‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 172 sur 197 · Voy. p. 193 et · texte numérisé non relu

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ao-long, comme loules les villes do cett^ importance

d'une enceinte baslionnée, de forme rectangulaire, qui n envi loinètrcs de développement. Des faubourgs considérables prolongt: mm nord, à Test et h l ouest, les rues qui aboutissent aux portes de la Mlle Celle-ci n'a jiiiii;n^ été prise par les Mahométans, et sa population est animée dune haine fa roue lie contre les rebelles de Ta-) y. Un commandant militaire, envoyé, il j a quelque temps, par Mi ta-jen, ej comme lui la leur du Coran, a été mis à la porle pur les habitanU de Tchao-to malgré ses protestations de fidélité à l'empereur, Toutes ces villes du Voulut n conservent une allure indépendante qui tient au mélange intime opéré entre les premiers colons chinois et les vigoureuses populations indigènes. Les annales de la dynastie mongole mentionnent les gens de Tchao-long, de Toiig-teliouen et de Ou-ting comme tonnant encore, à la d o I re i z i è m e s i ici e , 1 1 es p ri u c i [ i a u lés s\i d rn i n i s I ra nt elles-i n é mes, et p rofî de chaque occasion favorable pour échapper à la faible autorité des viccdu Vun-nati, Dans les environs de Tchao-tong vivent des tribus sauvages appelées llouau Miao, et appartenant h la méine souche que les Miao-ise.

La plaine de Tchao-tong est une îles plus vastes que nous ayons traversée* dans le Yun-nan, Kl le est liés bien cultivée, Les champs de pavot, destineà ta production de l'opium, y occupent une large place. On s y plaint manque d'eau; cetle plaine n'est, en effet, arrosée que par de très petils r uisseaux, presque à sec à une certaine époque de Tannée. Elle est riche en emenls d'anthracite et de tourbe. Elle renferme, au sud-ouest, un petit L tan ii 1res poissonneux. Nous n'eûmes pas l'occasion d'en goûter les produits.

Tchao-tong est une des stations les plus importantes du commerce qui se fait entre la Chine et le Yun-nan. D'énormes convois de coton brut, de cotonnades anglaises ou indigènes, de sel venu du Sé-tchouen, s'y croisent avec des envois de métaux, avec rétain et surtout le zinc, que fournissent les environs de Tong-tchouen; avec les matières médicinales que Ton tire de l'ouest du Yun-nan et du nord du Tibet, et les nids de l'insecte (Coccus Sincnsis) qui donne la cire à pé-la. On sait que cet insecte est élevé sur une espèce de troène, croissant dans les parties montagneuses du Yun-nan et du Sé-tchouen, puis qu'il est transporté sur d'autres arbres favorables à la production de la cire, et situés dans des régions plus chaudes. Ces nids doivent faire le voyage avec la plus grande rapidité, pour que les insectes fraîchement éclos ne meurent point avant d'arriver à leur nouveau domicile; ils sont placés dans de grands paniers divisés en plusieurs compartiments, et ceux qui les portent font souvent 30 ou 40 lieues au pas de course, pour sauver le fruit de leurs peines.

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UNIS LETTUE DE YANG TA-JEN. 615 A Tchao-tong nous parvint une lettre de Yang ta-jen, commandant militaire du Tong-tao, par qui nous avions été reçus à Tong-tchouen. 11 m'accusait réception de la carabine que je lui avais envoyée, en reconnaissance des services qu'il avait rendus à M. de Lagrée pendant sa maladie et de l'aide qu'il avait prêtée au docteur Joubert, au milieu de circonstances difficiles et douloureuses. Peut-être lira-t-on avec intérêt la traduction de ce factum. Je le donne comme un spécimen du style littéraire officiel en Chine.

« Aux très justes frères Ngan, Jou et Lo *.

« J'ai appris, par les lettres des mandarins Kong-yu-hong et Tao-îsintsin 2, votre heureuse arrivée à Tong-tchouen. Je remercie Ngan ta-jen de la carabine qu'il m'a fait parvenir; il m'est impossible de lui dire à quel point ce cadeau m'a été agréable. J'aurais eu le plus grand plaisir d'aller visiter Son Excellence pour lui exprimer de vive voix ma reconnaissance; malheureusement, la nécessité de m'opposer aux entreprises des rebelles me retient impérieusement au milieu de mes soldats.

« Pourrai-je vous exprimer quelle vive et profonde douleur j'ai resserttic de la mort de Son Excellence l'envoyé français La 3 ? 11 n'a pas craint de sacrifier sa vie au bien de son pays. Sa mémoire devra rester parmi les plus illustres. Aussi ai-je appris sans étonnement que Ngan ta-jen n'avait pas voulu que les restes mortels de La restassent sur une terre étrangère, et qu'il désirait les ramener dans sa patrie. J'ai donné, en conséquence, des ordres formels à Tao-tsin-tsin pour que celui-ci mît à votre disposition tous les soldats et tous les porteurs nécessaires. J'ai préposé un officier pour veiller sur vous pendant le reste de votre voyage' : il doit s'appliquer à prévenir tous vos désirs.

« Je vous renouvelle, en terminant, tous mes regrets de n'avoir pu, à cause de mon absence, vous offrir moi-même, à votre retour à Tongtchouen, une hospitalité digne de vous. J'espère que vous voudrez bien agréer mes excuses, et ne pas croire à une mauvaise volonté de ma part. Je vous adresse les souhaits les plus sincères pour votre santé et pour votre bonheur. Je vous salue respectueusement. Je suis, avec le cœur le plus reconnaissant, votre frère très humble,

« Yang-ciien-tsang. »

Celte lettre était accompagnée d'un beau cheval noir provenant des

1. Transcription chinoise des premières sylluhe* de mou nom, de <:<*lui du docteur Joulicrt <d de celui du P. Leguilcher.

?. Noms du préfet *'t du sous-préfet de Tong-tchouen. (Sotes de l'auteur.)

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