‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 53 sur 197 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Infléchissement du fleuve vers le sud-ouest. — Départ de Houtén. — Saniaboun\ — Région de la cannelle et du benjoin. — Ponpissay, — Nong Kaj, communications avec Poutn et le Tong King. — Les ruines de Vien C-han. — Henconlre d'un voyageur européen.

A partir de Lakôn, le fleuve, qui depuis Ban Mouk s'était constamment dirigé vers le nord, recommence a s'incliner fortement vers l'ouest, paraissant ainsi ressentir l'influence de la direclion des montagnes et de la côte du Tong King. Son cours reste toujours calme; un peu au-dessus de Lakùn, il se rétrécit un instant jusqu'à n'avoir plus que 400 mètres de large, des roches s'élèvent sur ses rives, et les basses eaux mettent a découvert les bancs de schiste qui traversent son lit.

Le 13 mars, nous quittâmes llouteu [mur imus ivmiiv a S;irii;iliuur\ l, Muong situé, comme le précédent, sur la rive droite du fleuve, à l'embouchure du Soum Cam, affluent assez important de cette rive, La

L Je soupçonne que l'orthographe que M. de Livrée et moi avoua adoptée pour ce nom est fautive et que l'impossibilité où sont les Laotiens de prononcer IV nous aura empêché* >\ i n naîlre sa véritable élymologie,qui est peut-être Sauriaboury, ■ villr Au Soleil i, par nppfMt!t<ll à Vien Chan ou Chumlapoury, * ville de la Lune ». Peut-être aussi fallait-il écrire : Seyaboury, « ville deSeyor». Uom du Bouddha qui iloit ^mv^lri .1 SaïuiiinMucoihjm,

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distance n'est que de 8 à 9 milles géographiques environ. Le fleuve coule paisiblement, dans cet intervalle *, entre des berges basses et sablonneuses, et ne décrit qu'une courbe à peine sensible qui incline son cours jusqu'à louest-nord-ouest. Partis à six heures et demie du matin, nous arrivâmes à dix heures et demie. Un nouvel arrêt nous était imposé là pour changer de barques, et ces étapes trop fréquentes avaient été, depuis Bassac, une des causes les plus sérieuses de la lenteur de notre voyage, il eût certainement mieux valu acheter, dès le début, les embarcations nécessaires et louer des bateliers au mois ou jusqu'à une destination convenue; nous eussions eu moins de temps à perdre en démarches auprès des chefs indigènes et plus de temps à employer en recherches et en travaux scientifiques. Notre bien-être, noire indépendance, les résultais mêmes du voyage auraient beaucoup gagné à cette combinaison. Malheureusement la dépense qu'elle eût exigée tout d'un coup était trop importante pour le trésor de l'expédition. Le chiffre des ressources accordées à M. de Lagrée parle gouverneur de la Cochinchine n'était pas proportionné aux besoins d'un personnel nombreux et à la longueur du voyage entrepris, et plus tard nous devions souffrir plus cruellement encore d'une pénurie qui ajouta de si nombreuses difficultés à celles que l'on a toujours à vaincre quand il faut se faire jour au milieu de contrées inconnues1.

Ainsi que la plupart de ses collègues, le gouverneur de Saniaboury était parti pour Ban Kok, afin d'assister aux funérailles du second roi de Siam. Sa femme nous fil de très bonne grâce les honneurs de sa capitale, riant village dont les cases, disséminées dans l'angle formé par le Cambodge et le Soum Cam, respirent un air de propreté et d'aisance qui est commun à toutes les habitations de cette partie du Laos. Comme à l'ordinaire, le logement de l'expédition était prêt d'avance, et Ton fit immédiatement partir un courrier pour Ponpissay, le Muong suivant, afin que l'on pût y préparer de nouveaux moyens de transport.

Nous ne séjournâmes que soixante-douze heures à Saniaboury. Non loin de là se trouve une fabrique de poteries, que le docteur Joubert alla visiter. Les procédés indigènes sont des plus simples: les fours employés sont demi-circulaires et contiennent plusieurs gradinswsur lesquels sont disposés les vases à cuire; le feu est allumé au pied du gradin inférieur, el les flammes vont lécher la partie supérieure du four pour venir déboucher au centre du demi-cercle. Dans le voisinage de cette fabrique existe un grand

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