put parler plus librement. Il y avait parti pris de ne rien écouter, Il démentit plusieurs fois avec énergie le nom d'Anglais qu'il entendait nous donner autour de lui \
A quoi fallait-il attribuer un aussi brusque revirement? Sans doute à l'entourage militaire du sultan, qu'un mobile scientifique et désintéressé devait trouver profondément incrédule. Un pouvoir né d'une révolte, objet de la haine des masses qu'on accablait d'impôts, ne vivant que par la terre m1 et le crinie, était nécessairement soupçonneux et cruel. Nos relations officielles avec les autorités chinoises nous plaçaient dans une position délicate qui légitimait ces défiances, Enfin, malgré toutes nos dénégations contraires, notre qualité supposée d Anglais avait été pour beaucoup dans les résolutions prises à notre égard, les Mabomélans du Yun-nan n'étant point sans entretenir de relations avec ccu* de l'Inde, qui haïssent profondé-
mission anglaise, dirigée par le major Sladen, a reçu quelques mois plus tard des autorités mahométanes de Teng-yué tchéou. Mais il est probable que cet accueil a eu pour objet de réparer la mauvaise impression qu'avait dû faire aux Européens la réception faite à la Commission française à Ta-ly. Je dis : aux Européens, car dans le Yun-nan on n'établit que très confusément une distinction entre les nations occidentales, et l'on admet entre elles la plus grande solidarité. Leur prestige, je l'ai souvent répété, est encore ici considérable. Ce qui le prouve une fois de plus, c'est qu'une lettre du P. Leguilcher, datée de Ma-chang, le 24 mars 1869, m'a informé qu'après notre départ de Ta-ly le sultan avait paru effrayé des conséquences de son mauvais accueil. Il avait fait surélever de 3 pieds les murailles de Hiang-kouan, et, même, étudier la construction de batteries sur les bords du lac. La curieuse bonzerie aux trois tours, qui se trouve au pied de la montagne et au nord