‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 52 sur 197 · MINES DE PLOMB A NANHÛ · texte numérisé non relu

MINES DE PLOMB A NANHÛ

avec le Nam Hatén, petit affluent innavigablc, dont ils suivirent la vallée. Le 9 mars, ils visitèrent, près du village de iNanho, une grotle de près de 400 mètres de longueur et d'une hauteur de 30 ù 40 mètres, dont les parois sont formées d'un marbre gris veiné de noir. Ils élaient arrivés dans la région des mines de plomb.

Quatre ou cinq hameaux, disséminés dans un rayon de quelques kilomètres, sont les centres d'exploitation. La production du métal paraît peu considérable : un mineur n'obtient guère dans une saison que 8 à 10 livres de plomb. Il paye un impôt en nature. Le plomb a sur les lieux une valeur de 0f,80 le kilogramme. Les étrangers ne sont pas admis à travailler aux

Le Qeiivc au-dessus (Je Lakùu. — l>us>in K. Tom uuU, d'apres un croquis île M* IMaporte.

mines. Faute de prendre des précautions suffisantes pendant le traitement du minerai, la population indigène est affligée de maladie^ >rrofuleuses et offre le plus misérable aspect. La mort par suite de coliques est fréquente. Quand un malheur de ce genre arrive, on arrête les travaux dans tous les villages pendant une semaine. On ne tolère sur les lieux d'exploitation aucun habil rouge ou blanc. Les habitants croient fermement que ces couleurs excitent les mauvais génies de la montagne, auxquels ils attribuent toutes leurs infortunes, et qu'ils tâchent d'apaiser le plus possible à l'aide de nombreux sacrifiées.

Il résulte des informations prises par le commandant de Lagrér lois de son excursion à Nanbô qu'il n'existe de ce coté aucune communication avec le Tong Ring, dont la vallée du Hîn Boun semble séparée par une longue chaîne de montagnes. La formation métamorphique déjà rencontrée a

Lakôn paraît prédominer dans toute cette région dont les grottes de marbre rappellent les fameuses grottes de Touranc et appartiennent sans aucun doute à la même époque géologique. D'après quelques renseignements, il y aurait aussi des gisements de cuivre dans ces monlagnes.

Le commandant de Lagrée revint de cette excursion le 12 mars au matin. On a vu que dans l'intervalle, le 10 mars, j'avais enfin rejoint l'expédition !, Je me hâtai de rendre compte des résultats de ma mission. Les passeports de Chine dont j arrivais muni permettaient de donner au voyage la plus grande extension possible. Pour la première fois depuis plus de trois mois, nous nous trouvions enfin tous réunis, pleins d'ardeur et de santé, autour du chef de l'expédition; aux longs tâtonnements du début allait succéder l'exécution nette, ferme et rapide du programme qu'il s'était tracé.

Malheureusement, la saison sèche touchait déjà à sa fin; les pluies allaient venir, et avec elles leur cortège de diflicullés matérielles et de maladies. Il fallait même se hAter pour n otre point trop assailli par le mauvais temps avant notre arrivée à Luaug Prabang, seul point assez important pour qu'un long séjour pût y être fructueusement employé. C'est dans cette ville laotienne qu'avait succombé Mouhot, et nous étions impatients de retrouver et de dépasser les traces de cet infortuné voyageur. ■

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