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DK NONG KAY A YIEN CH AN. 243 Couk, ancien chef-lieu de province do la monarchie détruite, qui a conservé, chose rare en Indo-Chine, le nom qu'il portait il y a plus de deux siècles. C'était, nous apprend Wuslhof, « le point le plus commerçant de « tout le pays de Louwen. Il s'y croise toutes sortes de marchandises. Les « négociants maures et ceux de Siam s'y rencontrent pour le trafic des « vêtements. Un Maure, entre autres, y vendit toutes ses provisions en deux « ans qu'il y resla et j loua pour s'en aller GO charrettes qu'il chargea « de benjoin, de gomme laque el d'or à destination de son pays, » On aime à retrouver vivante et rieln\ dans le récit du commis hollandais, celle re-
lia chemin dans lus rizk n h, a Nurig Kay, un jour du fête, — De^in de Th. Weber,
d'après M. De la porte.
gion si merveilleusement dotée par la nature, où la cupidité et l'oppression siamoises ont aujourd'hui accumule les ruines et ramené l'immobilité. Muong Couk reste encore de nos jours un gros bourg où sont des chantiers de construction pour les barques. amont et en aval, les villages se succèdent sans interruption sur les rives du fleuve qui cesse enfin de se diriger au sud, revient au nord-ouest et va recevoir, 7 milles plus loin, le Nam Mong, petit cours d'eau qui a cependant amoncelé à son embouchure une énorme barre de sable. C'est là que nous passâmes la nuit; le commandant de Lagrée trouva dans une pagode du village une inscription, en vieux caractères presque elîacés par le temps, doot il prit l empreinlc avecsoin.
Le lendemain a une heure, nous arrivâmes à Yien Chan : deux cases avaient été construites pour nous sur un banc de sable au pied de la berge, très haute en cet endroit et violemment attaquée par le courant. Le fleure, dont la direction remonte droit au nord à partir de l'embouchure du Nam Mong, forme ici un coude brusque à l'ouest, et garde cette orientation à perte de vue : sa largeur redevient considérable et dépasse un kilomètre. C'est le dernier élargissement de son lit avant qu'il sorte définitivement de la région hérissée de montagnes où il a coulé jusque-là et au seuil de laquelle nous venions d'arriver.
Nous nous hâtâmes de pénétrer dans la forêt déjà épaisse qui cachait les ruines de la malheureuse cité. Quelques sentiers s'y croisaient : l'un d'eux nous conduisit rapidement à remplacement même du palais du roi. Ses dimensions sont considérables, et il était facile, malgré les broussailles qui avaient tout envahi, d'en retrouver les principales dispositions. Les matériaux peu durables par leur nature étaient des briques, du bois, et une sorte de béton ou de ciment formant le pavé des cours ou le revêtement des murs et des escaliers; mais l'ensemble de la construction offrait un caractère d'élégance et révélait encore une richesse de décoration remarquable : les colonnes en bois dur étaient sculptées avec soin et portaient des traces de dorure ; partout des moulures et des arabesques, des animaux fantastiques gardant les entrées ou supportant les soubassements. Rien d'ailleurs de bien nouveau ou de bien original pour ceux d'entre nous qui avaient déjà visité Ban Kok, ou qui connaissaient par des dessins ou des photographies ses principaux monuments. Le silence absolu qui régnait dans l'enceinte d'une ville jadis si populeuse et si riche frappait seul l'esprit d'étonnement. Si le lecteur veut bien se rappeler la rapide esquisse que j'ai faite1 de l'histoire de Vien Chan, la destruction de cette capitale par les Siamois ne remontait qu'à quarante années à peine, et déjà son emplacement était devenu inhabitable ! C'est à cette implacable façon de faire la guerre que s'applique le mot de Tacite : Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant. L'incendie et l'esclavage après la victoire sont, pour la plupart des races asiatiques, le dernier mot de la conquête. Nous trouvions dans les ruines et la solitude de Vien Chan un exemple frappant de ces destructions effroyables.
Malgré ses murailles bastionnées et entourées d'un large fossé, malgré la défense naturelle formée par le grand fleuve qui la couvrait du côté de Ban Kok, Vien Chan avait succombé d'autant plus rapidement, en 1828,