‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 171 sur 197 · TCHAO-TONG · texte numérisé non relu

TCHAO-TONG

profondes et rapides, qui se jette dans le Kin-cha kiang à 12 lieues de là, el qui draine toute la partie du plateau du Yun-nan comprise entre Siun-tien et Oueï-ning. Un bac est installé, à Kiang-ti, sur un câble jeté entre les deux rives. Mous entrâmes le surlendemain dans la grande plaine deTchaotong, après avoir vu à Ma-tsao-cou des gisements de tourbe et d'anthracite.

Le 10, après avoir gravi les hauteurs qui encaissent le cours du Ngiéounan kiang, nous entrâmes dans une autre grande plaine qu'accidentent plusieurs chaînes irrégulières de petites collines. Nous trouvâmes le soir, au village de Tao-guen, où il nous fallait passer la nuit, un petit mandarin envoyé à notre rencontre parles autorités de Tchao-tong.

Cette ville est le chef-lieu politique de Tune des trois subdivisions, ou tao> de la province du Yun-nan, le Tong-tao ou a Tao de lest 1 ».

Le tao-taioxx «sous-gouverneur de province », et le fou ou « préfet du département », étaient absentspour cause de deuil 2 au moment de notre passage.

Le 11 avril, nous fîmes notre entrée à Tchao-tong, où le hien nous reçut avec beaucoup de cordialité, en l'absence des mandarins représentant la province et le déparlement.

Nous nous installâmes dans le presbytère d'un prêtre indigène chargé des intérêts spirituels de la petite chrétienté de la ville. La foule se montra, selon l'usage, d'une curiosité et d'une importunité extrêmes. Nous dûmes demander, au fou par intérim, des gardes el la pose d'une affiche interdisant les abords de notre demeure. Le tché-hien, ou administrateur de l'arrondissement particulier de Tchao-tong, vint nous rendre visite dès notre arrivée, et nous invita à dîner pour le lendemain soir. Le repas comprenait au moins quatorze services, sans compter les graines de concombre, les mandarines et les li-tchi qui servirent de préliminaires. 11 ne renfermait d'ailleurs rien de nouveau qui mérite d'être signalé aux gourmets ou aux amis de l'excentricité, si ce n'est des œufs de pigeon que je trouvai exquis, et une espèce de poisson, pêchée dans un étang voisin, et dont la chair a une saveur particulière. Pendant le repas, les femmes dje notre hôte regardaient attentivement par une jalousie la physionomie des étrangers. Elles durent rire plus d'une fois de nôtre maladresse à employer les ustensiles chinois, et s'étonner sans doute que des gens parvenus à l'âge avancé que trahissait leur longue barbe eussent entrepris un aussi lointain et un aussi périlleux voyage 3.

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